Le VIH est une maladie politique

Publié par jfl-seronet le 13.02.2012
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Philippe Poutou est le candidat du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) à l’élection présidentielle 2012. Sollicité par Seronet, celui qui se présente pour la première fois à la présidentielle, parle de sujets sur lesquels il s’est jusqu’à présent peu exprimé : lutte contre le sida, financement de la santé, légalisation des drogues, pénalisation, taxe sur les transactions financières, etc. Interview exclusive sur Seronet.

Crédit photo : Photothèque Rouge/JMB

Il y a plusieurs mois, différentes mesures législatives ont été prises concernant la situation des personnes étrangères et tout spécialement celles qui sont malades, qu’elles soient ou non en situation irrégulière. L’Aide médicale d’Etat (AME) a ainsi été largement réformée et le droit au séjour pour soins sévèrement attaqué. Que pensez-vous de ces décisions et quelle lecture politique en faites-vous ?
Ces mesures sont iniques et privent de soins de nombreux étrangers. Des secteurs entiers de l'économie fonctionnent avec ces travailleurs sans droits, au bénéfice du patronat. Le NPA est présent dans les mobilisations pour l’abrogation de toutes ces mesures, notamment les lois Sarkozy-Besson-Hortefeux qui bafouent les droits de l’homme et sont en contradiction complète avec les libertés démocratiques. Je suis évidemment pour la régularisation de tous les sans-papiers.

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Des organisations non gouvernementales réclament la création d’une taxe sur les transactions financières dites aussi "taxe Robin des Bois" dont le produit permettrait de financer la sante et le développement, la lutte contre la pauvreté et le changement climatique à l’échelle mondiale. Cette taxe pourrait rapporter, chaque année, des milliards d’euros. Etes-vous favorable à cette taxe et si oui comment comptez-vous la mettre en œuvre ?
D’après ses initiateurs, une taxe d’au moins 0,05% sur les transactions financières permettrait de lever selon les assiettes considérées entre 6 et 10 milliards d'euros chaque année en France, 220 milliards en Europe, et autant aux Etats-Unis. Il y a urgence à financer la lutte contre la pauvreté, les maladies. Donc, je ne suis pas contre une taxe. Comment la percevoir ? Cela ne pose pas de difficultés techniques insurmontables. Les transactions financières laissent des traces informatiques, passent par des intermédiaires. Le problème avec cette taxe Robin des bois, c’est qu’elle vise deux lièvres à la fois : d’un côté, les excès de la finance mondiale ; de l’autre, la nécessité de financer au niveau international, la santé, la pauvreté, la lutte contre le sida. Et une taxe à taux réduit est très insuffisante pour casser la spéculation financière qui est une des causes de la crise économique mondiale. Il faudra d’autres mesures : contrôle strict des mouvements de capitaux, socialisation du système bancaire et financier.

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Propos recueillis par Jean-François Laforgerie.