Variant du VIH : pas de panique !

14 Février 2022
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La nouvelle a fait le tour du web et des réseaux sociaux le 3 février, « un nouveau variant du VIH très virulent découvert aux Pays-Bas » ont titré de nombreux médias. De quoi alimenter une actualité sanitaire déjà bien anxiogène. En réalité, ce variant, surnommé « variant VB », n’est pas si nouveau. Il a été identifié en 1992. Par ailleurs, il répond bien aux traitements existants, et il est en déclin depuis 2010. « Il n’y a pas de raison de s’alarmer », assure Chris Wymant, chercheur en épidémiologie à l’Université d’Oxford et auteur principal de cette étude, publiée dans la revue Science. Les personnes infectées par ce variant présentaient un nombre de CD4 plus bas que les autres au moment du diagnostic, avec un déclin estimé comme deux fois plus rapide. En outre, les chercheurs-ses ont calculé que, sans traitement, le seuil dangereux de 350 CD4/mm3 serait atteint en neuf mois avec ce variant, contre trois ans en moyenne pour une souche de VIH « classique ». La charge virale (quantité de virus dans le sang) des personnes infectées par ce variant était également significativement plus élevée. Mais une fois sous traitement antirétroviral, les personnes ne présentent pas davantage de risque de complications que les autres. Cette découverte pourrait aider à mieux comprendre comment le virus du VIH attaque les cellules. Ces travaux démontrent également qu’un virus peut bien évoluer pour devenir plus virulent – une hypothèse scientifique très étudiée en théorie, mais dont il n’existait jusqu’alors que peu d’exemples. Le variant Delta du Sars-CoV-2 en a récemment été un autre.