Vaccin méningite et gonorrhée

2 Mai 2022
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Des études font apparaître une efficacité de presque 30 % contre la gonorrhée du vaccin anti-méningite 4CMenB, indique l’AFP (14 avril). Des essais cliniques sont nécessaires pour confirmer les liens de cause à effet. Reste que selon trois études publiées dans The Lancet Infectious Diseases, un vaccin, déjà existant, contre la méningite de type B, pourrait protéger contre la gonorrhée, selon trois études publiées dans The Lancet Infectious Diseases. La gonorrhée (appelée blennorragie ou encore chaude-pisse) est une IST fréquente, causée par une bactérie. Plus de 80 millions de nouveaux cas ont été enregistrés dans le monde en 2020, un chiffre en augmentation. En 2016, l’OMS s’est fixé pour objectif de réduire l’incidence de la gonorrhée de 90 % d’ici à 2030. Mais un vaccin efficace n’a pas encore été mis au point, et la baisse d’efficacité des médicaments contre les bactéries responsables fait craindre que la gonorrhée devienne plus résistante. D’où l’intérêt porté aux vaccins contre la méningite à méningocoque B, qui pourraient aider à améliorer la protection contre cette IST. Selon une première étude, menée en Australie par le professeur Helen Marshall, le vaccin anti-méningite 4CMenB à deux doses apparaît efficace à 33 % contre la gonorrhée. Les chiffres sont semblables dans une deuxième étude, menée aux États-Unis par le Dr Winston Abara : la vaccination avec deux doses de ce vaccin contre la méningite B semble apporter une protection de 40 % contre la gonorrhée. Une seule dose de vaccin aurait, elle, eu 26 % d’efficacité. Ces deux études, pour lesquelles les auteurs-rices reconnaissent certaines limites, ne font qu’évaluer après coup des données, et ne permettent donc pas d’être certain d’un lien direct de cause à effet. Des essais cliniques sont donc nécessaires pour confirmer cette hypothèse. Même si le vaccin contre la méningite B n’est pas une réponse idéale face à la gonorrhée, il pourrait permettre d’avancer notamment pour trouver un vaccin spécifique, estiment les chercheurs-euses. Une troisième étude a, elle, cherché à modéliser les effets sanitaires et économiques de l’utilisation du vaccin contre la méningite B pour protéger contre la gonorrhée. Vacciner les plus à risque d’infection est le moyen le plus rentable d’éviter un grand nombre de cas, selon cette étude de modélisation pilotée par l’Imperial College de Londres. Cela pourrait prévenir 110 000 cas en Angleterre et économiser huit millions de livres sterling (près de 9,6 millions d’euros) sur 10 ans, pour ne citer que ce seul exemple.