Un compagnon de longue date

Mots clés  : jeunesolitude

Bonjour,

Ca fait 6 ans exactement que j'ai appris mon statut. En plus de ça il s'agissait d'une co-infection avec un herpès genital pour rendre ça plus fun. Au bout de 3 ans et d'une bonne dépression j'ai enfin réussi a encaissé et commencer mon traitement (Triumeq puis changement pour odefssey) et aujourd'hui charge viral indétectable depuis 2 ans et demi. Niveau traitement ça va, je pense n'avoir qu'un oubli et je n'ai eu aucun effet secondaire. Grâce à mon ancien psy j'ai remonté la pente et je prends à nouveau plaisir à faire des choses.
Par contre depuis quelques mois je constate que dans mon cercle d'amis tout le monde s'installe et commence à réfléchir à fonder et une famille et à bientôt 28 ans et une traversée du désert de 6ans la solitude commence à me ronger. Mais je sais d'avance qu'avec mon combo d'infections mes chances sont vraiment réduites. Je ne pense pas être non plus prêt à essuyer refus sur refus de peur de refaire une dépression.

Bref à même pas 30ans je m'imagine déjà une vie de solitude. J'espère que c'est juste moi qui m'imagine le pire et qu'avec encore un peu temps (pas trop qd même) je finirai par rencontrer la bonne personne.

 

Commentaires

Portrait de X-ite

Evidemment qu'une affection au VIH peut donner à réfléchir sur son statut, ses amis, ses amours, sa vie future. 

Bien que ceci n'ait plus aucun sens en 2021, indétectable, signifie donc que tu es comme un séronégatif, qui à la différence doit prendre un traitement à vie, tu peux donc fonder une famille sans risque si c'est ton choix, avoir un ou des partenaires sans risque de transmettre le vih. Une dépression est-elle vraiment propice à une maladie qui est presque immaginaire en 2021 dans les pays développés... Tu aurais eu de quoi déprimé dans les annéees 80 car tu avais des chances de mourir ; en 2021, tu as des chances de vivre aussi vieux qu'un séronégatif et tu n'as plus avoir de craintes en te disant, vais-je transmettre le vih à mon/ma partenaire.... Un bilan semestriel suffit à te convaincre que tu n'es plus un pestiféré. L'avenir t'appartient, c'est à toi de l'utiliser, convaincre tes relations ne peuvent qu'être plus simple, il y a suffiament de documentation aujourd'hui pour te convaincre d'exister d'avantage. 

Quand à l'oubli d'une pilule, tu dois sans doute savoir que quand on est indétectacle depuis plusieurs mois, avec un historique qui ne pose aucune difficulté. prendre 4 pillules sur 7 jours suffisent à garder une charge virale indétectable, étude quatuor. Donc si tu fais un oubli de temps à autre, ta santé ne va pas se dégrader pour autant. Par contre tu oublierais volontairement ton traitement alors que tu ne serais pas indétectable, ce serait déjà plus grave. 

Bonne soirée. 

Portrait de Superpoussin

Bonjour, je ne sais combien de refus liés au VIH tu as subi mais il faut savoir que la façon dont nous vivons les choses impacte celle dont nous les disons et comment celles-ci sont comprises. Si pour toi le VIH est un truc hyper grave il y a de fortes chances que tes interlocuteurs le perçoivent ainsi et prennent peur. Si au contraire tu finis par accepter cela comme une chose aujourd'hui bégnigne sur le plan physiologique alors tu pourras en parler avec davantage de légèreté et les autres te percevront plus probablement comme n'étant pas réduit à ce virus.

Dans ton petit malheur de porteur du VIH tu as quand même la chance d'être homosexuel et ainsi d'avoir de grandes probabilités pour ce qui est de ta vie sexo-sentimentale d'avoir à faire à des personnes en moyenne beaucoup mieux informées que les hétéros de bases qui presque toujours en sont eux restés aux années 80 pour ce qui est du VIH (OK cela peut arriver aussi chez des homos mais c'est moins systématique).

Pour ce qui est de l'herpès c'est je crois un peu l'inverse que pour le VIH: cela s'attrape facilement et peut demander des précautions, en revanche comme c'est un truc très fréquent personne n'a peur de l'attraper (et puis pas de business associatif autour de la peur de l'herpès)

Ne renonce à rien, nous sommes en 2021, pas en 1991.