Vers une loi homophobe

19 Septembre 2023
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Une future loi au Ghana prévoit des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à dix ans pour les personnes qui « encouragent » les relations homosexuelles. Les personnes qui s’identifient comme LGBT+ pourraient également être emprisonnées pour une durée de trois à cinq ans. Le projet de loi vise également à retirer les services de santé à la communauté gay, y compris la délivrance de médicaments contre le VIH. Le 5 juillet 2023, le parlement ghanéen a adopté la proposition de loi intitulée « Proper Human Sexual Rights and Ghanaian Family Values » (Droits sexuels humains et valeurs familiales ghanéennes). L’initiative politique a provoqué de vives protestations, dans le pays lui-même et à l’étranger. En tête des protestations, l’ambassadrice américaine Virginia Palmer. La diplomate a critiqué le projet de loi, le jugeant discriminatoire, et estimant qu’il pourrait faire fuir les investisseurs. Elle a dénoncé d’une loi incompatible avec la « société accueillante et tolérante » du Ghana et expliqué que son adoption pourrait faire fuir des investisseurs étrangers. Fait inattendu, ce sont les représentants des autorités religieuses locales qui sont montées au front contre elle. Dans une déclaration commune du 24 août, les membres des trois conseils œcuméniques chrétiens du Ghana, dont la Conférence des évêques catholiques ont appelé les pays occidentaux à « mettre fin aux tentatives incessantes de nous imposer des valeurs culturelles étrangères inacceptables », rapporte le site www.cath.ch « Tout comme les États-Unis et d’autres pays dits développés ont leurs valeurs culturelles qui déterminent ce qui est acceptable et/ou inacceptable dans leurs juridictions respectives, le Ghana, en tant que nation souveraine, a également des valeurs culturelles et religieuses qui guident, informent et garantissent la subsistance, l’harmonie et la cohésion de nos communautés, et nous n’avons pas l’intention de compromettre ces valeurs pour les investisseurs LGBTQI+ », ont expliqué les dirigeants chrétiens. Ils ont exhorté les membres du Parlement à « entreprendre rapidement toutes les actions nécessaires pour faire passer le projet de loi dans la législation ». Ainsi, des évêques soutiennent donc l’adoption d’un texte qui est bel et bien un retour en arrière en matière de droits humains. L’association « Rightify Ghana », une organisation de défense des droits de l’homme, avertit également que le projet de loi compromettra les progrès accomplis dans la lutte contre le VIH et le sida et qu’il porte atteinte aux droits fondamentaux de la communauté LGBT+. Cette position des évêques surprend d’autant qu’elle av à l’encontre de la position du pape François sur le sujet qui avait déclaré que « criminaliser les personnes de tendance homosexuelle est une injustice ».