VIH, hépatites et travail

12 Juillet 2016
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Si la question des effets indésirables se pose moins pour les personnes infectées récemment, les séropositifs qui ont suivi un traitement au long cours peuvent voir leur qualité de vie altérée au quotidien et le VIH et/ou les hépatites interférer avec les sphères sociale et professionnelle. Quand c'est le cas, comment faire pour gérer la pénibilité au travail ou des absences régulières liées au parcours de soin ? Comment informer son employeur et/ou ses collègues, obtenir un aménagement du poste ou du temps de travail, sans divulguer son statut ? Si aucune obligation ne contraint à faire état de son statut sérologique dans le cadre professionnel, passer les frontières avec ses traitements pour un déplacement, prendre ses médicaments en toute discrétion, masquer un état de faiblesse passager ou récurrent se révèlent parfois problématique. L'envie de se confier à ses collègues peut exposer à un risque d'indiscrétion, de rejet voire de discrimination. Par ailleurs, des démarches administratives comme une demande de RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) peuvent faciliter l'accès à des dispositifs spécifiques et améliorer les conditions de travail. Comment gérez-vous VIH, hépatites et vie professionnelle ? Avez-vous été confronté-e-s à des discriminations, des exclusions en raison de votre statut ? Venez parler boulot mardi 12 juillet de 21h à 22h, pendant le chat thématique, en compagnie d'Ernesto.

Commentaires

Portrait de ernesto-seronet

Une bonne douzaine de participant-e-s pour plancher sur le VIH, les hépatites et le travail. Spontanément, cette conciliation semble ne pas aller de soi, et se résout au cas par cas. La première question : en parler ou pas au travail, et à qui ? Si rien n'oblige à le faire, certains ont trouvé un terrain favorable pour informer tout le monde, ou simplement le supérieur direct, qui peut devenir un soutien, puis le dire à quelques collègues choisis. Mais la plupart du temps c'est le choix de la prudence qui est adopté : pour éviter les réactions des collègues, les bruits de couloir, entendre des bêtises, ne pas s'exposer à une possible discrimination. Mais d'autres émettent une forte recommandation de n'absolument rien dire, en particulier quand on est employé-e dans l'Administration, au risque de compromettre irrémédiablement son emploi et sa carrière. En parler avec le médecin du travail semble être une évidence : tenu au secret, lorsque que se pose la question d'une RQTH, qui peut permettre un aménagement de poste, d'horaire, un temps partiel thérapeutique ou plutôt un arrêt prolongé, c'est lui qui sera l'acteur de cette prise en compte de l'état de la personne dans son aptitude à l'activité professionnelle sans qu'une justification doive être donnée à l'employeur. Tous reconnaissent sa discrétion mais dans certains collectivités d'Outre-Mer, il semble que ce ne soit pas toujours le cas. La majorité témoigne d'une fatigue ressentie au travail, qui conduit généralement à s'ouvrir au médécin du travail, éventuellement au médecin traitant sans que ceux-ci puissent y apporter une réponse. Elle peut conduire à changer de travail voire engager une reconversion vers un métier moins pénible, mais il est quelques fois difficile de faire la part de la fatigue liée à toute activité, plus ou moins physique (position débout prolongée, port de charges lourdes), associée à celle des transports , et de celle induite par le vih ou les prises de traitements. Aussi pour ne pas montrer cet état, on prend sur soi, on s'oblige à se montrer sous son meilleur jour, en faire presque plus que les autres, on  prend des rendez-vous médicaux en dehors des horaires de travail, on fait des pauses régulières ou une sieste avant l'après-midi. Et en dehors du travail, la pratique d'un sport, la sophrologie, les thérapies comportementales cognitives, le kiné, pour attenuer les sensations de fatigue. Mais le travail a aussi une vertu, celle de donner un équilibre, maintenir un lien social, sortir de chez soi et penser à autre chose.

Vous êtes invité-e-s comme d'habitude à poster sur ce thème vos commentaires et réactions à la suite de celui-ci , et à exprimer ici vos suggestions de thèmes que vous souhaiterez aborder dans les mois à venir, ou d'évolution du "format" de ces chats thématiques.

La semaine prochaine, nous revisiterons Victor Hugo, avec les Travailleurs de l'amer, pas ceux de 93, mais plutôt du 49.3 et de la tempétueuse loi Travail, et des 3x8 qui font passer la nuit debout.