90-90-90 : une cible ambitieuse ?

20 Septembre 2016
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En 2014, l'Onusida a fixé comme but d'ici 2030, de mettre fin à l'épidémie VIH dans le monde, et pour y parvenir, a donné l'objectif 90-90-90 à atteindre en 2020. Par l'accès accru au dépistage, 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologie, par l'accès universel au traitement, 90 % de toutes les personnes diagnostiquées reçoivent un traitement antirétroviral et 90 % des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée. Si cette cible ambitieuse est atteinte alors 73 % des personnes vivant avec le VIH dans le monde auront une charge virale indétectable d'ici quatre ans. Plusieurs villes à travers le monde (Paris, Delhi, Maputo, Nairobi, Lagos, Kinshasa, Amsterdam, Bucarest, Genève, Douala, Abidjan, etc.), en signant la Déclaration de Paris en 2014, se sont engagées à atteindre ces objectifs. La maire de Paris, Anne Hidalgo a, depuis le 1er février 2016, fixé une feuille de route opérationnelle : "Vers Paris sans sida". En juin 2016, une réunion au sommet orchestrée par l'Onusida a maintenu des engagements ambitieux au niveau mondial, mais sans certitude de financements à la hauteur des objectifs. Les inquiétudes financières sont réelles, elle ont été martelées pendant la conférence Aids 2016 à Durban et elle étaient sur la sellette, à Montréal ce week-end, pendant la conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Que pensez-vous de ces perspectives ? Sont-elles réalistes ? Venez partager votre avis sur la fin de l’épidémie et les moyens d’y parvenir pendant le chat thématique, mardi 20 septembre de 21h à 22h, en compagnie d'Ernesto.

Commentaires

Portrait de ernesto-seronet

Une demi-douzaine de  personnes mardi dans le chat pour apprécier les objectifs 90-90-90 de l'Onusida. Si celui-ci n'est pas connu d'emblée de tout le monde, c'est souvent de depuis leur expérience personnelle que les participants mettent en perspective cet objectif. Pour certains, malgré les recommandations aujourd'hui universelles, la mise sous traitement immédiat ne va pas de soi : on invoque la lourdeur du traitement, de possibles effet secondaires pour ne pas vouloir imposer à la majorité cet accès immédiat aux soins qu'on hésite encore à prendre pour soi. Toutefois, pour la grande majorité, c'est au contraire l'espérance de vie prolongée de plusieurs dizaines d'années que confère l'accès au traitement, et qu'on souhaite voir se généraliser. Certains ne croient pas l'objectif réalisable, ou le voient se concrétiser mais à une échéance plus lointaine, car, étape essentielle, on juge que les personnes ne vont pas se faire dépister. Vient ensuite l'obstacle possible du manque de financement, au regard du coût actuel des traitements, et qui pourrait compromettre la réussite de cette entreprise. Enfin même si la science a accompli d'énormes progrès en 20 ans, certains tempèrent l'optimisme quant aux avancées de la recherche et jugent qu'une partie des médecins eux-mêmes peut constituer un frein dans la poursuite du but, quand d'autres accorderaient plus de confiance à la mise au point d'un vaccin comme voie la plus probable pour atteindre cet objectif.

Vous êtes invité-e-s comme d'habitude à poster sur ce thème vos commentaires et réactions à la suite de celui-ci , et à exprimer ici vos suggestions de thèmes que vous souhaiterez aborder dans les mois à venir, ou d'évolution du "format" de ces chats thématiques.

La semaine prochaine, revenant à des mesures plus raisonnables, nous nous pencherons sur Gina Lollobrigida, le 90-60-90, qui pourrait paraitre plus facilement à portée de main.