Je ne me shoot plus rien, j’ai eu trop peur !

Publié par Jeni le 10.09.2015
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Dans le cadre d'un atelier d'échange autour du parcours de vie avec une hépatite, organisé par AIDES en avril 2015 à Gruissan, Jeni témoigne du bout des lèvres.

J’ai 34 ans. J’avais 23 ans la première fois qu’une infirmière m’a parlé du VHC. Je n’ai pas pu le soigner parce que je buvais de la bière et que ce n’est pas conseillé. En vérité, j’ai déjà eu l’hépatite C et je l’ai à nouveau. C’est sûr parce que les deux génotypes étaient différents. Je n’arrive pas bien à comprendre parce que c’est compliqué à ce qu’on m’a expliqué. Je fais partie de ces cas rares qui éliminent le VHC spontanément. Tant mieux car j’ai eu d’autres problèmes dont on parle moins. J’ai fait une septicémie car je suis toxico, une infection des poumons jusqu’au cœur. J’ai failli mourir. Du coup, depuis ce jour, je ne me shoot plus rien, j’ai eu trop peur. Trop douloureux ! !

J’essaye de recommencer ma vie. Ca fait 10 mois et ça va bien ! Je ne bois plus de bière non plus et j’ai arrêté la drogue ! Je tiens pour le moment… pour qu’ils me rendent mon fils qui est en famille d’accueil depuis 4 ans. Mon p’tit garçon que j’aime.

Commentaires

Portrait de art-rat 18

bravoo moi ex junky cotzmine en 1988 arreie l hero zn 95

Portrait de art-rat 18

GUITARISTE FATIGUE, CHERCHE BASSISTE TRES LENT


Quand je vivais ici, j'étais l'un de ceux que l'on trouve dans les bars du centre ville, avec tous les déjantés du coin. J'avais commis les deux ou trois conneries nécessaires pour être dans les pages faits divers du journal local ; Celles qui te placent dans la catégorie junkie fondu. Nous étions une demi-douzaine à avoir ce privilège. Les avantages étaient qu'il se trouvait toujours un apprenti zonard pour nous payer à boire, une meuf qui nous confondait avec un de ses héros loosers, des rigolos qui cherchaient des plans came. Et nous piochions dans tout. Il y avait tellement d'appart où nous étions les bienvenus que nous habitions toujours un peu partout. C'était toujours les vacances, toujours la fête. Quelle dégaine de oufs défoncés on avait.
C'est quand j'ai quitté cette ville que cela c'est gâté. A note arrivée gare d'Austerlitz, y'avait pas de soleil.
Ma copine supportait mal les apparts pourris qui n'avaient rien des palaces promis. Le soir, elle sortait seule et trop maquillée. Elle ne le trouvera jamais son prince, elle avait seulement arrêté de le chercher les premières semaines de notre rencontre. Un matin elle n'est pas rentrée.
Un autre matin vers dix sept heures j'ai pris le train et l'amende qui va avec. Mais dans le sens de la marche, contre la fenêtre.
Une heure trois quarts plus tard je sortais de la gare de Vierzon. Il fallait marquer l'événement, j'avais envie de me la raconter. Je l'ai joué polar noir et blanc. Je me suis immobilisé jambes légèrement écartées, et j'ai maté le ciel, y'avait un bout de soleil. Si j'avais eu un sac, j'l'aurais posé à mes pieds pour m'allumer une clope, j'avais juste une clef de consigne. Je me suis quand même allumé une cigarette. L'air était plus léger, l'on respirait mieux. Mon regard a balayé l'horizon, j'ai pris une bonne taffe, envoyé la fumée vers le ciel, ramassé la clef, et marché au milieu de la rue déserte.
J'ai choisi un bar ou je connaissais tout le monde, je suis entré, à part la patronne, je ne connaissais personne. En buvant une bière au comptoir j'ai demandé des nouvelles de mes pôtes. Beaucoup s'étaient mis à bosser, ils payaient leurs meufs, leur chez eux, leurs mômes. D'autres étaient en zon pour un paquet d'années. Il restait bien Cendrier, le plus irréductible de tous, mais il était resté trop longtemps à l'ombre, à sa sortie les nouveaux loulous l'avaient rangé dans la catégorie clodo-alcoolo.
J'ai pris un coup de vieux, un autre demi, une cigarette. La taulière est partie me tirer ma bière, un des nouveaux zonards joueurs de flip s'est assis à mes cotés.
- hé, t'aurais pas un peu de meka,
- Repasse dans une heure, j'attends un truc.
J'avais une heure pour trouver un plan, j'ai marché en fumant ma clope et j'ai pensé à Gatsby le magnifique…

Portrait de jean luc13320

bonjour jeny    ,  cooll  d essayer d avancer d une bonne direction j espere que depuis ton temoignage beaucoup de choses se sont arranger      a te lire     jean luc