IAS 2023 : que retenir ?

Publié par Sophie-seronet le 24.07.2023
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La 12e conférence IAS s'est tenue à Brisbane du 23 au 26 juillet 2023. L'occasion de faire le point sur les avancées scientifiques et sur la façon dont elles peuvent le mieux servir les personnes vivant avec le VIH.

U = U : l’OMS confirme l’efficacité du Tasp !

9h02 (heure de Paris) : la salle est pleine, la cérémonie d’ouverture s’ouvre sur une danse folklorique aborigène en guise de séquence « Bienvenue dans le pays ». « Oncle » Shannon Ruska, une star de la culture aborigène connue pour enseigner sa culture dans des émissions TV du monde entier, donne des explications à propos des différents groupes aborigènes d’Australie. Il demande au public présent dans la salle de danser avec lui avant d’enchainer sur une cérémonie traditionnelle de fumeurs. Ce genre de rite entre folklore et hommage à la tradition est devenu un peu un passage obligé dans ce genre de cérémonie. Un peu comme si le pays hôte voulait se donner bonne conscience…
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Quelles molécules pour demain ?

La Dre Claudia Cortes est spécialiste en maladies infectieuses et en médecine interne. Depuis 2005, elle s'est consacrée au VIH/sida tant dans les soins que dans la recherche. Elle occupe un poste de professeure associée à l'Université du Chili. Dans sa présentation, la chercheuse est revenue sur l’histoire des traitements VIH depuis l’arrivée des trithérapies efficaces en 1996 jusqu’aux traitements actuels et aux molécules de demain. Actuellement vingt-deux molécules plus deux boosters sont disponibles. L’espérance de vie des PVVIH est désormais très proche de la population générale. Mais, il y a les soucis d’observance (dépression, lassitude de prendre des comprimés tous les jours, etc.). Nous avons donc besoin de nouvelles options. Ces nouveaux médicaments doivent être accessibles, sûrs et pratiques. Le traitement doit améliorer la qualité de vie au-delà de l’efficacité immuno-virologique et garantir l’effet Tasp (Indétectable = Intransmissible). Il existe plusieurs dispositifs technologiques possibles : anneaux, implants, molécules injectables. Les défis sont la mise à disposition de larges volumes de ces outils, le besoin d’un lead-in (période d’induction du traitement), la question de la « queue pharmacocinétique » et les risques en cas de grossesses. Les implants sont bien connus, mais chers et ils nécessiteraient un-e professionnel-le pour les poser. Le patch serait plus facile à mettre, mais plus compliqué à concevoir.
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La Prep dans tous ses États !

d’ouverture avec une banderole qui dit : « DitesZero, U = U = Zéro risque, Source : Organisation mondiale de la Santé ». Sur scène, une activiste prend la parole : « En tant que personne vivant avec le VIH, cette recommandation de l’OMS nous donne de l'espoir pour mettre fin à la stigmatisation et aux nouvelles acquisitions du VIH. Nous ne sommes pas malades ! Nous ne sommes pas sales ! Nous ne sommes pas en train de mourir ! Mais nous voulons zéro [risque] et nous avons besoin de votre soutien. Dites zéro avec nous car nous sommes plus forts que le VIH ». Pas de colère ici, mais plus de la joie de voir enfin l’OMS reconnaitre la puissance du Tasp et recommander aux soignants-es d’avoir un message clair et sans ambiguïté auprès de leurs patients-es. Quinze ans après l’avis suisse et neuf ans après les résultats de l’étude Partner, il était temps ! Sur Twitter, l’IAS salue cette initiative : « Une manifestation à IAS2023 célèbre les recommandations de l'OMS qui encouragent les professionnels de la santé à dire qu'il n'y a AUCUN risque lorsque le VIH est indétectable. À l'IAS, nous accueillons les manifestations car le progrès se produit lorsque la science, la politique et l'activisme se rejoignent. #SayZero (dites zéro) ». Une information malheureusement mal reprise par certains médias spécialisés en santé français. C’est le cas du site de Pourquoi Docteur qui titre à ce sujet « Sida : transmission quasi-impossible par les patients sous antirétroviraux » puis ajoute dans son article « pratiquement aucun risque » en parlant du seuil de 1 000 copies alors que l’info principale de l’OMS et du Lancet était zéro risque de transmission en dessous de 200 copies. Quel dommage de ne pas saisir cette opportunité pour communiquer (enfin !) de façon claire et sans ambiguïté sur le message Indétectable = Intransmissible.
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Le poids des comorbidités

La cohorte Respond réunit les participants-es de 19 études en Europe et en Australie qui suivent plus de 107 000 personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Les chercheurs-ses ont observé une relation significative entre l’apparition de diabète (de type 2) et un traitement VIH à base d’anti-intégrases La relation est démontrée quel que soit l’IMC (indice de masse corporelle) bien qu’on sache que les anti-intégrases sont associés à une prise de poids et la prise de poids au diabète. Le risque de développer du diabète sous anti-intégrases est de plus 48 % que pour les autres combinaisons. À noter que dans cette étude, le diabète n’était pas mesuré par la glycémie à jeun, mais la glycémie au hasard, ce qui a pu engendrer un biais.
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