VIH en Afrique : miser sur la société civile

9 Mars 2018
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Du 19 au 21 février dernier, l’Onusida a réuni différents leaders de la société civile d’Afrique centrale et occidentale. Ces derniers ont élaboré une "feuille de route" dans l’objectif de "jouer un rôle plus actif dans l’élargissement de l’accès aux services de prévention et de traitement du VIH dans la région d’Afrique centrale et occidentale. Comme le rappelle un communiqué de l’Onusida, ces huit personnalités ont insisté sur le fait que sans leur engagement et leur aide, il sera difficile d’atteindre les personnes concernées et d’accomplir les objectifs de traitement. "Nous voulons être impliqués davantage, car nous sommes sur le terrain et nous sommes les personnes concernées", a rappelé Daouda Diouf, directeur d’Enda Dakar. En 2016, la région d’Afrique centrale et occidentale a été confrontée à un nombre élevé de décès dus au sida, un nombre disproportionné par rapport la part que cette région représente dans la population mondiale. Cette situation n’est pas tant due à la prévalence du VIH qui reste faible dans la région, mais au fait que très peu de personnes vivant avec le VIH ont accès au traitement dans cette région. Un des facteurs qui expliquent ce problème, c’est que les soins médicaux sont encore trop centralisés, proposés la plupart du temps dans les dispensaires, ce qui limite les possibilités d’intervention des pairs-éducateurs et des agents communautaires. Jouent également dans les difficultés d’accès aux traitements la stigmatisation et la discrimination qui font fuir les gens. A cela s’ajoute le fait que, souvent, les politiques de santé nationales ne permettent pas à la société civile de fournir des services élémentaires, comme le dépistage du VIH. Directeur de Coalition PLUS Afrique, Aliou Sylla, un des leaders participant à cette réunion, a souligné que la société civile disposait de nombreuses solutions et d’une grande expérience issue de programmes pilotes dont les résultats se sont avérés positifs. "Parce que nous avons des dispensaires qui ne ressemblent pas à des dispensaires, parce que nous proposons un dépistage du VIH par des pairs et parce que nous offrons des conseils, nous sommes bien plus à même d’atteindre les personnes vulnérables", a-t-il expliqué. "Faites-nous simplement confiance". La feuille de route définie à cette occasion inclut une rencontre régionale qui doit se tenir prochainement et réunir les représentants de la société civile de douze pays d’Afrique centrale et occidentale, dans le but d’intégrer leurs avis dans les plans nationaux de lutte contre le VIH.