VIH : "La réponse, c’est la volonté politique"

28 Juillet 2018
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Médecin, spécialiste du VIH, le Québécois Réjean Thomas a été interviewé par Radio Canada (23 juillet) à l’occasion de la 22e conférence internationale sur le sida qui se tient à Amsterdam, à laquelle il participe. Le fondateur de la clinique L'Actuel y revient notamment sur l’objectif des trois 90 et sur les conséquences d’une baisse des financements internationaux. On sait qu’aujourd’hui il y a près de deux millions de nouveaux cas de VIH chaque année. "Oui, dont 950 000 enfants qui naissent avec le VIH, alors qu’il n’y a aucune raison qu’un enfant naisse avec le VIH aujourd’hui", rappelle-t-il. "On a tous les moyens pour empêcher ça. Il y a de plus en plus de gens qui ont accès à la trithérapie dans le monde [21,6 millions, ndlr], et c'est tant mieux. Mais il y a encore des gens qui n’y ont pas accès. On a fait de grands gains dans certains pays, notamment en Afrique australe, mais en même temps, en Asie du Sud-Est et en Russie il y a une augmentation extrêmement préoccupante. Ce n’est pas gagné. La lutte n’est pas finie". Comment expliquez le désengagement actuel ? "On parle de moins en moins de cette maladie", avance Réjean Thomas sur Radio Canada. "Comme le problème du traitement a été réglé dans les pays riches, ce n'y est plus une maladie vraiment mortelle, ce qui fait qu’il y a peu de campagnes de prévention dans le monde. On n’en parle plus, ce n’est plus une maladie mortelle, ça fait moins peur (…) Il faut continuer d’insister sur le dépistage. Mais la réponse, c’est la volonté politique. Dans les pays où l’on investit dans la prévention, on réussit. Dans les pays où l’on n’investit pas, on ne réussit pas. C’est aussi simple que ça".