La recherche, l'Afrique et les cobayes !

Publié par jfl-seronet le 28.04.2020
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De semaine en semaine, la crise sanitaire du Covid-19 livre son lot de surprises et d'incidents qui sont révélateurs du climat mais aussi la marque d'une hyper émotivité circonstancielle (liée à la dureté de la séquence du moment, comme on dit chez les politiques). Nous avons connu un tel épisode, début avril, avec la sortie, lors d'une émission de télé, de deux scientifiques français sur les vaccins et la recherche en Afrique.

Tout commence le 1er avril. Un chercheur de l’Institut français de la santé et de la recherche médicale (Inserm) Camille Locht, directeur de recherche à Lille, et Jean-Paul Mira, chef de service de médecine intensive et réanimation à l’hôpital Cochin (AP-HP, Paris), sont invités à une émission sur la chaîne LCI. Au cours des échanges avec les autres invités et les journalistes, ils s’interrogent sur l’opportunité de tester un vaccin en Afrique contre le coronavirus. Lors de l'émission, Camille Locht est interrogé sur des recherches menées autour du vaccin BCG contre le Covid-19. Il conduit un projet de ce type qui a été retenu par l'Inserm. Invité en plateau, Jean-Paul Mira, chef de service de médecine intensive et réanimation à l’hôpital Cochin, lui demande alors : « Si je peux être provocateur, est-ce qu’on ne devrait pas faire cette étude en Afrique, où il n’y a pas de masques, pas de traitement, pas de réanimation, un peu comme c’est fait d’ailleurs sur certaines études avec le sida, ou chez les prostituées : on essaie des choses parce qu’on sait qu’elles sont hautement exposées. Qu’est-ce que vous en pensez ? » Le chercheur lui répond : « Vous avez raison, d’ailleurs. On est en train de réfléchir en parallèle à une étude en Afrique avec le même type d’approche, ça n’empêche pas qu’on puisse réfléchir en parallèle à une étude en Europe et en Australie ».

Les propos suscitent rapidement une polémique. « Non, les Africains ne sont pas des cobayes ! », dénonce SOS Racisme dans un communiqué, le 2 avril : « Ces propos ne révèlent-ils pas, à l’endroit des corps noirs un mépris, fut-il inconscient et présenté d’un ton badin et gourmand sur le thème de la "provocation" ? Provocation toute coloniale en réalité, tant les arguments avancés pour faire des Africains des cobayes (absence de masque, absence de traitement…) pourraient être très largement avancés pour l’Europe en général et la France en particulier ». Et l'association d'affirmer : « En outre, la comparaison, strictement réservée aux Africains, avec le sida et les prostituées est là encore de nature à interroger cet échange. En effet, la référence aux prostituées est problématique car on sait qu’elle est socialement péjorative (elle ne devrait certes pas l’être mais c’est une autre histoire). Quant à la comparaison avec le sida, elle est ici particulièrement malvenue car renvoyant à la hantise de la transmission que des catégories marginalisées (prostitués-es, personnes LGBT, etc…) faisaient peser sur le reste de la population. Dans les circonstances sanitaires actuelles, il est fondamental que l’ensemble des institutions ici concernées – le CSA et les autorités sanitaires – soient d’une extrême fermeté sur la déontologie, qui concerne également la nature des expressions publiques du corps médical. Cette fermeté devrait d’ailleurs être notamment exprimée à l’endroit de ces dispositifs télévisuels qui deviennent des spectacles dans lesquels des médecins – qui cherchent pour certains à devenir des « bons clients » – n’ont finalement pas grand-chose à faire ».

L'association décide d'interpeller les organismes pour lesquels travaillent les deux scientifiques et de saisir le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA, gendarme des médias audiovisuels). SOS Racisme n'est pas la seule à protester. La star ivoirienne du football Didier Drogba réagit vivement, à son tour, sur les réseaux sociaux. « Il est inconcevable que nous continuions à accepter ceci. L’Afrique n'est pas un laboratoire. Je dénonce vivement ces propos graves, racistes et méprisants ! », affirme l'ancien attaquant de Chelsea et Marseille sur sa page Facebook et sur Twitter, avec une photo des deux scientifiques pour appuyer sa condamnation. « Aidez-nous à sauver des vies en Afrique et stopper la propagation du virus qui déstabilise le monde entier au lieu de nous envisager comme des cobayes. C'est aberrant », ajoute le grand champion. De très nombreux internautes font également part de leur colère, en France et sur le continent africain. Le Club des avocats au Maroc annonce sur sa page Facebook son intention de « porter plainte pour diffamation raciale ». Le porte-parole du président sénégalais Macky Sall pointe, lui aussi, du doigt l’esprit relevant de « l’inconscient colonial ».

