La planète surpeuplée ou l'humanité en panne d'idéal ?

Publié par Ferdy le 02.11.2011
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Il suffit de voir avec quel enthousiasme prudent l'opinion mondiale s'est félicitée du dernier recensement universel – évalué à 7 milliards d'individus, pour comprendre que le message de bienvenue était assorti d'un relent de terreur à peine dissimulé.
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Notre frêle embarcation pourra-t-elle supporter longtemps encore cet afflux constant de nouveaux prédateurs ? En plus de l'insoutenable pression exercée sur les ressources naturelles (alimentaires, énergétiques, hydrauliques, etc.), la menace que constitue l'accroissement démographique galopant s'étend à tout un ensemble de nuisances dont l'impact sur l'écosystème planétaire ne saurait être, à ce jour, globalement apprécié.

Tous ces nouveaux candidats, futurs insoucieux émetteurs de carbone et de déchets, apparaissent désormais comme autant d'intrus indésirables au festin d'une humanité hédoniste qui anticipe déjà, dans les pays dits développés, ses frustrations par un repli coupable et morose. Du moins, est-ce ainsi que l'écologie politique tend à se radicaliser, en prônant un ascétisme tardif et une prétendue gestion vertueuse de son patrimoine. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, les héritiers, au lieu de dilapider une fortune si facilement acquise – comme ils l'avaient toujours fait -, s'inquiètent du développement durable et de la transmission d'un bien que l'on croyait éternel. Ce changement de cap, lui-même assorti d'une responsabilisation honteuse, se trouve cependant entaché de contradictions inhérentes au statut de légataire universel. D'un côté, si le devoir lui impose de maintenir le domaine en l'état, d'un autre, il s'avoue vaincu par l'étendue des travaux à entreprendre, lorsqu'il considère que les plus douloureux sacrifices ne sauraient suffire à la postérité d'un legs déjà chancelant.

Dans son dernier essai, Le fanatisme de l'Apocalypse (*), Pascal Bruckner tente un parallèle assez audacieux entre le catastrophisme écologique annoncé et les prophéties bibliques du châtiment humain.
Je peux en parler avec d'autant plus de liberté que, comme vous, je ne l'ai pas lu. Il y fustige la culture de la peur tout autant que l'éloge de la frugalité, osant dénoncer ce nouveau despotisme d'une prise de conscience écologiquement correcte, qui propulse l'humanité tout entière dans une zone de péché aspirant à sa pénitence. Dans ce pamphlet expiatoire, l'auteur y dénonce (et là, je le cite) : "la course de vitesse engagée entre les forces du désespoir et les puissances de l'audace". Pascal Bruckner (63 ans) qui fut, tour à tour, khâgneux, trotskiste, maoïste, romancier, essayiste, enseignant, maître de conf à Sciences-Po, éditeur et chroniqueur au Monde et au Nouvel Observateur, s'en prend à la rhétorique chrétienne des écolos annonçant le péril austère et la fin du monde. N'hésitant pas à inviter Nostradamus et le maréchal Pétain, il détricote ces innombrables injonctions au repli, lesquelles, au prétexte de la dette carbone, condamneraient l'humanité à l'immobilisme et au vélo pour tous.

Inversant enfin cette lancinante litanie accablée, si convenue, l'interrogation polémiste de Pascal Bruckner autorise à reconsidérer la problématique de la succession sous un jour plus pertinent : "Quels enfants allons-nous laisser à cette Terre ?".

(*) Grasset, 280 pages, 20 euros.

Commentaires

Portrait de Mojito

Avec 7 milliards d'humains , que va devenir notre planète bleue ? Et les autres ètres vivants , je veux bien sur parler des animaux sauvages et des milieux naturels vont-ils disparaitrent pour laisser la place à l'humain, à ses destructions et constructions en tout genre? Dans quel monde surpeuplé allons nous vivre ? Je souhaite faire partager un texte matière à reflexion: "Sept milliards d'animaux humains, et les autres ? ": http://www.ecologie-radicale.org/actu/new_news.cgi?id_news=2277.

Salutations à tous. 

