La méthadone réduit le risque pour le VIH

19 Octobre 2012
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Les traitements de substitution aux opiacés (TSO), dont la méthadone, réduisent de 54% le risque de contracter le VIH chez les utilisateurs de drogue par injection. C’est ce qu’indiquent les résultats d’une nouvelle étude internationale (une méta-analyse, soit une analyse de différentes études scientifiques) publiée (9 octobre) sur le site internet du "British Medical Journal", résultats qui confirment un lien direct entre les TSO et la réduction des infections au VIH. Cette méta-analyse consiste en une revue de neuf études différentes, réalisées dans différents contextes et villes, qui ont été compilées et analysées par un groupe de chercheurs dont le docteur Julie Bruneau, chercheuse au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal. Le quotidien "Métro Montréal" l’a interviewée (9 octobre). "En fait, ce n’est pas le médicament lui-même qui prévient le VIH, mais l’ensemble des choses qui sont faites lorsque la personne qui a un problème de dépendance aux opiacés est mise sur un programme où on remplace la drogue par un médicament comme la méthadone ou le suboxone [en France, on parle de Subutex], explique-t-elle. Cela lui permet de sortir de sa toxicomanie et de se réhabiliter".

 

Commentaires

Portrait de frabro

Le titre de cette brève est ce qu'on appelle un raccourci saisissant, pour rester poli. Le médicament Méthadone n'a évidemment en lui-même aucun effet anti vih, ni pour soigner ceux qui en sont atteint ni pour empêcher des contamination éventuelles pour ceux qui en prennent et continuent à avoir des pratiques à risque. C'est ce qui est dit dans la dernière partie de la brève, mais assorti d'un commentaire qui ferait apparaitre une sorte d'équivalence entre les différents TSO* dans ce domaine, tout en employant un verbe que je trouve déplacé, celui de "réhabiliter". Je pense donc utile de rappeler quelques évidences pour ceux qui connaissent un minimum de chose en addictologie : - Les traitements de substitutions sont destinés à réguler les pulsions addictives et à sortir de la dépendance aux opiacés. Ils permettent à l'usager de reprendre un rythme de vie le plus proche possible de celui des non dépendants, de ne plus être en recherche permanente de produit et d'argent pour l'acheter, d'avoir l'esprit orienté vers d'autres recherches que celle de la consommation. - La méthadone n'est pas injectable (sauf au prix de manipulations compliquées et restant très dangereuses au final) et c'est en ce sens qu'elle réduit les risques de contamination aux maladies infectieuses pour ceux qui respectent strictement le traitement (pas d'injection d'autres produits en parallèle avec la prise de méthadone) - Ce n'est pas du tout le cas du Subutex qui, malheureusement reste très largement détourné car il est extrêmement facile de s'en procurer et qu'il est fréquemment injecté avec de nombreux risques à tous égards. La Suboxone n'est qu'une variante peu développée en France, sensée ne pas être injectable mais présentant encore plus de risques divers à cet égard. - Les usagers de drogue n'ont pas à être "réhabilités" comme on le dirait d'un coupable, mais à être pris en charge tant pour l'addiction en elle même que pour ses causes profondes. Enfin, je crois utile de rappeler que les contaminations au VIH chez les usagers de drogues sont désormais en terme épidémiologique à peu près insignifiantes en France**, ce mode de transmission représentant moins de 1% des nouvelles séropositivité découvertes. Ceci rappelle l'importance de la réduction des risques pratiquée depuis 25 ans dans notre pays et qui comprends à la fois les programmes d'échange de seringue, les programmes de substitution, la prise en charge médico-sociale des usagers, et bientôt les salles d'injection supervisées. ceci rappelle aussi que les usagers de drogue ne sont pas inconscients et savent prendre soins de leur santé même lorsqu'ils continuent à consommer. * Traitement de Substitution aux Opiacés ** ce n'est pas le cas dans d'autres pays et en particulier en Russie ou ce mode d'entrée dans la séropositivité est le plus important et constitue un problème conséquent de santé publique, faute de RDR comme de TSO.
Portrait de alaindu13

j'ai été toxico pendant presque 10 ans ( 1982,1992 ) à l'heroine et c'est la methadone qui m'a sauvé la vie.c'est vrai que le subutex est detourné et que la plupart qui l'utilise se l'injecte et il y a des risque enorme d'infection,j'ai personnellement connu une amie qui a fait une infection non soignée et qui est décédée d'une septicémie en une semaine.
Portrait de youplala

c'est vrai que le titre est assez hallucinant...on finirait presque par croire que se droguer (parce que la méthadone,ça reste une drogue...la preuve... c'est qu'il y a du trafic de méthadone, et des gens qui ne se droguent qu'a partir de produits substitutifs), est une remède contre le VIH.... En fait on enfonce des portes ouvertes...la méthadone en éloignant les gens de la drogue ls éloigne des risques de contamination au VIH... Au final, on auraity pu titrer : ne pas se droguer réduit les risques de contamination au VIH.
Portrait de sonia

Et pourtant, le journaliste feu Rémi Darne semble dire tout le contrraire :

LA méthadone - drogue dite de substitution souvent utilisée pour faciliter la désintoxication progressive des héroïnomanes - aurait des effets dévastateurs sur le système immunitaire. Tels sont les résultats d'une recherche scientifique menée par l'équipe du professeur John Sahs, responsable du Centre VIH de l'Institut psychiatrique de l'Etat de New York.

à lire ici

Portrait de sonia

l'article parle de la methadone buvable ou injectable?
Portrait de frabro

L'article auquel il est fait référence ci-dessus date de 1993, soit trois ans avant l'arrivée des tri-thérapies. Personne à l'époque n'était correctement soigné pour le vih, qu'il soit où non toxicomane et qu'il soit ou non sous produit de substitution, laquelle n'était d'ailleurs pas encore mise en place en France. Par ailleurs, en France, la méthadone existe en gélules ou en sirop, et en aucun cas sous forme injectable.