VHC : polémique au Maroc

9 Mai 2019
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Mettre fin à la polémique. Dans un communiqué (fin avril), le ministère de la Santé a voulu apporter des précisions suite à la publication dans la presse nationale marocaine d’informations se rapportant au « favoritisme vis-à-vis de certaines compagnies pharmaceutiques commercialisant le traitement de l’hépatite virale C (VHC) ». « La fabrication locale et la commercialisation des nouvelles molécules antivirales pour la prise en charge de l’VHC au Maroc, dont le sofosbuvir en 2015 et le daclatasvir en 2016, traduisent l’engagement ferme du ministère de la Santé à assurer la disponibilité des molécules thérapeutiques les plus sécuritaires et les plus efficaces avec un prix abordable, dans le cadre de la vision de l’élimination du VHC à l’horizon 2030 », affirme ainsi le gouvernement. Et le ministère de la santé d’ajouter : « la bithérapie par le sofosbuvir et le daclatasvir peut être indiquée pour tous les génotypes du VHC. Le prix de la cure de trois mois (…) revient à 13 500 DH ou 13 647 DH [entre 1 250 et 1 263 euros] selon les firmes pharmaceutiques. Une nouvelle association (sofosbuvir + velpatasvir), tout aussi efficace que la première bithérapie, a obtenu en mars 2019 l’autorisation de mise sur le marché et son cadre de prix est actuellement à l’étude au ministère de la Santé ». Par ailleurs, les autorités marocaines indiquent qu’elles mettent à jour « les protocoles thérapeutiques » avec l’aide du « comité national technique de lutte contre les hépatites virales ». Ce comité poursuivra ses travaux en mai, afin de définir les protocoles thérapeutiques les plus appropriés à certaines catégories spécifiques de la population (personnes co-infectées VHC et VIH, personnes hémodialysées, enfants). Enfin, le ministère annonce qu’une enquête nationale de séroprévalence est en cours de réalisation par le ministère de la Santé, avec le soutien de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Unicef. La polémique avait démarré après la publication d’un article du journal arabe Al Ahdath Al Maghribia accusant des « lobbys influents » au ministère de la Santé de provoquer une pénurie de médicaments contre l’hépatite C dans les hôpitaux. Une action visant, selon le journal, à favoriser un laboratoire pharmaceutique américaine aux dépens de compagnies pharmaceutiques marocaines produisant des génériques des mêmes traitements VHC à moindre coût.