Portrait de Phallus

Cet article est un fatras d'angoisses hors sujet, qui prouve que son auteur ne connaît pas la démographie. D'entrée de jeu, il est question d'un "accroissement démographique galopant" de l'humanité. C'est faux ! Partout sur la planète, dans tous les pays sans exception (sauf peut-être la malheureuse Somalie), la population est entrée dans la transition démographique. Cela signifie que la fécondité par femme a décrû sensiblement. Dans certains pays du tiers-monde, dont la natalité explosive pouvait nous inquiéter encore dans les années 60, on trouve des taux inférieurs à 2, ce qui n'assure pas le renouvellement des générations. Les démographes, qui, eux, connaissent le sujet, estiment le maximum de la courbe mondiale aux environs de 9 milliards vers 2050, et ensuite la population mondiale décroîtra. Ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les experts, et notamment l'ONU.

En revanche, l'Allemagne se suicide à pas lents sous nos yeux ; la Russie a déjà perdu 20 millions d'habitants, guerres et alccolisme aidant, depuis Gorbatchev ; la Chine, avec sa politique de l'enfant unique, qui provoque le "féminicide" dans bien des régions de ce pays, est très mal partie. L'agriculture mondiale peut nourrir 9 milliards d'habitants, et même davantage, avec une nourriture de qualité ; le problème agricole n'est pas la production, mais la répartition.

Alors Ferdy peut trouver dans le révisionisme de Pascal Bruckner matière à alimenter la dénégation  des réels enjeux qui se posent à l'humanité dans les prochaines années (et accessoirement au peuple français, qui va élire son président et ses députés dans quelques mois ; hasard du calendrier ?), enjeux que seuls les écologistes, et Europe Ecologie Les Verts en particulier, me paraissent appréhender dans leur globalité. On peut être fasciné par l'énergie nucléaire, malgré Tchernobyl et Fukushima ; on peut ne voir que dans une hypothétique croissance la solution au chômage et la sortie de la crise financière, alors que l'on sait très bien que la croissance n'est plus possible dans les conditions qui ont été les siennes pendant les "trente glorieuses". On peut brocarder la "rhétorique chrétienne des écolos annonçant le péril austère et la fin du monde" (citation de Ferdy). Il n'en reste pas moins qu'il faut savoir de quoi l'on parle.

Et je m'étonne que les modérateurs de ce site aient choisi de publier en "une" cet article  sur "la planète surpeuplée". Ferdy a le droit d'avoir l'opinion qu'il veut, mais la rédaction de ce site doit tenir compte du fait que les "écolos annonçant le péril austère et la fin du monde" sont aussi des lecteurs séropositifs de Séronet. Je n'aurais pas réagi de la même façon si l'article de Ferdy avait été noyé dans les pages intérieures.

Portrait de frabro

Le propre de cette chronique est d'être une tribune libre dans laquelle Ferdy s'exprime à sa façon souvent ironique et toujours avec talent sur des sujets d'actualité ou plus philosophiques.

Comme je sais qu'il s'interdit de répondre aux attaques pour ne pas transformer cet espace  en champ clos des polémiques, je veux juste lui renouveler mon soutien ainsi qu'à l'équipe de Seronet qui défend ici la liberté d'expression dans le respect de la Charte.

Portrait de brw40

L'humour au second degres se perd ..... le monde est une bombe .... la vie est un drame.... et le talent de l'ecriture un acte de nevrosé .....non mais ca va pas non ???

j'ai pas vraiment envie de lire des chiffres deprimants ....

Continue Ferdy  on adore tes proses Clin d'oeil et bravo à seronet pour savoir detecter le talents des ses utilisateurs 

Portrait de klaatu

Pour réagir à une question en quelques mots, je prends un peu de mon temps pour soutenir.

Le rôle d'un éditorialiste et surtout de son opinion n'a pas forcément vocation à répondre et à se conformer à la pensée unique que souhaiterait, un lecteur lambda, lire pour se conforter dans ses idées.

Un médium qui ose l'effronterie, l'audace voire l'outrecuissance de proposer, une approche, un angle de vue, une analyse, une fable, une histoire, un sentiment, une opinion, un apophtègme, un discours, une catachrèse, de nature différente est à apprécier.

Salutaire et donc cette respiration, quelle fût de bonne et de mauvaise facture.

Salutation donc à ceux qui osent justement s'ouvrir l'esprit à la critique constructive.


Jarrod mes encouragments.

Portrait de Phallus

J'ai posté un commentaire à la suite de cette levée de boucliers en défense de Ferdy. Celui-ci s'est évaporé. Censure ?
Portrait de Phallus

Je disais donc que, sur le sujet de la démographie comme sur tous ceux

Oh et puis merde !

Portrait de Sophie-seronet

Bonjour Phallus,

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Bien à toi, Sophie