Violences faites aux femmes : où est l'argent ?

25 Novembre 2018
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Le 25 novembre, se tient la Journée internationale contre les violences faites aux femmes. A cette occasion, plusieurs organismes (Haut conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Conseil économique, social et environnemental, Fondation des femmes, etc.) ont organisé (22 novembre) un évènement intitulé « Où est l’argent pour lutter contre les violences faites aux femmes ? ». En 2016 et 2017, ce collectif avait déjà interpellé les pouvoirs publics sur les besoins de financements pour mener une « politique ambitieuse des droits des femmes et pour les droits sexuels et reproductifs ». Dans un communiqué, le Haut conseil pour l’égalité rappelle que : « Les violences faites aux femmes sont un phénomène d’ampleur : 123 femmes ont été tuées par leur compagnon en 2016. Le féminicide constitue la forme la plus extrême de violence contre les femmes. Environ 225 000 femmes sont victimes de violences conjugales (physiques et/ou sexuelles) (…) 14 % d’entre elles ont porté plainte. Environ 84 000 femmes déclarent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol chaque année (240 femmes/jour). Dans 86 % des cas, ces agressions ont été perpétrées par une personne connue de la victime ». Et le communiqué d’expliquer : « Une enquête inédite réalisée par le collectif estime à 500 millions d’euros par an le budget nécessaire pour des parcours de sortie des violences conjugales adaptés et en nombre suffisant ». Outre une demande d’augmentation des financements, cette enquête fait plusieurs recommandations à destination des financeurs publics et également privés, aujourd’hui quasi absents du financement contre les violences faites aux femmes. Il s’agit notamment d’ « augmenter le budget des parcours de sortie des femmes victimes de violences conjugales à hauteur de 500 millions d’euros par an », de « rendre publiques les données financières relatives à la lutte contre les violences faites aux femmes, qu’il s’agisse du budget de l’Etat ou des collectivités territoriales », de « renforcer l’action des associations qui œuvrent pour les droits des femmes, en augmentant leurs subventions à la hauteur des besoins estimés, en programmant leur financement sur la durée des plans contre les violences, en permettant le développement des financements hors projets et en reconnaissant davantage leur expertise en matière de politiques publiques ». Il est aussi proposer d’« utiliser la budgétisation intégrant l’égalité, développer et diffuser des statistiques sexuées, pour que l’argent public soit un outil d’égalité » et de « diversifier les financements de la lutte contre les violences faites aux femmes, en engageant le secteur philanthropique à participer à la mobilisation générale et en encourageant les campagnes de dons en faveur des structures œuvrant en faveur des droits des femmes ».