J’ai vécu deux grands combats

Publié par Annie le 22.01.2013
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En 2012, rien n’a changé selon moi. Tu peux tout avouer sauf ça ! Tu vis cachée, l’envie de mourir te taraude, mais j’ai vécu deux grands combats : l’un pour le petit être que j’ai perdu et l’autre pour F. Je ne regrette pas. Je pensais accompagner F. jusqu’à son âge adulte et me laisser partir, mais je dois continuer pour mes enfants.

Annie a appris sa séropositivité en 1989. A cette époque, elle a un nouveau compagnon, et est déjà maman de deux jeunes garçons de 6 et 9 ans issus d’une première union. Annie a précédemment subi un douloureux et traumatisant événement en perdant son premier enfant tout juste né ; l’annonce de sa séropositivité s’avère être un deuxième choc qui la jette, une nouvelle fois, à terre.

En 1994, Annie se retrouve devant une grossesse non désirée. Son compagnon est séropositif lui aussi et la peur du futur est vécue quotidiennement. Annie se bat car elle a déjà deux garçons, mais le souvenir du petit être qu’elle a perdu la pousse à prendre la décision de garder ce bébé. Son gynécologue et son médecin traitant sont contre cette grossesse, mais Annie lutte encore et encore avec l’intime conviction qu’elle prend la bonne décision.

Elle est mise sous AZT et est suivie à la maternité de l’hôpital Port Royal à Paris tous les mois. Son suivi est très bien assuré, et son accouchement se passe sans incident avec une équipe médicale qui la dorlote. Un petit garçon voit le jour, F., fierté de sa maman. F. est mis immédiatement sous AZT ; il doit être traité toutes les trois heures pendant un an. Son suivi médical se déroule à Port Royal, Annie est très entourée par l’équipe. Malgré tout l’angoisse est omniprésente. Annie a déjà perdu un enfant et le souvenir de celui-ci reste vif aussi elle est certaine que F. sera sauvé. Au bout de 12 mois, F. s’avère séronégatif. Annie le vit comme une seconde naissance. La vraie naissance, sans peur et pleine d’émotions.

En 2004, Annie perd son compagnon. F. est mis sous Depakine ; il fait des crises d’épilepsie peut-être dues à la prise d’AZT. Il sera traité pendant 10 ans.

Annie a raconté très récemment, avec beaucoup de délicatesse, son histoire à F. F, à 17 ans, a appris la séropositivité de sa mère, la véritable raison du décès de son père, et la chape de plomb qui a hanté son enfance. Sans enfants, Annie ne se serait jamais battue. Sa force est puisée dans l’existence de ses trois garçons dont elle est très fière et qui sont omniprésents pour elle.

Commentaires

Portrait de belledusud

Annie a du courage, et surtt, elle a eu raison de s accrocher pour ses gosses.

chapeau, soyez heureux tous ensemble.

Portrait de tach

Quel courage Annie. Ton hist me rappelle de celle de ma soeur qui a decouvert son statut lorsqu'elle avait 4 enfants. C'est à l'interminable maladies du quatriéme, encore bébé, que son état a été su. Son mari malade depuis longtemps ne lui avait rien dit, à mon avis, puisqu'elle ignorait tout jusqu'à ce que les analyses revèlent tout pour elle et le bébé à ma présence. Voila, après avoir digéré cette aventure, ce moment difficile, elle et son mari decide d'avoir un autre enfant. J'étais en colère après eux. Quoi, vous êtes tous les deux malades, et Dieu merci vous avez deja des enfants, vous voulez en avoir encore. Mais avec les traitements l'enfant est declaré sero négatif. Ensuite, ils ont eu un autre enfant qui est aussi sero negatif. Son mari n'est plus de ce monde. Elle se trouve, seule, avec ses enfants qui lui procurent la joie de vivre imense. Dieu est merveilleux, IL ne ferme jamais toutes les portes.