Vapotage : un avis critiqué

20 Janvier 2022
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Dans un communiqué publié le 14 janvier, la Fédération Addiction, premier réseau d’addictologie de France, regrette l’avis contradictoire du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) sur le vapotage (la « cigarette électronique »). Pour la Fédération Addiction, le vapotage est un outil qui sert à réduire ou arrêter la consommation de tabac dont les fumeurs-ses et professionnels-les de santé se saisissent déjà sur le terrain. Dans un second avis publié le 4 janvier, le HCSP déconseille aux professionnels-les de santé de proposer le vapotage comme aide au sevrage tout en reconnaissant qu’il peut être une aide pour certains-es fumeurs-ses et améliorer leur santé. « La Fédération Addiction regrette cet avis contradictoire et alambiqué (…). Alors qu’une complémentarité existe bel et bien entre les traitements de substitution et la vape, l’avis du HCSP risque d’avoir un effet dissuasif pour les professionnels et les patients », déplore le collectif. « En s’appuyant uniquement sur des méta-analyses scientifiques, le HCSP ignore les contributions des personnes concernées et des professionnels. En effet, le vapotage est d’ores et déjà le choix de nombreux fumeurs qui souhaitent réduire et arrêter le tabac : en tant que professionnels, l’urgence est de les accompagner plutôt que d’imposer « ce qu’on pense le mieux pour eux », poursuit la Fédération Addiction. Et de conclure : « Au regard de ces différentes sources de données concernant la complémentarité des outils existants pour le sevrage tabagique (traitements de substitution et vape), la Fédération encourage la poursuite de travaux de recherche concernant l’efficacité potentielle des outils utilisés en synergie (…). Elle appelle les autorités de santé publique à être plus attentives aux initiatives venues du terrain (patients et professionnels), et à être moins fermées à ces savoirs profanes. En addictologie c’est bien du terrain que viennent bien souvent les innovations les plus pertinentes, bien avant que les autorités académiques ne les reconnaissent et que les études randomisées ne les « prouvent ». Vivement le troisième avis du HCSP ! ». À bon entendeur !