VIH : association autour du long acting

21 Mars 2021
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Le laboratoire pharmaceutique Gilead Sciences a conclu un accord avec la firme Merck pour développer un traitement anti-VIH à action prolongée, ont annoncé lundi 15 mars les deux groupes pharmaceutiques américains. Ils combineront leurs médicaments expérimentaux respectifs, le lénacapavir et l'islatravir, afin de permettre l'administration moins fréquente d'un traitement par voies orale ou injectable. Actuellement, les personnes vivant avec le VIH doivent le plus souvent prendre un traitement quotidien oral qui peut s'avérer contraignant sur la durée, d’où la recherche de traitements à libération prolongée. Gilead et Merck se partageront les coûts de développement et de commercialisation à l'échelle mondiale à hauteur respectivement de 60 % et 40 %. Ils disposeront d'une part égale dans les ventes du traitement jusqu'à ce que le chiffre d'affaires dépasse certains seuils. Les deux entreprises prévoient d'entamer les essais sur l'être humain avec une version orale de la combinaison au cours du second semestre de cette année.

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Coronavirus : Un impact « important » de l’épidémie sur la lutte contre le sida

Dans certains pays, les dépistages ont chuté jusqu’à 50 % depuis le début de l'épidémie de coronavirus 

20 Minutes avec AFP

Publié le 21/03/21 à 12h35 — Mis à jour le 21/03/21 à 13h10

 Pour Françoise Barré-Sinoussi, présidente de Sidaction, le grand public doit se remobiliser vis-à-vis du sida. Pour Françoise Barré-Sinoussi, présidente de Sidaction, le grand public doit se remobiliser vis-à-vis du sida. — Vincent Isoré

La crise sanitaire liée au coronavirus a eu un impact « malheureusement important » sur la lutte contre le VIH, en raison par exemple d'« une chute » des dépistages, a alerté la prix Nobel de médecine Françoise Barré-Sinoussi, présidente de l’association Sidaction, ce dimanche dans un entretien au JDD.

« L’impact a malheureusement été important. Sur l’année écoulée, les dépistages ont chuté jusqu’à 50 % dans certains pays, et l’utilisation de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) a fortement reculé, en lien avec l’épidémie de Covid », a déclaré la virologue.

Dix ans d’efforts de lutte perdus

Des projections de l’Onusida - le programme des Nations unies sur le VIH - « font craindre des chiffres affolants : jusqu’à 300.000 cas d’infection de plus et jusqu’à 150.000 décès supplémentaires d’ici à 2022 » dans le monde, a ajouté la lauréate du Nobel (en 2008, pour avoir codécouvert le virus de l’immunodéficience humaine).

 

« Certains estiment que l’on pourrait perdre dix ans d’efforts dans la lutte contre le sida », a mis en garde la médecin. Elle a regretté par ailleurs que les leçons apprises pendant l’épidémie du VIH n’aient « pas suffisamment été prises en considération ». « Face à une épidémie virale, il faut créer un environnement favorable aux changements de comportement », or « on n’a pas assez travaillé avec le milieu associatif, qui a la capacité de passer des informations au grand public de façon à ce qu’elles soient acceptées », a-t-elle dit.

Le vaccin ARN, un espoir ?

« En d’autres termes, il y a eu d’énormes défauts de communication et des contradictions, y compris entre soignants », a ajouté la virologue. Françoise Barré-Sinoussi espère que l’épidémie de Covid « va nous permettre d’apprendre des choses sur le VIH ». « On n’avait jamais essayé jusqu’à présent de vaccin à ARN contre le VIH. Moderna, entre autres, est en train d’en développer un : je ne sais pas si ça va marcher, mais on apprend les uns des autres », dit-elle.

Le Sidaction, opération annuelle visant à sensibiliser la population et à lever des fonds pour financer la recherche et soigner les patients, se déroule cette année du 26 au 8 mars.