"Une question de vie ou de mort !"

Publié par Antonio le 06.07.2008
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Père de six enfants, Antonio a 46 ans. Il vit seul à Mulhouse loin de sa famille restée au Cameroun, pays qu’il a été contraint de quitter pour la France afin d'y être soigné efficacement.

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J'ai vécu une partie de ma vie sans savoir que j'étais séropositif. Je l'ai découvert chez moi au Cameroun en avril 2006. J'ai commencé mon traitement dans mon pays avec une trithérapie pendant trois mois mais elle n'a pas marché sur moi. J'ai fait un zona. Le médecin m'a conseillé de changer de traitement. J'ai fait de nouveaux examens et là j'ai appris que j'étais co-infecté au VHC. Chez moi, je ne disposais pas de traitements pour ça et comme j'avais besoin de nouveaux traitements VIH qui n'étaient pas disponibles, je me suis retrouvé en France. J'y suis arrivé fin 2006, seul. J'ai laissé ma famille au Cameroun. Pour moi, c'était une question de vie ou de mort. Une fois suivi en France, j'ai compris que j'allais pouvoir vivre longtemps grâce à un nouveau traitement. Un traitement qui fonctionne.
Pour le moment, je vis dans un foyer où j'ai choisi de ne pas dire que j'étais séropositif. C'est aussi ce que j'avais fait chez moi car avant même que je me découvre séropositif j'avais déjà constaté que les séropositifs se trouvaient rejetés, qu'on les évitait. J'ai même connu un jeune homme de 21 ans qui a préféré en finir parce qu'il était rejeté y compris par sa famille. Il pensait qu'il ne pourrait jamais avoir d'enfant. Il ne voyait pas comment il pouvait vivre en étant séropositif. Pour moi, les choses ont été différentes. En discutant avec mon médecin au Cameroun, je me suis fait à l'idée que le VIH était une maladie comme une autre. Cela m'était arrivé comme j'aurais pu avoir la polio ou autre chose. Il serait bien que tout le monde voit les choses ainsi. Mais ce n'est pas le cas.


À Paris, j'ai fait le 115, le numéro du Samu social, je n'avais aucune ressource. J'ai rencontré quelqu'un qui m'a dit qu'on pourrait m'aider à Mulhouse. Là bas, j'ai fait la connaissance de AIDES. Une assistante sociale efficace m'a conseillé. C'est grâce à elle que j'ai obtenu une place dans ce foyer mais les choses n'ont pas été faciles. Lors d'un premier entretien, les responsables du foyer m'ont posé plein de questions sur ma santé que je ne voulais pas évoquer. Chacun doit faire son métier : la santé, c'est le médecin. Je sais qu'ils ont eu le culot d'appeler l'hôpital pour poser des questions sur mon dossier. L'hôpital a refusé de répondre. Ils ont appelé l'assistante sociale qui a refusé de répondre. J'ai néanmoins parlé de mon problème d'hépatite C, on m'a alors dit que le foyer n'accueillait pas de toxicomane. Mais moi, je n'ai jamais consommé de drogues et je ne me suis jamais fait d'injection ! Finalement, le foyer m'a accepté. Au foyer, les responsables demandent aux personnes sous traitement qu'on leur laisse les médicaments. Après, il faut se présenter à leur bureau pour les obtenir. Moi, je refuse d'être traité comme un enfant alors j'ai dit que je ne prenais rien. Dans ma chambre, je les cache et lorsque je sors je les prends avec moi parce que j'ai remarqué que parfois ils vont dans les chambres en l'absence des résidents. Comme ça, je suis sûr qu'ils ne les trouveront pas. Cette situation est difficile pour moi. C'est pour cette raison que j'ai monté un dossier pour bénéficier de l'allocation adulte handicapé cela devrait m'aider à avoir les moyens de trouver une chambre, d'être autonome et d'être finalement libre.

