VHC : 13 % de cas de réinfection chez les PVVIH

8 Août 2019
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Plus d’un homme sur dix vivant avec le VIH guéri de son infection par le VHC s’est réinfecté dans les deux ans, selon une étude présentée lors de la 10e conférence scientifique IAS qui s’est tenue à Mexico en juillet dernier. Ce chiffre provient de la cohorte EuroSida qui comprend 22 000 participants-es vivant avec le VIH d’une trentaine de pays européens, dont la Russie. Dans sa présentation, Sarah Amele (University college London center for global health) a rappelé que le risque de réinfection par le VHC était élevé chez les personnes vivant avec le VIH injectrices ou faisant partie des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH). Une étude de l’European aids treatment network avait montré que le taux de réinfection par le VHC était de 24,6 % chez les hommes gays. Une étude britannique (Chelsea et Westminster Hospital à Londres) constatait un taux de réinfection de huit cas pour 100 personnes/année. L’étude présentée à Mexico portait sur 585 participants-es vivant avec le VIH ayant obtenu une « réponse virologique soutenue (RVS) suite à un traitement par antiviral à action directe. Les trois quarts étaient des hommes, majoritairement blancs, dont l’âge médian était de 47 ans. Environ 30 % étaient des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ; 48 % s’étaient déjà injecté des drogues. Environ 90 % des participants-es prenaient un traitement ARV et la médiane des CD4 était de 514 copies/mm3. Côté répartition géographique : 43,8 % étaient d’Europe de l’Ouest, 24,3 % d’Europe du Sud, 17,4 % d’Europe du Nord et 14,5 % d’Europe de l’Est. Sur 585 participants-es, 78 s’étaient réinfectés-es par le VHC dans les deux ans suivant une précédente guérison de l’infection par le VHC. Lorsqu’on compare, le taux de réinfection était de 15 % chez  les hommes contre 7,6 % chez les femmes. C’est en Europe de l’Ouest que le taux de réinfection (18 %) était le plus élevé. Ce taux était de 16,4 % chez les HSH contre 13,5 % chez les personnes injectrices, les chercheurs-ses considèrent que cette différence n’était pas significative d’un point de vue statistique. Ces résultats plaident pour une surveillance plus active des infections et une proposition de dépistage plus régulière pour une prise en charge bien plus précoce des éventuelles réinfections. Ils plaident aussi pour un renforcement accru des services de réduction des risques pour les personnes usagères de drogues ; soit les solutions classiques. Mais reste un message : ce taux de réinfection par le VHC est très (trop) élevé et constitue clairement un obstacle dans l’objectif d’une fin de l’épidémie en 2030 !