Komoto fu a frede (Sortir de la peur)

Publié par Ramon le 20.07.2013
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Le dépistage sur le fleuve Maroni, avant… c’était difficile de le mettre en place.

Nous avons fait un travail pour aller voir les chefs coutumiers : les Bashias, Capitaines, Hoof Capitaines et Gran Man. Nous avons aussi fait un travail avec les différentes communautés, les Paramakas, les Djukas, mais cela a été difficile. Nous avons travaillé aux côtés des gens pour parler de la discrimination : c’était la première étape. Après, il y a eu beaucoup de questions sur la maladie : comment vivre avec le VIH ? Dans le village, comment faire quand une personne est malade dans la famille ?  Nous avons longtemps échangé avec les personnes. Par la suite, sont venues les questions sur  la maladie : comment se transmet-elle ? Nous avons parlé de tout cela. Cette démarche a été longue, avant que le dépistage puisse être proposé.

Le fleuve Maroni, c’est deux côtés, la France et le Suriname, deux rives. C’est pour cela que nous avons fait des rencontres avec les autorités coutumières, pour faire comprendre qui nous étions, ce que nous proposions, comment nous pouvions, ensemble, nous mobiliser.

Au début, c’était difficile d’aller dans certains endroits pour proposer du dépistage car il fallait lever les barrières. Le passage par les autorités coutumières nous a ouvert les portes. Il a fallu trouver une façon pour faire participer les gens à ces actions, trouver une porte ouverte et pouvoir proposer le dépistage sur le fleuve. Nous avons rencontré les Bono man, les tradi-praticiens, car les gens ont l’habitude de faire appel à eux pour soigner certaines maladies. De nombreuses personnes connaissent le Yooka Kandu [on parle aussi Kandu siki, ndlr] de, la "maladie spirituelle", qui représente aussi le sida. Nous avons dû expliquer la différence entre le Yooka Kandu et le sida.

Les personnes avaient peur de parler de la maladie, donc de faire le dépistage et de connaitre leur sérologie. Avec nous, c’est plus facile car nous le faisons ensemble. Aujourd’hui, nous voyons le changement sur la discrimination : c’est plus facile pour les personnes qui vivent sur le fleuve de venir faire un dépistage. Sur le fleuve, il y aussi des pasteurs. Nous ne les avons pas ignorés et les avons informés sur les modes de transmission pour qu’ils les expliquent aux personnes qui viennent à l’église. Avant que nous n’allions sur le fleuve, il y avait un grand manque d’information sur le VIH, les hépatites, pour comprendre les modes de transmissions, les autres maladies et même sur la santé en général. Aujourd’hui, un changement se produit sur le fleuve.

Commentaires

Portrait de lounaa

J'aime sa ...Smile

Portrait de francis20250

en plus il doit y avoir beaucoup de contaminations dans ces régions , continuer ce travail bravo a vous , bises