Le cannabis médical, une nouvelle chance

15 Septembre 2020
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Médecin, nutritionniste et médecin du sport, Pascal Douek est atteint depuis 2012 d’une sclérose en plaques. Il est, lui-même, utilisateur de cannabis médical, auquel il vient de consacrer un ouvrage : Le cannabis médical, une nouvelle chance. Pourquoi ? Pour qui ? Comment ? À l’heure où le cannabis médical va être expérimenté en France, cet ouvrage entend être la « référence » pour « découvrir tout le potentiel d’un médicament qui pourrait concerner à terme jusqu’à un million de malades ». Forte de sa triple casquette de médecin, de malade éligible à l’expérimentation et d’expert membre du comité scientifique de l’Agence nationale de sécurité du médicament sur le cannabis thérapeutique, Pascal Douek répond dans cet ouvrage à toutes les interrogations soulevées par l’expérimentation française : quels sont les bienfaits du cannabis médical sur la santé ? Quelle différence entre le cannabis récréatif et le médicament ? Pourquoi la France est-elle en retard par rapport à ses voisins ? Qui sera concerné-e par l’expérimentation ? Quelles maladies pourront être traitées ? Sous quelle forme sera produit, commercialisé et administré le cannabis médical? Qui pourra en prescrire ? Des effets indésirables peuvent-ils exister ? Quelle législation s’applique à la culture des plants en France ? À combien se chiffre le marché mondial du cannabis médical ? Comment le cannabis médical est utilisé dans les autres pays ? Une filière de production de cannabis médical pourra t’elle voir le jour en France ? Bref de quoi comprendre tous les enjeux.
Le cannabis médical, une nouvelle chance. Pourquoi ? Pour qui ? Comment ? par Pascal Douek, préface du professeur Amine Benyamina et Emmanuelle Fontaine-Domeizel (députée des Alpes-de-Haute-Provence). Éditions Solar. 19,50 euros.

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Cannabis médical: les députés veulent expérimenter "vite" et autoriser une production françaisePAR AFP Mis à jour le 16/09/2020 à 16:09 Publié le 16/09/2020 à 16:08

Illustration.

 

Illustration. Photo AFP

Des députés ont pressé mercredi le gouvernement d'agir "vite" pour rattraper le "retard préoccupant" pris par l'expérimentation très attendue du cannabis médical en France, et plaidé pour la mise en place d'une filière nationale de production de cette plante jusqu'ici illégale.

Dans son rapport d'étape, la mission parlementaire en charge de la question a dénoncé le "retard fort regrettable" pris par ce projet, alors que "la France est à la traîne sur la question du cannabis thérapeutique", déjà autorisé dans de nombreux pays européens.

Le gouvernement "n'a pas agi de manière suffisamment volontariste", a déploré le président de la mission, le député Robin Réda (LR) en présentant le rapport à la presse.

"Pour les patients aujourd'hui, ce n'est plus supportable d'attendre un peu plus", a ajouté son rapporteur général Jean-Baptiste Moreau (LREM). "Il faut que la France sorte de la préhistoire en matière de cannabis, une plante qui est une drogue mais qui peut aussi être un médicament".

L'Assemblée nationale a autorisé en 2019 l'expérimentation du cannabis thérapeutique pour au moins 3.000 patients souffrant de maladies graves comme certaines formes d'épilepsie, des douleurs neuropathiques ou d'effets secondaires de chimiothérapie.

Elle devait initialement débuter en septembre, avant d'être repoussée à janvier par les autorités sanitaires, qui expliquent avoir été retardées par les imprévus liés à la gestion de l'épidémie de nouveau coronavirus.

La semaine dernière, une cinquantaine de médecins et d'associations de patients, inquiets, ont réclamé "la publication du décret (autorisant l'expérimentation) dans les plus brefs délais", afin de proposer les traitements "dès le premier trimestre 2021".

"Plus aucun retard ne doit être pris", a insisté mercredi la mission, en rappelant que l'autorisation délivrée par l'Assemblée nationale n'était valable que jusqu'au 31 décembre 2021.

M. Moreau s'est dit prêt à présenter une proposition de loi si le gouvernement n'agit pas rapidement.

"GÉNÉRALISATION"

En attendant, la mission parlementaire a émis plusieurs recommandations pratiques concernant l'expérimentation.

La production de cannabis étant interdite en France, l'Agence du médicament (ANSM) va devoir dans un premier temps sélectionner des fournisseurs étrangers pour importer les médicaments nécessaires, qui se présenteront sous forme d'huiles, de gélules et de fleurs séchées à vaporiser - le cannabis à fumer sera exclu.

Pour assurer le "déroulement impartial" du projet, les députés réclament de "renoncer à la gratuité" et d'acheter ces médicaments en dotant l'expérimentation d'un budget propre. De quoi éviter que les laboratoires limitent la variété de produits fournis et les soupçons de conflit d'intérêt.

Le rapport anticipe une "généralisation" du cannabis médical en France et préconise d'élargir les pathologies pour lesquelles les médecins seraient autorisés à prescrire lorsque les autres traitements ont échoué.

A terme, "700.000 patients" pourraient recourir à des traitements médicaux à base de cannabis, selon le rapport.

Face à ces besoins, les députés veulent développer une "filière entièrement française du cannabis thérapeutique". Laisser ce marché à des entreprises étrangères serait une "aberration économique et sanitaire", estiment-ils, alors que de nombreux agriculteurs souhaitent produire du cannabis.

La mission souhaite donc modifier la loi, qui interdit actuellement de cultiver des plants de cannabis contenant plus de 0,2% de THC - la molécule psychotrope du cannabis - et d'en récolter les fleurs.

La régulation de cette production médicale pourrait ensuite être confiée à "un organe public", chargé de contrôler "la qualité" des produits et de sécuriser leur "stockage", comme en Allemagne.

Enfin, le rapport réclame de former l'ensemble des médecins et des infirmiers à l'utilisation du cannabis médical, d'engager une réflexion sur le statut du cannabis pour permettre le remboursement des médicaments, et d'intensifier la recherche pour fixer un seuil au-dessous duquel les patients consommant du cannabis médical seraient autorisés à conduire.