A Montpellier : toutes et tous fiers d’en être !

Publié par Manuelle Bos le 06.06.2013
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Montpellier est au centre du monde depuis le mercredi 29 mai, date à laquelle nous avons célébré le premier mariage français de personnes de même sexe. Samedi 1er juin, la Gay Pride de Montpellier a surfé sur la vague de l’ère post-mariage et les militants de AIDES Languedoc-Roussillon étaient là, mais savez-vous ce qui s’est passé avant ? Manu en était et vous raconte.

Vendredi soir, veille de la marche, 20h...

Guilhem et Yann arrivent dans les locaux de AIDES où se déroule l’Assemblée territoriale des militants… Il est prévu qu’ils animent un brief sur l’organisation du lendemain. C’est la "cata". Nous avons le char, nous avons le DJ et sa sono, nous n’avons pas de groupe électrogène pour faire tourner la bécane ! Problème de malentendu qu’il n’est plus temps de commenter. Tout d’un coup, on sent le stress jusqu’au bout des orteils, chez chaque militant ! Très vite, la capacité de réaction reprend le dessus. Yann, Fanny, et Andres s’isolent pour régler le problème du groupe électrogène. Leurs regards sont sombres, ils sont soucieux. A un moment, Andres quitte précipitamment les locaux, il faut qu’il récupère d’urgence le chéquier. Guilhem, regard fatigué, se charge de planifier avec les militants le "qui fait quoi demain" : il déroule le timing, expose les divers ateliers de préparation qui commencent le lendemain à partir de 9 heures : pancartes, char, sandwichs, camion dépistage (pour les trodeurs), sécurité, les militants s’inscrivent avec enthousiasme. En quelques minutes, le tableau est rempli. Guilhem semble soulagé, un peu.

Samedi matin

7h06... Fanny et Yann se lèvent à un horaire auquel ils n’auraient pas pensé se lever un jour. Ils se retrouvent pour partir du côté de Nîmes à la quête du groupe électrogène. Dans leur tête, ils imaginent le char de AIDES à la Gay Pride, avec les militants dessus, entonnant des chansons paillardes, faute de groupe électrogène. L’horreur !
9h...
Guilhem et Sofy ouvrent le local de AIDES, où flottent la centaine de ballons bleu blanc et rouge gonflés à l’hélium que le char doit libérer à la fin de la marche. Ils font du café. Fanny et Yann n’ont toujours pas appelé. Ils déballent tous le matos de déco du char ; les premiers militants arrivent.
9h22... A quelques rues de là, Isabelle et Lionel sont dans leur chambre d’hôtel, ils parlent seuls, à voix haute, devant leur miroir. Ils portent ensemble la responsabilité de la présidence de AIDES dans le Territoire depuis quelques semaines. La veille, ils ont donc décidé de tenir leur rôle de représentation, de dépasser leurs craintes, et de prendre la parole cet après-midi, devant des milliers de personnes, au nom de AIDES, pour parler d’égalité sous l’angle de la santé. Quel challenge ! Le discours durera trois minutes, jamais ils n’ont trouvé un speech aussi long !
10h... Local de AIDES : Je viens d’arriver. Je suis chargée d’imprimer les messages de revendications pour faire les pancartes. L’imprimante –couleur fait des caprices, évidemment.
10h14... Guilhem gare le char sur sa place de départ (en fait, pour le moment ce n’est qu’un camion plateau siglé Kiloutou). Toujours pas de nouvelles de Yann et Fanny.
10h30... Tous les militants sont arrivés, pratiquement. L’équipe "dépistage" (les trodeurs), menée par Gregg, Christophe, Christine, Lionel et Isabelle, s’installe sur la place Albert 1er, point de départ de la marche. Ils vont proposer des dépistages rapides jusqu’à 15 heures, sans interruption.
10h47... Au local, une équipe s’active pour faire les pancartes, dirigée par Guillaume. Andres ayant finalement trouvé la panne de l’imprimante couleur : il fallait appuyer sur "Marche", évidemment. Moi, je suis morte de honte !
11h... le stress monte d’un cran, le temps file vite. La structure commence à être installée sur le char, on accroche les calicots… Mais bon sang où sont Yann et Fanny ?
11h40... L’équipe "Pancartes" a fini ; elle se métamorphose en équipe "Sandwichs", et prépare le pique nique pour tout le monde, tenant bien entendu compte des régimes végétariens.
11h43... Sofy et Germain cherchent de la ficelle pour le char. "Mais, bordel où est rangée la ficelle ?" Gregg, qui a négocié la prise de parole de AIDES à la tribune auprès de l’organisateur de la marche, appelle Andres : L’heure du rendez-vous pour nos co-présidents pour monter à la tribune est fixée : 14h45. Isabelle et Lionel se sentent beaucoup moins bien tout d’un coup !

12h... Yann et Fanny arrivent, épuisés, mais soulagés. Ils rapportent le groupe  électrogène ! Andres les félicite et leur somme de se "grouiller de l’installer" !
12h30... Julien change de tee-shirt. Il est chargé de récupérer Fred Bladou, un militant de Paris, à la gare. Jean-Claude, Bernard, Guillaume et Dom emballent les sandwichs.
13h30... Isabelle et Lionel s’isolent avec Andres et moi pour répéter leur discours. Ensemble, ils réajustent les paragraphes. A 14 heures, ils présentent le discours devant tous les militants au local. C’est bon, ils se sentent (un peu) plus à l’aise. Terrorisés, mais à l’aise !
13h48... La nouvelle est accueillie avec des cris de joie : "Ça marche, on a du son sur le char !"
14h15... Fred arrive. Il constate que les militants sont organisés, prêts, en pleine forme, et sereins. Il est épaté.

14h45... Vincent Autin, le personnage emblématique de la semaine (un des deux premiers mariés gay de France), ouvre la tribune. Il laisse la parole à Hélène Mandroux, la maire de Montpellier, puis au Président de l’Agglo, Jean-Pierre Mourre… puis aux associations.
Mains dans la main, et portés par le regard des militants, Isabelle et Lionel appellent avec détermination à une mobilisation massive contre les inégalités de santé qui touchent les LGBT.  Ils sont "dedans", ils sont convaincants. Ils rencontrent un écho très fort dans le public.

15h... Xavier se met au volant du char de AIDES, la marche commence. Il ne va pas conduire un camion, non. Il va piloter un vaisseau au son puissant, un vaisseau chevauché par des dizaines de militants fiers et solidaires en cette journée de fête et de lutte contre les discriminations et pour l’égalié. Un vaisseau qui a donné corps à une mobilisation et une coordination exemplaire ce samedi 1er juin.