Anvers : chantage aux ARV pour les étrangers malades

22 Février 2013
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La présidente du CPAS (centre public d'action sociale) d'Anvers, Liesbeth Homans (N-VA, Alliance néo-flamande, parti indépendantiste flamand), propose de lier l’accès d'une aide médicale urgente aux personnes étrangères en situation irrégulière à la signature d'une lettre les engageant à quitter volontairement le territoire belge, indique l’agence de presse Belga (18 février). Comme le résume à sa façon, la RTBF (la Radio Télévision Belge Francophone): "Le CPAS d'Anvers ne compte plus octroyer automatiquement 800 euros par mois pour le traitement d'un sans-papier séropositif". Certaines personnes vivant avec VIH et en situation irrégulière risqueraient donc de se retrouver sans traitement. Comme le détaille la RTBF, ce risque de rupture des traitements a été soulevé lors du dernier conseil de l'action sociale d'Anvers par deux conseillers qui sont également médecin. "Le remboursement d'un ARV (antirétroviral) était déjà un problème pour la précédente équipe", a reconnu Dirk Avonts (conseiller écologiste). "Le nouveau conseil de l'action sociale a confirmé maintenant que tous les cas de patients atteints du VIH seront examinés individuellement et qu'il n'y aura plus de règle générale. Cela n'a pas de sens à nos yeux. Chaque patient a besoin d'antirétroviraux contre le VIH". Le problème serait donc d’abord financier, selon l’agence Belga, le conseil de l'action sociale avance que les "autorités fédérales n'interviennent que partiellement dans le financement des thérapies". Un renvoi de balle à la ministre de la Santé publique Laurette Onkelinx (PS) qui annonce qu’elle entend trouver une "solution pour les sans-papiers séropositifs d'Anvers". Elle doit, selon la RTBF, examiner le dossier avec sa collègue en charge de l'Asile et de la Migration.  "L'année passée, le CPAS a déboursé plus de 250 000 euros de sa poche pour offrir un traitement d'urgence à des étrangers en situation illégale. C'est la preuve qu'Anvers est plus souple que ce que prescrivent les règles fédérales", justifie Lisbeth Homans, la présidente du CPAS d’Anvers. Quoi qu’il en soit, cette initiative a toutes les allures d’un chantage sur l’Etat mais surtout sur les personnes étrangères séropositives.

Commentaires

Portrait de frabro

Comment planquer une décision et une idéologie xénophobe sous une problématique financière...

Que ce soit à l'Etat de prendre en charge à la place de la commune, pourquoi pas.

Mais la signature de l'engagement à quitter le pays pour avoir droit à ses traitements, c'est purement et simpplement de la discrimination et du chantage et c'est inexcusable;