Afravih 2022 : le condensé

Publié par Sophie-seronet le 12.04.2022
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L’Afravih, la plus grande conférence internationale francophone sur le VIH, les hépatites, la santé sexuelle et les infections émergentes, a tenu sa 11e édition en format présentiel dans la ville de Marseille du 6 au 9 avril 2022. Carrefour essentiel pour le monde francophone du Nord et du Sud, l'événement a réuni de nombreux-ses chercheurs-ses et activistes. Au total, 450 résumés issus de 38 pays ont été présentés.

L’Appel de Marseille

À l’occasion de la 11e conférence internationale francophone Afravih 2022, les organisateurs-rices de cet événement et Coalition PLUS se sont associés pour lancer un Appel aux politiques et à la communauté internationale. Il a pour objectif que soient mobilisés « tous les moyens nécessaires pour faire de la santé sexuelle un droit universel distinct de la santé reproductive ». Pour les initiateurs-rices de cet appel, le texte vise à affirmer que « le déploiement d’une offre de santé sexuelle doit être appuyé politiquement et soutenu financièrement car elle est le pilier d’un meilleur accès aux soins pour toutes et tous, en particulier à travers le système de santé communautaire ».
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Entendez-nous !

« Entendez-nous ! Entendez-nous ! Entendez-nous ! Fatou, Amanda, Emmanuel, Fanta, Habib, Keny, Adjovi, Tatiana, Dieu-Donné, Patrick »… Les militants-es du réseau Grandir Ensemble (VIH pédiatrique Afrique) ont investi la scène et prononcent les prénoms d’enfants et jeunes décédés-es des suites du sida. C’est le moment fort de la cérémonie d’ouverture de l’Afravih 2022, la plus grande conférence internationale francophone sur le VIH, les hépatites et la santé sexuelle. Nous sommes le mercredi 6 avril 2022 au palais des congrès du parc Chanot à Marseille. Après une édition 100 % virtuelle en novembre 2020 en raison de la crise sanitaire liée à la Covid-19, la conférence revient pour une onzième édition en format présentiel dans la cité phocéenne. Grandir Ensemble est un réseau qui regroupe dix-huit organisations dans onze pays d’Afrique. Son but, lutter pour la fin de l’épidémie de VIH chez les enfants, les adolescents-es et les jeunes en Afrique de l'Ouest, du Centre et Djibouti.
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Fonds mondial : la France doit payer !

« Sida, on meurt ! L'indifférence demeure ! Sida, on meurt ! La France doit être à l'heure », c'est le cri d'indignation des militants-tes de AIDES et Coalition PLUS qui se sont rassemblés-es, jeudi 7 avril 2022 vers 18 heures à Marseille sous l’ombrière-miroir géante, ce monument au design-futuriste de science-fiction planté en plein milieu du Vieux-Port. Ils-elles portent des pancartes avec un message : « Fonds mondial. Pour en finir avec le sida, la France doit payer ». Le même message est affiché sur une banderole géante déroulée par les militants-es. S’en suit un die-in et une minute de silence devant les passants-es interloqués-es. Le moment est solennel et l’enjeu de taille à trois jours du premier tour des élections présidentielles. En effet, à l’occasion de l’Afravih, AIDES a décidé de porter une demande d'augmentation de la contribution française de 50 %, c’est-à-dire deux milliards d’euros, au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Le septième cycle de reconstitution des ressources du Fonds aura lieu en septembre à New York. « Pendant la minute de silence que nous venons d’observer, trois personnes se sont infectées au VIH et une personne est morte. On peut arrêter cette hécatombe, il suffit de mettre les moyens », explique Camille Spire, présidente de AIDES.
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Santé communautaire : « nous sommes la lutte » !

Difficile de ne pas prêcher pour sa paroisse, mais force est d’admettre que le symposium de Coalition PLUS a brillé par sa clarté, ses prises de parole inspirantes et les recommandations puissantes qu’il a portées. Modéré par la docteure Bintou Dembele, administratrice de Coalition PLUS et directrice d’Arcad Santé au Mali, le symposium commence par une présentation de la genèse de la santé sexuelle au Mali par Bintou Dembele, elle-même. « Il y avait d’énormes besoins pour une population oubliée, explique-t-elle. Pour la militante, l’offre en santé sexuelle doit reposer sur trois piliers : une approche holistique, la défense des droits humains dans un espace sécurisé et une démarche communautaire au plus près du besoin des personnes.
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Innovations en santé pour tous-tes

L’innovation n’est pas que technologique, elle est sociale et sociétale. Il y a des enjeux d’accès équitable, et ces accès se renouvellent au fil du temps, comme l’a montré la crise de la Covid-19. Le Professeur Éric Delaporte (CHU de Montpellier) a présenté un essai clinique sur le dolutégravir. Présenté comme la « pilule miracle » dans les études faites au Nord, en raison du pool de participants-es (hommes, bonne santé). Les études menées avec l’ANRS ǀ MIE dans le Sud, auprès d’une file active de femmes à un stade avancé de la maladie, nuancent les données existantes sur l’efficacité et des effets indésirables jamais montrés comme la prise de poids. Ces données ont permis d’adapter les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Le passage à l’échelle accompagné et à l’étranger est essentiel dans l’introduction de produits de santé clés.
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Clôture avec le fonds mondial

Alors qu’on aurait pu penser que la conférence dresserait les impacts catastrophiques de la pandémie de Covid-19 sur la lutte contre le VIH, sujet d’inquiétude et de préoccupation qui compromet gravement l’atteinte des objectifs 2030, ce symposium Afravih a esquivé la question VIH dans la grande majorité des interventions. Gilles Brucker, modérateur de cette session avec Marie Préau de l’Inserm, commence par dresser des constats accablants. Le Fonds mondial demande 18 milliards pour financer ses programmes sur les trois prochaines années et, en parallèle, les milliardaires du monde entier ont engrangé 3 600 milliards durant la pandémie. Un chiffre vertigineux qui témoigne de l’appauvrissement des États au profit de la sphère privée qui accumule des patrimoines inimaginables. Marie Préau renchérit en expliquant que face aux retards de la lutte et à l’accaparement des richesses, il faut déployer des stratégies adaptées et non universalistes, ces dernières ayant prouvé leur inefficacité.
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Des brèves pour conclure

La conférence Afravih donne souvent l’occasion de mettre en avant l’intérêt de la démarche communautaire en santé dans le domaine de la prévention du VIH et des autres IST, de l’accompagnement des personnes vivant avec (accès aux soins et maintien dans le soin). Voici une sélection de travaux qui ont exploré l’intérêt des autotests du VIH dans différents contextes (Mauritanie, Maroc, France) et l’importance des pairs-es éducateurs-rices (Burkina Faso, Burundi, Mali et Île Maurice) dans la prise en charge du VIH et des hépatites virales.
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