Violence : une femme sur trois concernée

20 Mars 2021
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Omniprésente, précoce dans la vie d’une femme… ainsi se caractérise la violence à l’égard des femmes, comme le montrent de nouvelles données « alarmantes » publiées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ses partenaires. Au cours de sa vie, une femme sur trois est victime de violence physique ou sexuelle de la part d’un partenaire intime ou de violence sexuelle de la part de quelqu'un d'autre que son partenaire – soit environ 736 millions de femmes, un nombre qui est resté en grande partie inchangé au cours de la dernière décennie, note un récent rapport. Cette violence commence tôt : une jeune femme (âgée de 15 à 24 ans) sur quatre ayant eu une relation de couple aura déjà été victime de violence de la part d’un partenaire intime lorsqu’elle atteint l'âge de 25 ans. « La violence à l’égard des femmes est endémique dans tous les pays et toutes les cultures, causant des dommages à des millions de femmes et à leurs familles, et elle a été exacerbée par la pandémie de Covid-19 », a récemment rappelé Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. La violence exercée par un partenaire intime est de loin la forme la plus répandue de violence à l’égard des femmes dans le monde (touchant environ 641 millions de personnes). Toutefois, 6 % des femmes dans le monde déclarent avoir été agressées sexuellement par quelqu’un d’autre que leur mari ou partenaire. « Compte tenu des niveaux élevés de stigmatisation et de sous-déclaration des abus sexuels, le chiffre réel est sans doute beaucoup plus élevé », souligne l’OMS. Le rapport présente les données (2000 à 2018) de la plus grande étude jamais réalisée sur la prévalence de la violence à l’égard des femmes. « Il est profondément inquiétant que cette violence généralisée des hommes contre les femmes non seulement persiste sans changement, mais qu’elle atteigne son pire niveau pour les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans qui peuvent aussi être de jeunes mères. Et il s'agit là de la situation avant les mesures imposant de rester chez soi prises du fait de la pandémie [de Covid-19, ndlr] ». Cette violence touche de manière disproportionnée les femmes vivant dans les pays à revenu faible ou à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. On estime que 37 % des femmes vivant dans les pays les plus pauvres ont été victimes de violence physique et/ou sexuelle de la part d'un partenaire intime au cours de leur vie, la prévalence s'élevant à une sur deux dans certains de ces pays. Les régions de l’Océanie, de l’Asie du Sud et de l’Afrique subsaharienne ont les taux de prévalence de la violence exercée par un partenaire intime les plus élevés chez les femmes âgées de 15 à 49 ans, ces taux allant de 33 % à 51 %. Les taux les plus bas sont constatés en Europe (16-23 %), en Asie centrale (18 %), en Asie de l’Est (20 %) et en Asie du Sud-Est (21 %). Les jeunes femmes sont les plus à risque pour ce qui est de la violence récente. Parmi celles qui ont vécu une relation de couple, les taux les plus élevés (16 %) de violence conjugale au cours des 12 derniers mois sont signalés chez les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans. Le rapport de l’OMS (uniquement en anglais), présente les estimations nationales, régionales et mondiales de la violence à l’égard des femmes exercée par le partenaire intime et les estimations régionales et mondiales de la violence sexuelle exercée par quelqu’un d’autre que le partenaire intime. Ce document a élaboré par l’Organisation mondiale de la santé et des organismes officiels partenaires.