Violences conjugales et santé des femmes séropositives

18 Septembre 2013
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Les violences à l’encontre des femmes vivant avec le VIH ne sont pas un mythe et représentent un véritable danger pour leur santé. Des chercheurs canadiens viennent de corroborer les résultats d’études précédentes, réalisées en Afrique ou Asie. D’après les premiers chiffres, dévoilés par l’équipe de Calgary (Etat d’Alberta, Canada), ces violences, qui vont de l’intimidation à l’agression physique, sont nombreuses. Près de 40 % des femmes accueillies dans la plus grande clinique de la région déclarent en subir dans leur cercle privé. Ce recueil s’est fait, entre 2009 et 2012, auprès de femmes, de "race blanche ou autochtones", suivies à cette clinique pour le VIH et ayant fait l’objet d’un "dépistage de violence". Ces femmes sont dans un état de santé "plus précaire" et dotées d’une moins bonne qualité de vie. Davantage susceptibles de consommer des drogues, de l’alcool ou de fumer, d’avoir été hospitalisées pour des blessures ou de prendre moins régulièrement leur traitement antirétroviral, les conséquences sur leur corps peuvent être importantes. Elles le sont tout autant pour la psyché, avec des femmes plus dépressives ou prenant des médicaments contre l’anxiété et ayant tenté de se suicider. Un tableau inquiétant, mais qui veut servir à interpeller les pouvoirs publics canadiens. Pour les chercheurs, ces femmes "se heurtent à de nombreux obstacles aux soins, telles que les menaces immédiates à leur sécurité et à celle des personnes à leur charge, ce qui fait que les dangers moins imminents, comme l'infection au VIH, perdent nécessairement la priorité". Et cette équipe d’avancer que "le fait de contrer directement la violence conjugale pourrait favoriser l'adhérence aux soins et améliorer ainsi leur santé et leur bien-être".
Plus d’infos sur les détails de l’étude dans la présentation qui en a été faite par le site Catie.