(Antonio est un prénom d'emprunt, crédit photo : Daniel Hérard )

Commentaires

Portrait de Anonyme

notre amie séropositive qui attendait avec anxiété le renouvellement de son titre de séjour a vu son titre reconduite pour un an... c'est une très bonne nouvelle ! courage à toi, antonio ! tu n'es pas seul... SOLIDARITE ENTRE TOUS LES SEROPOS
Portrait de Anonyme

on peut considérer que la France ne peut pas accueillir ni soigner tous les séropositifs déshérités de la planète (notons au passage que la plupart des migrants séropos sur notre sol ont appris leur contamination en France) certes mais quand on a dit ça on n'a pas avancé d'un poil... parce que la lutte contre le VIH/Sida est une lutte globale, une lutte qui met en relief la fracture Nord/Sud... si on ne veut pas que les séropositifs viennent en France pour se faire soigner (la maladie incurable aux traitements souvent inaccessibles est une motivation puissante pour s'exiler y compris en tant que clandestin) il faut alors que les pays les plus riches permettent enfin aux Africains de se soigner, ce qui passe d'abord par le non-soutien aux dictateurs corrompus qui détournent les aides... et quand on voit que le G8 reporte son aide de 25 milliards d'euros (excusez du peu) à l'Afrique on se dit qu'on ne va pas du tout vers une baisse de l'épidémie en sur ce continent mais vers sa pérennisation et donc, par conséquent, vers toujours plus de migrants clandestins s'échouant sur nos côtes sud... (on peut aussi, remarquez, considérer qu'ils n'ont qu'à crever noyés et bouffés par les poissons, s'en se préoccuper davantage de leur sort) je considère pour ma part que ne pas venir en aide à des malades en danger de mort (sans traitement le VIH vous tue) c'est faire de la non-assistance à personne en danger et que cela confine au crime contre l'humanité
Portrait de mir

je vis avec un homme de 43 ans sero depuis environ 6 ans il s 'es separé de sa femme car il ne s'entendaient . et moi je l'ai rencontrer par hasard et on a sympatiser . il m adis qu il est divorser depuis 5 ans c 'etait un mensonge et m'a cacher sa serologie il m a proposer une vie de couple j'ai pas dis non on s'aimait( bref c'est cequ'il me montrait) je connaissais moi ma serologie avant de le rencontrer car ici il faut vraiment le savoir pour mieux vivre mais ceque j'ignorais c'est ce que j'avais eviter toute ma vie je m'i etais enfoncer. je suis passé d'avortement en avortement car il ne voulait pas d'enfant. de 2004 lors de notre rencontre jusqu'a 2006 j'etais negative car je suis allé faire le test qui se montrait propre ..en 2007 (nov,) j'ai encore conçu et je déside de garder l'enfant c'est alors que cette fois je suis sero. le monsieur ma fait plusieur menace juridique j'ai donc fouillé ds ses affaires et j'ai découvert que c'est un encien malade sous antiretro depuis 2003. il a nié coe il a une arme il m'a menacer de me tué. j'ai pas eu trop peur j'ai pris mon courage et j'ai fais les photocopie de ses ordonances et j'ai rencontrer son medecin. j'ai eu fils il a 9 mois ds quelque jours et le monsieur ne s' occupe plus de moi puisqu'il m'abandonner ds sa propre maison pour une nvelle conquete et mon bebe a une hernie qu'il faut opérer et j'ai pas de moyen pour le faire car je ne travaille pas. la famille du monsieur s'en moque personne ne s'occupe de moi. je ne sais plus quoi faire. et la loi ici au cameroun n'a pas encore decider a sention pour ce genre de déli.. je cherche le boulot tout les jour mais je ne trouve rien.
Portrait de ginia

Ma soeur, ton histoire me fait bien mal au coeur, et les hommes restent assez malhonnêtes dans notre pays. Ce que je te conseille déjà, tu peux te raprocher des personnes infectées comme toi, en allant vers un association de personnes vivant avec le VIH. Nous avons quand même le REDS (réseau éthyque sur le droit et le SIDA) qui se bat pour l'adoption de loi à l'Assemblée Nationale sur le SIDA. Entre temps aussi, ils éssayent de défendre les droits des pvvih. Tu seras désormais appélée à te battre pour la vie de ton bébé en ne te croises pas les bras

Beaucoup de courage ma soeur,

bisous