VHC et nouveaux traitements : L’Australie, le nouveau "Dallas Buyers Club"

22 Octobre 2015
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Un groupement de personnes vivant avec une hépatite C chronique et de médecins a lancé une opération de style "Dallas Buyers Club" (1), baptisée FixHep C Buyers Club. Il s’agit avec ce club de venir en aide, de sauver la vie aux quelques 233 000 personnes atteintes d’hépatite C chronique en Australie et dans l’incapacité de payer les montants astronomiques exigés par le laboratoire Gilead pour avoir les nouveaux traitements anti-VHC permettant la guérison de l’infection. Cette initiative fait suite à la publication d’un rapport du Kirby Institute for infection and immunity in society indiquant que le nombre d’Australiens vivant avec le VHC et ayant une atteinte du foie sévère avait doublé en dix ans. Le FixHep C Buyers Club s’est fixé pour objectif d’importer de Chine des versions à moindres coûts d’Harvoni et de Sovaldi, deux médicaments fabriqués par Gilead. Les prix de ces traitements n’ont pas encore été fixés pour l’Australie, mais pourraient être à la hauteur de ceux pratiqués aux Etats-Unis. "Il est raisonnable que les firmes pharmaceutiques recouvrent le coût de la découverte d’un médicament, mais ce n’est pas le cas ici. Gilead a acheté ces traitements, il ne les a pas inventés. Aussi 100 000 dollars australiens [l’équivalent de l’actuel prix aux Etats-Unis, ndlr] n’est pas un prix raisonnable lorsqu’on peut acheter légalement ce médicament ailleurs pour 2 000 dollars. Cela n’a pas de sens", explique le docteur John Freeman, une des personnalités médicales qui a soutenu la création du FixHep C Buyers Club. Ce dernier a déjà permis de sauver des personnes ayant besoin des nouveaux traitements et ne pouvant y accéder du fait de leurs prix prohibitifs.

(1) Au début de l’épidémie, en 1985, des personnes vivant avec le VIH aux Etats-Unis décident en toute illégalité de créer un club, le "Dallas Buyers Club", permettant à des malades d’acheter des médicaments anti-VIH fabriqués à l’étranger et que les autorités de santé américaines refusent d’approuver et d’importer. Ce système parallèle d’accès aux traitements (12 clubs seront ainsi créés) va permettre à des malades de rester en vie, bien plus longtemps que les prévisions que leurs médecins leur avaient faites.