Le 4 avril, c'est le député M'jid El Guerrab (ex-LREM) qui annonce qu'il saisit le procureur de Paris. Les propos tenus sont « à la fois injurieux et discriminatoires, et caractérisent donc deux délits à caractère racial », estime M. El Guerrab, député des Français du Maghreb et de l'Afrique de l'Ouest, membre du groupe Libertés et Territoires, dans un communiqué, cité par l'AFP. L'élu explique qu'il « ne pouvait demeurer sans réagir face à cette entorse au pacte républicain » alors que les deux spécialistes ont selon lui formulé « une invitation, voire une exhortation, à un traitement différencié en fonction de l'origine ». D'autres réactions se font chez les politiques. Une trentaine de députés-es pour la plupart LREM, emmenés par Jean-François Mbaye (LREM), et président du groupe sur le sida de l'Assemblée nationale, envoient (4 avril) une lettre ouverte à Camille Locht et Jean-Paul Mira ; lettre dans laquelle les parlementaires estiment que « la nature des propos » tenus inscrit ces deux spécialistes « directement dans le prolongement de ce que l'humanité a donné de pire à observer durant l'histoire : nous parlons ici de la Shoah, de l'esclavage et de la colonisation ».

Le 7 avril, c'est Tedros Adhanom Ghebreyesus, le patron de l'Organisation mondiale de la santé, lui-même, qui fustige, lors d'une conférence de presse à Genève des propos « racistes » et une « mentalité coloniale ». « Ce genre de propos racistes ne font rien avancer. Ils vont contre l’esprit de solidarité. L’Afrique ne peut pas et ne sera un terrain d’essai pour aucun vaccin », lance alors lancien chef de la diplomatie éthiopienne. « L’héritage de la mentalité coloniale doit prendre fin », ajoute-t-il, en réponse à la question d’un journaliste nigérian, comme le souligne l'AFP. Et le patron de l'OMS d'enfoncer le clou : « Il est honteux et horrifiant d’entendre des scientifiques tenir ce genre de propos au 21ème siècle. Nous les condamnons dans les termes les plus forts ». De son côté, le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian déclare que les propos des deux scientifiques « ne reflètent pas la position des autorités françaises ». Il affirme condamner les « propos choquants et même moralement et humainement scandaleux, sur des expérimentations qui, supposément, devraient se faire sur des Africains ».

