Vaccin Covid et PVVIH

5 Janvier 2021
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Existe-t-il des contre-indications ou au contraire une priorisation à la vaccination contre la Covid-19 chez les personnes vivant avec le VIH ? Alors que la campagne de vaccination contre le Sars-CoV-2 (virus responsable de la Covid-19) a été lancée le 27 décembre dernier en France avec le Comirnaty, vaccin développé par les firmes BioNtech et Pfizer, les experts-es répondent : non. En France, les personnes vivant avec le VIH sans facteurs de risques supplémentaires (âge, surpoids, CD4 à moins de 200/mm3 ou comorbidités) seront vaccinées en même temps que le reste de la population, c'est-à-dire lors de la troisième phase prévue au printemps 2021. Interrogé par le média LGBT Têtu le Dr Michel Oyahon, directeur médical du centre de santé sexuelle Le 190, est sans ambigüité : « Peut-être que les personnes vivant avec le VIH pourront se faire vacciner avant les autres Français, mais c'est pour une raison administrative plus que médicale. Il n'y a pas de raison médicale de vacciner les personnes vivant avec le VIH en bonne santé en premier. Les séropos ne sont ni plus ni moins exposés au Covid que le reste de la population ». De son côté, la Dr Laura Waters, à la tête de la British HIV association (une organisation de professionnels-les de la santé mobilisés-es sur le traitement et les soins des personnes vivant avec le VIH) se veut également rassurante : « Il n'y a pas d'inquiétude d'interaction entre le vaccin et un traitement contre le VIH », affirme-t-elle. Et pour cause le vaccin à ARN messager ne contient pas de souche vivante atténuée comme mécanisme de création d'anticorps, ce sont ces cellules qui pourraient potentiellement causer des problèmes aux personnes vivant avec le VIH. « Pour les personnes vivant avec le VIH, les vaccins Covid offrent les mêmes avantages qu'aux autres : empêcher de développer une forme sévère de la maladie et potentiellement de réduire la transmission du Sars-CoV-2 », explique Peter Godfrey, conseiller scientifique d’Onusida. L’évaluation des vaccins mis à disposition contre la Covid-19 se poursuit après leur autorisation d’utilisation par les autorités sanitaires. Concernant le Comirnaty, des données sont encore en attente de production et d’analyse. Elles concernent par exemple la durée de protection du vaccin, son efficacité contre les formes de Covid-19 sévères et les formes asymptomatiques, son efficacité chez les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes et les enfants, la toxicité du vaccin sur le long terme. Ces données ne pourront être précisées que dans les deux années à venir, à mesure que l’intégralité des résultats sera analysée par l’EMA (Agence européenne des médicaments).