Violences conjugales : le gouvernement dégaine

9 Septembre 2019
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Le gouvernement a lancé mardi 3 septembre à Matignon, en présence de familles de victimes, d’acteurs-rices du secteur de la défense des droits des femmes, des professionnels-les de la justice, de la sécurité ou du travail social, un « Grenelle » des violences conjugales, dont les associations espèrent qu'il débouchera sur un « plan Marshall » pour enrayer un phénomène ayant déjà fait plus de 100 mortes depuis le début de l'année. Le Premier ministre a annoncé des « premières mesures d'urgence visant à renforcer la protection des victimes ». Édouard Philippe a annoncé la généralisation de la « possibilité de porter plainte à l'hôpital ». « Quand une femme se rend aux urgences pour coups et blessures, c'est déjà suffisamment pénible. Si elle doit retourner chez elle avant de porter plainte, elle retrouvera son conjoint qui risque de la menacer », a précisé le chef du gouvernement. Cette possibilité sera généralisée « à partir du 25 novembre », date de la fin de ce Grenelle, a-t-il indiqué. Sur le plan judiciaire, le Premier ministre a annoncé que des « procureurs référents spécialisés » dans les violences conjugales seraient identifiés « dans les 172 tribunaux de France métropolitaine et d'outre-mer » et que des chambres d'urgence seraient expérimentées. « Nous expérimentons ces chambres d'urgence pour que les dossiers soient traités en 15 jours avec une meilleure articulation des différents acteurs judiciaires. La première expérimentation aura lieu à Créteil », a-t-il précisé. Il a évoqué en outre une proposition de loi portée par le groupe LREM pour une mise en place effective du « bracelet électronique anti-rapprochement », y compris « avant toute condamnation »dans le cadre d'un contrôle judiciaire ou d'une ordonnance de protection. « Des mesures supplémentaires concertées de manière collective arriveront plus tard », a ajouté son entourage. Les associations féministes mobilisées sur le sujet souhaitent que l'événement débouche sur un « plan Marshall » doté d' « au moins » 500 millions, voire un milliard d'euros, loin des 79 millions d'euros de crédits spécifiquement alloués à cette lutte, selon une étude menée par cinq organisations. Les militantes demandent notamment la création, avant la fin de l'année, d'au moins 2 000 places d'hébergement supplémentaires pour les femmes « ayant fui le domicile conjugal », un renforcement de la prévention contre les violences sexistes dès l'école, ou la création d'instances judiciaires spécialisées. Elles préconisent également de mieux former les policiers et gendarmes appelés à recueillir les plaintes des femmes victimes, afin d'éviter que celles-ci se voient éconduire ou répondre que porter plainte « ne sert à rien ». Cette journée d'ouverture du « Grenelle », le 3.9.19, a aussi été l'occasion de communiquer et mieux faire connaître la ligne téléphonique 3919, dédiée aux femmes victimes de violences. Les conclusions de la concertation doivent être annoncées le 25 novembre, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.