Contactée par l’AFP, LCI refuse de commenter et renvoie aux réponses de l’Inserm et de Jean-Paul Mira de l'AP-HP. Évidemment, face aux nombreuses et très virulentes réactions, les auteurs des propos et leurs institutions de rattachement réagissent. Dans une « mise au point » de l'AP-HP, Jean-Paul Mira présente ses « excuses les plus sincères » à « celles et à ceux qui ont été heurtés, choqués, qui se sont sentis insultés par des propos que j’ai maladroitement prononcés sur LCI cette semaine ».  L'AP-HP en profite d'ailleurs pour dénoncer les propos de son salarié. « Le directoire de l’AP-HP, a été choqué par les propos tenus par le Pr Jean-Paul Mira sur LCI le 1er avril 2020, propos qui ne lui ressemblent pas. Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, a appelé le Pr Mira qui s’est excusé et a exprimé de profonds regrets. Il reconnaît que ses propos, pour le moins maladroits et pouvant se prêter à des interprétations péjoratives vis-à-vis des pays d’Afrique, peuvent être blessants. Telle n’était ni son intention, ni le fond de sa pensée ». et L'AP-HP d'ajouter : « L’AP-HP avec Université de Paris prennent acte de ces regrets et condamnent toute prise de position qui, à tort ou à raison, pourrait être interprétée comme péjorative vis-à-vis de pays africains et s’engagent à l’inverse à continuer à participer aux initiatives les plus utiles pour les soutenir d’un point de vue scientifique et médical ». Tout n'est d'ailleurs pas simple pour le professeur Mira, puisque l'AFP explique que depuis le 1er avril et ses propos, le médecin « subit ainsi que sa famille des menaces de mort réitérées et très inquiétantes. Il a été contraint de déposer plainte » pour « menaces de mort » sur personnel soignant et « appels téléphoniques malveillants », ont indiqué ses avocats à l'AFP. De son côté, l'Inserm avance un autre style d'excuses. « Une vidéo tronquée, tirée d’une interview sur LCI d’un de nos chercheurs à propos des études sur l’utilisation potentielle du vaccin BCG pour combattre le Covid-19, fait actuellement l’objet d’interprétations erronées, explique l'institut. L’Inserm tient à faire savoir que Camille Locht comprend l’émotion suscitée depuis hier liée à son manque de réaction aux propos tenus par son interlocuteur sur LCI lors d’une émission diffusée en direct. Les conditions dans lesquelles cette interview a été menée ne lui ont pas permis de réagir correctement. Il s’en excuse et tient à préciser qu’il n’a tenu aucun propos raciste. Le seul but de son intervention était de confirmer que l’épidémie a une ampleur mondiale et que tous les pays devront pouvoir bénéficier des fruits de la recherche en espérant que l’expérience des premiers pays touchés permette de protéger encore mieux les autres ». Puis l'Inserm développe un autre argument : «  Des essais cliniques visant à tester l’efficacité du vaccin BCG contre le Covid-19 sont en cours ou sur le point d’être lancés dans les pays européens (Pays-Bas, Allemagne, France, Espagne…) et en Australie. S’il y a bien actuellement une réflexion autour d’un déploiement en Afrique, il se ferait en parallèle de ces derniers. L’Afrique ne doit pas être oubliée ni exclue des recherches car la pandémie est globale ». Autrement dit, si l'Afrique n'est pas un terrain de jeu pour les chercheurs occidentaux, le continent ne doit pas être oublié de la recherche.

Une tribune et une interview viennent apporter des éclairages et réflexions particulièrement intéressants.

La tribune est une réflexion très documentée et assez passionnante de Mame-Fatou Niang, maître de conférence à la Carnegie Mellon University, sur « L'Afrique cobaye ou le corps noir dans la médecine occidentale ». Ce texte est publié le 9 avril sur Slate.fr. L'universitaire et réalisatrice y revient sur les propos choquants tenus sur LCI, mais rappelle surtout que « l'utilisation de populations des Suds à des fins d'essais cliniques ne date pas d'aujourd'hui ». « Mais ce qui frappe, au-delà du propos lui-même, c'est le ton badin avec lequel les deux spécialistes font cette proposition. C'est qu'ils ne font qu'exposer un secret de polichinelle, un ensemble de pratiques qui ont accompagné l'avènement de la médecine occidentale moderne (…) Ces propos ne sont pas d'un autre temps, comme on a pu l'entendre ici et là, mais ils dénotent bien des attitudes contemporaines naturalisées et profondément ancrées, dont les racines ont disparu de notre mémoire collective. Ce dialogue s'inscrit dans une longue tradition d'exploitation des corps subalternes (Noirs, femmes, pauvres, paysans, prostituées) ainsi que de la vision de l'Afrique comme réserve naturelle, un champ d'expérimentations en dehors de toute considération éthique », analyse-t-elle. « Si d'aucuns-es perpétuent ces schémas en pleine conscience, d'autres les reproduisent de manière inconsciente, tant l'histoire coloniale qui a fondé ces croyances a été excisée de la mémoire nationale ». Revenant sur différents épisodes, dont celui des tests sur le ténofovir en Afrique dans le cadre de la lutte contre le sida, Mame-Fatou Niang se demande, avec ironie, que « faire des bons docteurs Mira et Locht ? ». « Une fois l'indignation passée, les propos de Camille Locht et Jean-Paul Mira doivent nourrir une réflexion collective.Cette réflexion devra porter sur le legs historique qui a formé ce regard (médical) blanc sur le corps noir. Cette réflexion devra porter sur les non-dits, sur l'effacement de pans entiers de notre histoire au nom de l'indivisibilité de la République. Cette réflexion devra porter sur les survivances de ces non-dits dans la France contemporaine : de la gestion coloniale des banlieues à forte population issue de cette histoire, à l'invisibilisation des Français-es né-es de l'Empire. Il conviendrait d'assurer une formation des médecins qui prennent en compte ces biais [racistes] implicites. Cette réflexion devra porter sur les conséquences bien contemporaines de ces préjugés raciaux dans la prise en charge médicale des populations issues de l'histoire coloniale ».

