VHC : problème d’accès à un nouveau traitement

1 Mars 2018
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Dans un récent communiqué de presse, l’Association hépatite C en Suisse (AHCS) s’est adressée aux médias, mais surtout à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) à propos d’une situation où la "caisse maladie CSS refuse un traitement salvateur à une patiente" atteinte du VHC. Théoriquement, il n’existe plus de restriction d’accès aux soins concernant les nouveaux traitements contre le VHC en Suisse. Théoriquement puisque le CSS "refuse de couvrir les coûts d'une thérapie hautement susceptible de sauver la vie d'une patiente". Cette femme est atteinte du VHC avec une fibrose de stade 4, "c'est-à-dire qu'elle a déjà une cirrhose du foie". Cette personne, explique l’AHCS a déjà été traitée, sans succès, avec un antiviral à action directe (AAD) : Zepatier. Cette personne a "une résistance génétique à un ingrédient actif" de Zepatier, le traitement n’est pas efficace dans son cas. Le médecin traitant de cette personne n’a pas voulu traiter avec un autre médicament associé à la ribavirine, estimant que ce choix pouvait poser problème à sa patiente dont le foie est très atteint, il préférait utiliser un nouvel AAD : le Vosevi (association de sofosbuvir + velpatasvir + voxilaprévir) utilisé dans le "retraitement" en cas d’échec à un précédent traitement par AAD. Et c’est là que le problème arrive. Comme l’explique l’AHCS, le CSS "a refusé à plusieurs reprises de couvrir les frais sur la base de l'article 71 aux motifs que le Vosevi n'est pas autorisé en Suisse, [qu’il faudrait apporter la preuve] que le Vosevi a aussi un effet sur cette patiente avant qu'il ne puisse parler de couvrir les coûts par la suite" et enfin qu’il "existe d'autres options de traitement".L’association estime, elle, que le Vosevi "est autorisé par Swissmedicv, qu’il a été "prouvé à l'échelle mondiale que le Vosevi, un médicament médicalement prescrit, est efficace chez les patients souffrant déjà de cirrhose, avec une résistance génétique connue, avec une probabilité de guérison supérieure à 95 %"  et qu’il "est utilisé dans de nombreux pays européens". Enfin, l’association estime qu’un "traitement alternatif à Vosevi chez un patient présentant une résistance génétique connue n'est pas recommandé d'un point de vue médical". Pour l’association, cette décision du CSS "crée un nouveau précédent dans le traitement de l'hépatite C en Suisse" dans le sens où elle établit que la "condition que le remboursement du coût des médicaments contre l'hépatite C pour les patients souffrant d'une maladie hépatique déjà grave peut dépendre du succès de la thérapie", et pour l’AHCS, cela ne doit "en aucun cas être accepté". Dans son communiqué, l'Association hépatite C Suisse AHCS "condamne fermement cette décision inhumaine de la CSS et leur demande d'annuler la décision et de couvrir les coûts du traitement nécessaire immédiatement — avant que la patiente ne meure de la maladie".