Pétition pour un accès large à la chloroquine

9 Avril 2020
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Une pétition lancée par l'ex-ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, et le professeur Christian Perronne, chef du services des maladies infectieuses de l'hôpital Raymond Poincaré de Garches, et signée par des personnalités médicales et politiques comme Michèle Barzach, ancienne ministre de la Santé et médecin, le docteur Patrick Pelloux, les professeurs François Bricaire, Marc Gentilini, Jacques Marescaux, Catherine Neuwirth, etc., demandant à assouplir les possibilités de prescription de la chloroquine contre le Covid-19 avait recueilli plus de 235 000 signatures le 7 avril. La pétition baptisée « #NePerdonsPlusDeTemps », lancée sur la plateforme Change.org, vise à élargir les traitements à l'hydroxychloroquine des personness atteintes du Covid-19, en autorisant leur prescription sans attendre qu'elles soient atteintes d'un stade aggravé de la maladie. Une autre initiative allant dans le même sens émane de trois médecins reconnus. Dans une tribune publiée sur le site du Figaro, l'ancien directeur scientifique de l'Institut national du cancer Fabien Calvo, l'ancien président de la Haute autorité de santé Jean-Luc Harousseau et l'ancien directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, Dominique Maraninchi. recommandent d'appliquer le traitement préconisé par le professeur Didier Raoult, qui prône l'usage de l'hydroxychloroquine dès l'apparition des premiers symptômes du coronavirus. « Le point fort des essais du Pr Raoult est, de notre point de vue, une diminution très rapide de la charge virale avec négativation des recherches virologiques dans plus de 90 % des cas en moins de huit jours, ce qui pourrait permettre d'éviter l'aggravation et en particulier le transfert en réanimation », plaide cette tribune. « Sur cette base, la stratégie serait plutôt donc de proposer un traitement précoce avant la survenue de complications respiratoires sévères », défendent les trois médecins. Face à ces pressions multiples, le ministre de la Santé Olivier Véran a, quant à lui, de nouveau appelé samedi 4 avril à ne pas brûler les étapes. Dans un entretien au média en ligne Brut, le ministre a souligné qu'on connaitrait dans les prochains jours les premiers résultats intermédiaires d'études cliniques (dont l'essai européen Discovery), qui visent à déterminer si la chloroquine mais aussi « d'autres médicaments prometteurs » sont efficaces quand ils sont pris dès le début de la maladie. Selon un sondage Ifop publié lundi 6 avril dans Le Parisien, 59 % des Français-es estiment que le protocole à base de chloroquine est efficace contre le coronavirus, 21% ne se prononcent pas. Ce traitement provoque de vifs débats depuis plusieurs semaines. Ils sont 49 % à vouloir que sa prescription soit étendue aux médecins de ville. Ils sont toutefois 55 % à répondre favorablement à une prescription restreinte aux malades graves.

Étude Ifop pour Labtoo réalisée par Internet du 3 au 4 avril 2020 auprès d’un échantillon de 1 016 Français âgés de 18 ans et plus.

Commentaires

Portrait de jl06

Le Pr Émile Ferrari dirige le service de cardiologie à l’hôpital Pasteur à Nice. Il revient sur l'association hydroxychloroquine-l'azithromycine dans le cadre des formes sévères de Covid-19.

Le CHU de Nice, comme d’autres établissements, teste l’association hydroxychloroquine-azithromycine, chez des patients hospitalisés avec des formes sévères de Covid-19. Comment ces patients sont-ils suivis d’un point de vue cardiologique?
"Nous avons mis en place une méthode de surveillance 7/7 et H24 ; tous les secteurs Covid du CHU de Nice nous envoient les enregistrements de l’ECG [électrocardiogramme, ndlr] des patients. Nous les interprétons en direct et leur signalons les anomalies qui prédisposent à une toxicité. Et qui imposent alors un arrêt du traitement."

Cela s’est-il déjà produit?
"Oui, dès le début de l’essai. Grâce à ce suivi par ECG, nous avons mis en évidence des risques majeurs d’accident gravissime chez une patiente, et le traitement a aussitôt été stoppé."

Comment s’explique ce risque toxique sur le cœur?
"Les cellules du cœur possèdent une activité électrique spontanée, ce qui permet de générer la contraction cardiaque. Cette activation se passe un peu comme un courant alternatif avec une phase de contraction et une phase de récupération. Ces phases sont ordonnées et successives.Certains médicaments ou certaines conditions peuvent désynchroniser ces phases. Il peut alors survenir un chaos, un grand désordre dans le courant électrique des cellules du cœur avec un risque de "court-circuit"; le rythme cardiaque s’emballe, il est désordonné, ce qui ne permet plus au muscle cardiaque d’être efficace. La baisse du débit sanguin consécutive entraîne alors des vertiges, des malaises, une syncope… jusqu’à l’arrêt cardiaque qui sont la traduction des arythmies graves."

L’hydroxychloroquine et l’azithromycine sont largement prescrits en dépit de ces risques…
"Lorsque l’hydroxychloroquine est donnée toute seule, le risque cardiaque est très faible. En revanche l’antibiotique (azithromycine) qui est prescrit systématiquement en association avec l’hydroxychloroquine dans le protocole anti-Covid favorise lui aussi ces anomalies. Le risque cardiologique est alors potentialisé, a fortiori, s’il existe d’autres médicaments associés qui ont le même effet indésirable, si l’oxygénation du sang ne se fait pas bien ou encore si le potassium dans le sang est bas. Aussi, ces médicaments, s’ils sont prescrits, doivent l’être avec une surveillance de l’ECG à J0 et à J2 minimum."

Votre avis personnel sur ce cocktail?
"Certes le Covid-19 tue mais il ne faudrait pas, chez des patients, dont l’évolution spontanée est favorable et en particulier chez des patients ambulatoires, que le remède soit plus néfaste que la maladie elle-même."

EX  : moi sous Beta bloquant .....très compliqué  .....