IAS 2021 : comme si j'y étais

Publié par Sophie-seronet le 22.07.2021
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La 11e édition de l'IAS s'est tenue virtuellement du dimanche 18 au mercredi 21 juillet en direct de Berlin. Le programme très dense a abordé la question des traitements ARV à longue durée d’action, l’impact de la Covid-19 sur l’épidémie VIH, le déploiement de la Prep à grande échelle, les traitements VIH chez les enfants ou encore la santé des personnes trans, etc.

D’une pandémie à une autre

La nouvelle a fait le tour du web jeudi 15 juillet suite à la conférence de presse de lancement de l’IAS : un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme que le VIH serait un facteur de risque de développer une forme grave de la Covid-19 et d’en décéder. Cette analyse porte sur 15 500 personnes vivant avec le VIH et hospitalisées pour cause de Covid-19 dans 24 pays. Leur âge moyen était de 45 ans et demi, et plus d’un tiers avait une forme grave ou critique de la Covid-19. La quasi-totalité (92 %) suivait une thérapie antirétrovirale contre le VIH avant leur hospitalisation. Parmi le total de cas étudiés, près du quart (23 %) des patients-es dont l’issue clinique est documentée sont décédés-es à l’hôpital.
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La santé des personnes trans compte !

Avac, l’agence de recherche américaine spécialisée dans le VIH, a profité de la fenêtre médiatique autour de la conférence IAS pour lancer un manifeste pour l’inclusion des personnes trans et non binaires dans la recherche liée au VIH/sida. Selon Avac, les femmes trans ont 49 fois plus de risques d'être infectées par le VIH mais sont largement exclues de la recherche VIH. « Les efforts pour mettre fin à l’épidémie vont échouer si on ne trouve pas des solutions pour les personnes transgenres. Nous continuons d’être ignorées et négligées » a déclaré JD Davids (activiste trans et VIH). Ce manifeste a pour but de pousser les chercheurs-ses, la communauté scientifique et plus globalement le monde de la lutte contre le VIH à prendre des engagements pour s’assurer que les personnes trans et non binaires soient incluses de façon systématique dans les études et essais (en particulier les hommes trans, précise le manifeste). Un autre enjeu majeur est de s’assurer de l’efficacité de la Prep à la demande chez les personnes trans sous hormonothérapie. Le manifeste insiste également sur la nécessité de faire collaborer les sites de recherches locaux avec les communautés LGBT locales et en particulier les associations de personnes trans.
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Prep et bithérapie au programme

En plénière, Jennifer Hoy, professeure à l'université de Monash (Australie) a fait une présentation sur les dernières données des traitements ARV en bithérapies. Elle a montré les résultats de l’essai Tango qui comparait le passage à un comprimé unique de bithérapie dolutegravir/lamivudine (DTG/3TC) à une tri ou quadrithérapie à base de ténofovir alafénamide (TAF). L’essai a été un tel succès que tous-tes les participants-es sont passés-es en bithérapie à partir de la 148e semaine (Juillet 2019) et il n’y pas eu de changements observés sur les réservoirs. Les essais Atlas-2M et Flair ont également démontré l’efficacité de la bithérapie cabotégravir (CAB) – rilpivirine (RPV) en traitement injectable toutes les quatre semaines comparé à une trithérapie en une prise en une fois par jour par voie orale. Jennifer Hoy ajoute que non seulement ces bithérapies sont aussi efficaces que des trithérapies mais qu’elles ont moins d’effets indésirables et moins de toxicité sur le long terme. Elle avance aussi l’argument du coût financier. D’après ses projections, commencer par une bithérapie en traitement initial plutôt qu’avec une trithérapie pourrait faire économiser 800 millions de dollars sur une période de cinq ans aux États-Unis.
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Entre inquiétudes et espoirs

La première plénière de la journée était consacrée à la prise en charge du chemsex avec la présentation de Stéphane Wen-Wei Ku, de l’hôpital de Taipei (Taiwan). L’usage de drogue en contexte sexuel n’est pas nouveau. Cela existe depuis l’origine de l’être humain. Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et les hétérosexuels-les peuvent utiliser l’alcool, le cannabis et la MDMA lors des rapports sexuels, d’après les enquêtes récentes. Au Royaume uni, une consommation importante de la cocaïne et du cannabis est observée chez les hétérosexuels-les. Chez les HSH, le chemsex a pris de l’ampleur avec des produits très répandus comme le GHB, le crystal meth, la méphédrone ou la MDMA. Une méta-analyse montre des taux d’utilisation de méthamphétamines entre 3 et 38 %. C’est celle qui est aussi la plus injectée et très associée à des rapports sexuels sans préservatif. Le chemsex est plus répandu en Europe et aux États-Unis, un peu moins en Asie ou Pacifique.
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