Weki o ! (Bonjour !)

Publié par Marie le 22.07.2013
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Le voisin a branché sa radio au groupe électrogène et en fait profiter tout le village. C’est du néerlandais, je ne comprends rien !

Le jour se lève. J’entends les enfants qui partent en pirogue vers l’école ; plus haut. Je m’extirpe de mon hamac. Attention… je ne dois pas marcher sur les affaires de Bryan. Lui préfère dormir au sol, sur les coussins qu’il a rassemblés. Je zigzague entre les hamacs des autres.

Je prends le temps de contempler ce fleuve : si beau, si fort. Le bruit, les sons du Maroni, ses couleurs, ses habitants sont toujours une source d’énergie pour moi... La pirogue de Sabi A Liba est là. Ils sont là ! Je les entends déjà s’activer. Sur la table dehors, se mélangent pots en plastique, confitures, gamelle de riz, jus d’orange, café, préservatifs, blaff [un plat de poisson, ndlr] de la veille et Fémidon. Nous n’avons qu’une table…

Rudi prépare les sacs de capotes. Attention, il nous en faut pour tous et partout où nous nous arrêterons. L’esprit encore embrumé, je les salue et ils me répondent avec le sourire.

Weslyn et Altagracia se baignent devant. Boti trafique le moteur dans sa pirogue. Monsieur Farine fait la vaisselle. Chénéné est déjà au fourneau. Rawle et Bryan sont partis faire un tour dans le village pour colporter nos horaires de permanence ce soir… Et au loin, j’entends Ramon qui chante. La vielle dame et sa fille sont là, elles aussi, à faire le linge entre Monsieur Farine, la pirogue et les filles. C’est calme, c’est vivant. Tout y est…

Quand on part sur le fleuve, le quotidien est ainsi. Chaque mois, nous partons une semaine. De six à dix militants s’embarquent sur la pirogue de Sabi A Liba. Ribosa, un des piroguiers qui nous accompagne depuis bientôt trois ans, a cloué notre drapeau à son bateau. Il a même demandé à devenir volontaire.

Il faut charger la tente, les tables, la bouteille de gaz, les gamelles, la nourriture pour tout ce petit monde, les chaises, les caisses, les glacières de tests et celles de préservatifs, l’eau potable, nos affaires, le filet de pêche, le groupe électrogène, etc. un vrai déménagement à chaque fois. Mais à chaque fois avec une réelle volonté d’y aller car ce qui se passe plus-haut sur le fleuve, les rencontres, les échanges, les informations récoltées, les tests réalisés, le travail fourni, les messages transmis… Tout cela est un pas de plus vers la fin de l’épidémie. Sans cette conviction, je resterai à terre !