Va-ton manquer de médecins ?

7 Avril 2021
171 lectures
Notez l'article : 
0
 

Le nombre de médecins va diminuer jusqu'en 2024. Il ne retrouvera son niveau actuel qu'en 2030, mais en tenant compte des besoins croissants d'une population qui vieillit, ce « creux » ne sera rattrapé qu'en 2035. C’est ce qu’indique une étude de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques des ministères sociaux) publiée le 26 mars. Les projections du service statistique des ministères sociaux tombent à point nommé, alors que la « conférence nationale »chargée de fixer le nombre d'étudiants-es en santé pour les cinq prochaines années s’est réunie pour la première fois le 26 mars, souligne l’AFP.  L'enjeu est crucial pour les médecins et pharmaciens-nes, dont le déclin à court terme est inévitable. Pour les premiers-ères, les effectifs « diminuent jusqu'en 2024 » puis « retrouvent le niveau actuel à l'horizon 2030 » ; pour les seconds-es, le point bas sera atteint en 2027 et le retard rattrapé en 2033.  Sauf qu'entre-temps la population française va continuer de croître et de vieillir, augmentant ses « besoins de soins ». Les tensions vont donc rester fortes, durablement. En intégrant ces données, « un creux plus important » se profile, qui ne serait résorbé qu'en 2035 pour les médecins, et même en 2049 pour les pharmaciens-nes, avance la Drees.  Une hausse de 20 % du nombre d'étudiants-es en médecine dès la rentrée 2021 permettrait de « combler ce creux avec une avance d'environ trois ans ». En pharmacie, cela ferait gagner plus de dix ans, avec un « niveau initial dépassé dès la deuxième moitié des années 2030 ».  Reste à voir quel serait l'effet de cet appel d'air sur le flux de diplômés-es étrangers-ères, qui n'a cessé de progresser au cours de la décennie écoulée, porté notamment par les nombreux jeunes Français-es partis-es étudier en Europe afin de contourner le « numerus clausus » alors en vigueur dans l'Hexagone, avant de revenir s'y installer.  C'est particulièrement vrai pour les dentistes, dont les effectifs devraient a priori gonfler de 48 % d'ici 2050, mais de seulement 5 % sans diplômés-es étrangers-ères - avec un creux jusqu'en 2040 environ.  Même chose pour les sages-femmes, dont le nombre n'augmenterait que de 19 % sur la période, au lieu de 27 % avec les diplômés-es étrangers-ères.