Vaccins : le trouble persiste

18 Avril 2021
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Pas simple… de s’y retrouver dans les dernières décisions concernant les vaccins d’AstraZeneca et de Janssen (Groupe Johnson et Johnson). Concernant le vaccin Janssen, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a prévu de s'exprimer dans la semaine du 19 avril sur l’utilisation dudit vaccin dans l’UE. « L'EMA enquête sur tous les cas signalés et décidera si une action réglementaire est nécessaire », a déclaré le régulateur européen qui est d'avis que les bénéfices de cette vaccination l'emportent sur les risques. L’utilisation du vaccin Janssen a été suspendue en Afrique du Sud et aux États-Unis en raison de l'apparition rare de graves caillots sanguins (thromboses). La pause dans l’administration du vaccin Janssen a d’ailleurs été prolongée d’au moins une semaine dans le pays, indique l’AFP (15 avril). Un groupe d’experts-es réunis le 14 avril a indiqué avoir besoin de plus de temps pour évaluer les possibles liens de ce vaccin avec la formation de graves caillots sanguins en association avec des bas niveaux de plaquettes. Le vaccin Johnson & Johnson a déjà été administré à 7,5 millions de personnes aux États-Unis. « Je ne veux pas qu’on laisse penser qu’il y a quelque chose de fondamentalement mauvais avec ce vaccin », a déclaré Beth Bell, présidente du groupe d’experts-es, citée par l’AFP. « Mais, je veux être capable de comprendre et de défendre la décision que j’ai prise sur la base d’une quantité raisonnable de données », a-t-elle ajouté. Le laboratoire Johnson & Johnson a, de son côté, décidé de retarder le déploiement de son vaccin unidose en Europe, où il avait été le quatrième à obtenir une autorisation de l'Agence européenne des médicaments, en mars dernier. La Belgique a décidé (15 avril) de reporter l'administration des doses du vaccin Johnson & Johnson. Le gouvernement veut attendre l'avis de l'Agence européenne des médicaments (EMA), a précisé à l'AFP une porte-parole du ministère belge de la Santé. La Belgique, qui a reçu lundi 12 avril une première livraison de 36 000 doses du vaccin Janssen, devait procéder à de premières injections dès mi-avril. « En raison de l'approvisionnement limité en avril, cette décision (de report) n'aura pas d'impact significatif à court terme sur la stratégie de vaccination dans notre pays », précise le communiqué de la Conférence interministérielle Santé publique, qui regroupe autour du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke ses homologues des entités fédérées. En France, le vaccin Janssen sera administré comme prévu aux plus de 55 ans en France, indiqué le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. D’ailleurs 200 000 doses sont déjà arrivées sur le territoire français. Elles sont prêtes à être utilisées. Ces doses « sont en train d'être acheminées auprès de la médecine de ville et les officines de pharmacie », a précisé Gabriel Attal.

Le Danemark renonce définitivement au vaccin AstraZeneca contre la Covid-19 à cause de ses effets indésirables « rares », mais « graves », ont annoncé mercredi 14 avril ses autorités sanitaires. Deux cas sont survenus dans le pays. C’est le premier pays européen à abandonner définitivement ce vaccin. Malgré les avis du régulateur européen (EMA) et de l’OMS favorables à son usage, « la campagne de vaccination au Danemark continue sans le vaccin d’AstraZeneca », a indiqué le directeur de l’Agence nationale de Santé, Søren Brostrøm, lors d’une conférence de presse. Les quelque 150 000 personnes qui ont reçu une dose de ce vaccin vont se voir proposer un autre vaccin pour leur seconde dose, selon les autorités, citées par l’AFP. Le Danemark était déjà le premier pays en Europe à avoir suspendu complétement l’utilisation du vaccin le 11 mars, après des rapports décrivant des cas exceptionnels de caillots sanguins, combinés à un faible taux de plaquettes et à des saignements. Malgré un avis favorable de l’Agence européenne des médicaments (EMA) à son usage, le pays avait maintenu sa suspension, comme la Norvège voisine, choisissant d’approfondir son enquête sur le lien entre ces quelques cas graves et la vaccination. Le 8 avril, l’EMA a confirmé un lien entre cette vaccination et la survenue de cas de thrombose graves, mais rares. Elle avait cependant estimé que les bénéfices du vaccin l’emportaient toujours sur les risques. La majorité des pays européens qui avaient suspendu l’utilisation du vaccin l’ont reprise (dont la France), le plus souvent en fixant une limite d’âge. Ailleurs, l’Afrique du Sud y a aussi renoncé en février car son efficacité est mise en doute face au variant local qui frappe le pays. Les États-Unis, tout comme la Suisse, ne l’ont toujours pas autorisé, et le Venezuela a refusé de l’autoriser en invoquant ses effets indésirables… pour ne citer que quelques exemples. L’abandon du vaccin signifie un rallongement de trois semaines au moins du programme d’immunisation danois, qui prévoyait la vaccination de tous les plus de 16 ans pour le mois de juillet. Le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, a réaffirmé (14 avril) la « confiance » des autorités françaises envers le vaccin AstraZeneca, à rebours du Danemark qui y a donc définitivement renoncé. Ce vaccin « montre de très bons résultats, (il) protège efficacement des formes graves », a souligné Gabriel Attal. AstraZeneca bénéficie également d’un avis favorable du régulateur européen (EMA) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).