VIH et libido : j’en suis où ?

15 Décembre 2015
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Les journaux qui consacrent des articles à la sexualité le font souvent par le prisme des dysfonctionnements sexuels. On cherche alors à comprendre les causes organiques, celles liées au psychisme et aux émotions, celles consécutives à l’âge et aux hormones sexuelles ou encore celles attribuables aux médicaments. Comme dans bien des domaines, les facteurs sont nombreux et entrent en jeu différemment. Chez certaines personnes, la découverte de la séropositivité pour le VIH comme pour les hépatites virales a pu conduire à des périodes d’abstinence plus ou moins longues, parfois décidées, souvent subies. Même chose lorsqu’il a fallu démarrer un traitement. Bien évidemment, la crainte d’infecter un-e partenaire sexuel-le peut perturber le désir, bousculer la libido. Il en va de même lorsqu’on est exposé-e au rejet. L’annonce suisse du professeur Bernard Hirschel en 2008 sur le Tasp a considérablement rebattu les cartes de la sexualité et permis à certains de renouer avec désir et libido. Les avancées médicales ont permis aux couples sérodifférents d’avoir une sexualité plus épanouie et de faire des enfants. Reste que la libido, la sexualité semblent souvent oubliées des consultations. Trop souvent, même en cas de difficultés, cette question n’est pas abordée par les personnes et les médecins "oublient" de s’y intéresser. Comment cela se passe-t-il pour vous ? Le désir sexuel est-il au rendez-vous… ou en cure de sommeil ? Votre vie sexuelle a-t-elle changé depuis l'avis suisse ? Venez en discuter pendant le chat thématique mardi 15 décembre à partir de 21 heures, en compagnie d’Ernesto.

Commentaires

Portrait de ernesto-seronet

Avec une quinzaine de personnes qui ont pointé le bout de leur … nez dans ce chat thématique abordant l'épineuse question VIH et libido, une bonne moitié des particpant-e-s s'est montrée plus endurante et a tenu toute la longueur de cet échange. Constat général : la connaissance de sa séropositivité affecte directement et plus ou moins durablement la libido, elle n'est plus vécue de la même manière, alors que la prise de traitement ne semble pas être identifiée comme responsable de ce changement. Elle se manifeste par des blocages, qui, quand ils s'installent peuvent à conduire à des périodes d'abstinence plusieurs années durant. Avec cette libido en berne, même si l'avis suisse a pu en libérer certains, beaucoup cherchent à comprendre, alors qu'il s'avére très difficile d'évoquer une activité sexuelle, devenant inexistante ou presque, avec leur médécin, infectiologue, virologue, qui n'a souvent d'autre champ de vision que le traitement. Alors à qui en parler ? Pour certains il est indispensable et essentiel de libérer la parole, solliciter le médecin qui peut orienter vers un suivi psy. Et si pour l'un, un suivi de 7 ans (et après avoir épuisé 3 sexologues), n'a rien pu débloquer , les groupes de parole, par exemple ceux proposés par les Corévih (Coordination Régionale de lutte contre le VIH) permettent, avec la présence de médecins, d'infirmières, de parler de soi, d'aborder les sujets sans tabous, et partager des expériences et des solutions. Quand on se demande pourquoi la sexualité devient "impossible", ou pourquoi le corps ne parvient plus à suivre les désirs que la tête exprime, avec l'envie présente mais les blocages nombreux, certains font des constats : c'est l'inconscient qui est à l'oeuvre, la honte, la pression qu'on se met, le manque de confiance en soi, la perte de l'estime de soi, le rejet de soi-même, le sentiment de répulsion à l'égard de son corps, de cette merde qu'on a en soi, la peur de contaminer l'autre ... Et des facteurs "externes" sont aussi pointés. La sérophobie : parler de séropositivité, et le partenaire est déjà loin, ou bien dans un geste de prévention avec le souci de préserver l'autre, on suscite le "soupçon", et l'effet est le même. Alors au fil des expériences et des rejets, 2 attitudes sont possibles : le taire pour pour ne pas exposer au refus, et la peur d'être jugé-e, ou le dire d'emblée et en accepter les conséquences. Autre solution : rechercher d'autres séropos, mais cela ne garantit pas une relation qui s'inscrira dans la durée. Dans tous les cas accepter le virus, car on n'a pas le choix, mais avec le refus de s'enfermer et de donner la victoire à la maladie, pour vivre, ne plus se prendre la tête, lâcher prise, retrouver l'estime de soi, s'aimer, et trouver, qui sait, l'amour, l'amour ... et un bébé ... ?

Vous êtes invité-e-s à poster vos commentaires et réactions à la suite de celui-ci, faire part de vos suggestions de thèmes que vous souhaiteriez aborder pour les chats de l'année prochaine.

Et sur proposition d'un participant, la semaine prochaine, au cours d'autres ébats et débats, nous n'oublierons pas que "la masturbation, c'est faire l'amour avec quelqu'un que l'on aime bien"  ("Don't knock masturbation. It's sex with someone you love", Woody Allen, dans Annie Hall)

Portrait de tong.nat

Errare humanum est ! c'est effectivement de Woody Allen et pas d'Oscar Wilde....

Portrait de ballif

cella m'amuse de lire tout les fentases des autres séropo moi j'ai 55 ans ce sont les afriquaines qui veulent que je viénne vivre en Afrique la seule chose que je peux donner c'est le l'afection

j'en ai pris mon parti la solitude je l'avait avant c'était ce virus qui bloqué tout sans le savoir