VHA/VHB : difficultés d’approvisionnement des vaccins

8 Mars 2017
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Les difficultés d’approvisionnement des vaccins hépatite A adultes se poursuivent et justifient le maintien des recommandations de l’avis du Haut Conseil de santé publique (HCSP) du 19 mai 2016. Des difficultés d’approvisionnement des vaccins hépatite B adulte sont constatées, elles entraînent la nécessité de revoir les schémas vaccinaux et de définir des critères de priorisation parmi les personnes pour lesquelles le vaccin est recommandé. C’est ce qu’indique un communiqué de presse du HCSP, publié le 3 mars dernier. Le Haut Conseil de santé publique recommande de vacciner, en priorité : ● les personnes qui dans le cadre de leur exercice professionnel sont soumises à l’obligation vaccinale, notamment  les professionnels de santé exposés au risque de contamination  dans un établissement de soins, les élèves ou les étudiants des professions de santé et les militaires à l’incorporation ; ● les autres personnes en fonction de l’importance de leur exposition au risque. Une liste précise qui est concernée. Les populations citées par le HCSP sont, par ordre de priorité, les nouveau-nés de mère porteuse de l’antigène HBs, les personnes ayant des relations sexuelles avec des partenaires multiples et les personnes usagers de drogues par injection. Viennent ensuite les personnes amenées à résider en zones de moyenne ou de forte endémie pour l’hépatite B, les personnes dialysées, les candidat-e-s à la greffe d’organe, les proches d’une personne porteuse chronique de l’antigène HBs, les partenaires sexuels d’une personne vivant avec l’hépatite B et les personnes détenues. Le HCSP demande de reconsidérer l’utilisation des différents vaccins disponibles : il révise les recommandations relatives à l’utilisation restrictive du vaccin HBVAXPRO® 5 µg/ml qui peut désormais être utilisé pour les nouveau-nés. Le HCSP demande  la mise à disposition effective des vaccins indiqués chez les personnes insuffisantes rénales HBVAXPRO® 40 µg, et FENDRIX B® 20 µg. Ces vaccins sont contingentés dans les pharmacies des hôpitaux… ce qui permet de d’assurer que les vaccins vont bien en priorité aux personnes qui sont justement prioritaires au regard des critères des autorités de santé. Comme l’explique le "Quotidien du Médecin" (3 mars), afin d'économiser les stocks de vaccins disponibles, le HCSP propose de n'utiliser qu'une seule dose de vaccin pour le VHB, au lieu des deux ou trois doses selon le schéma vaccinal normal. Le Haut Conseil propose notamment de ne pas administrer de seconde dose aux personnes ayant un taux d’anticorps anti-HBs supérieur à 10 mU/mL et inférieur à 100 mUI/mL. Dans ces cas, "leur vaccination sera complétée après la fin de la période de pénurie", précise le HCSP. Cet épisode de tension d'approvisionnement est causé par un incident survenu sur la chaîne de fabrication de la firme GSK ; le laboratoire a averti en décembre 2016 qu'une rupture de stocks allait avoir lieu sur l'ensemble de l’année 2017. Le HCSP maintient ses recommandations concernant la vaccination contre l'hépatite A (en tension d'approvisionnement depuis mai 2016. Toute nouvelle vaccination entreprise durant la période de pénurie se fait par une seule dose. "Les personnes à vacciner en priorité sont les enfants âgés de 1 an et plus, nés de parents issus de pays de haute endémicité de l’hépatite A, et les personnes de l’entourage de un ou plusieurs cas confirmés. Les voyageurs, en revanche, ne doivent être considérés comme prioritaires pour cette vaccination que si les conditions de leur séjour les exposent à un risque élevé de contamination par le virus de l’hépatite A", explique le "Quotidien du Médecin". De son côté, SOS hépatites lance un Observatoire de la vaccination contre le VHB. "Face à une importante pénurie, les vaccins contre l’hépatite B sont actuellement strictement contingentés en pharmacie hospitalière et ne sont plus disponibles en pharmacie de ville. D’autres mesures (…) de  priorisation sont en cours. Des mesures fortes doivent être menées pour un retour rapide à la normale. Nous ne pouvons accepter de baisser la garde de la prévention face à une épidémie comme celle de l’hépatite B. Cet observatoire au frein à l’accès à la vaccination contre l’hépatite B va nous permettre d’alerter sur les différentes situations rencontrées", explique l’association.