L'interview est celle de l’épidémiologiste congolais, Pierre M’Pélé, accordée le 16 avril à Mediapart. Interrogé par François Hume-Ferkatadji et Olivia Macadré, le chercheur et ancien directeur régional de l’Onusida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, y revient sur les propos tenus sur LCI. « Je ne veux pas évoquer le terme de racisme, explique-t-il à Mediapart. Je voudrais dire que c'est maladroit et précipité, c’est manquer de considération pour les scientifiques africains, ne pas les prendre pour de vrais partenaires afin de bâtir ensemble la réponse face à l’épidémie. Je pense qu’ils ont pris trop de risques et je crois qu’il faut très fortement condamner leurs propos. C’est une attitude assez légère pour des scientifiques ou des médecins. Mais je conseille également aux pays africains de mettre en place des comités d’éthique pour analyser et prendre en considération toutes les propositions qui viendront de part et d’autre, que ce soit pour les vaccins, les tests ou les médicaments. Je crois qu’il nous faut mettre en place dans le cadre de la réponse à la pandémie du Covid-19 en Afrique dans chaque pays, s’il n’existe pas déjà, un comité d’éthique et nous devrons être vigilants : que les Africains ne soient pas des cobayes. Nous vivons au XXIe siècle, il s’agit de partenariats dans le respect des règles, des questions d’éthique, des droits humains et des bénéfices de chacun. Celui qui a prêté son organisme pour un essai vaccinal doit être bénéficiaire des résultats, des retombées ; voilà pourquoi je suis convaincu qu’il faut créer des comités d’éthique et je me permets d’insister sur ce point, notamment dans la perspective d’essais vaccinaux qui seront menés peut-être en Afrique et partout ailleurs dans le monde. Ces comités doivent pouvoir guider les gouvernements afin qu’ils soient amenés à prendre leurs responsabilités en toute connaissance ».

Comme on le voit, cette « affaire » a rapidement pris un tour singulier, parce que les propos tenus sont violents, mais surtout parce qu'ils traduisent une façon de penser l'autre sur un modèle ancien qui semble assujettir l'Afrique à l'occident, faire des Africains-es des personnes de moindre importance sur lesquelles des « chercheurs blancs » pourraient tester ce qu'ils veulent avec des coudées plus franches que dans leurs propres pays. Tout cela est un triste héritage comme l'analyse Mame-Fatou Niang. Bien sûr, la coopération entre le Nord et le Sud nous montre que cela a considérablement évolué, à l'exemple de ce qui est réalisé par l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales, depuis des années. Reste que cette affaire aura eu une vertu : attirer notre attention sur ce schéma ancien qui prévaut encore dans certains esprits et aiguiser notre vigilance pour que nous cessions collectivement de nous y enfermer.

LE CSA condamne fermement... LCI !
Saisi par de nombreux téléspectateurs-rices et l'association SOS Racisme, le CSA met « fermement en garde » LCI, le 14 avril, après la diffusion de la fameuse séquence, début avril. « Après analyse de l'ensemble de cette séquence, le CSA a relevé que les propos abrupts et contestables de l'un des intervenants n'avaient suscité aucune réaction ou demande d'explication sur le plateau. Il a donc estimé que cette séquence traduisait un défaut de maîtrise de l'antenne, telle que définie par la convention de LCI », chaîne d'info du groupe TF1, souligne le CSA dans un communiqué. Le Conseil « a également considéré, au vu de la nature et des caractéristiques du sujet concerné, qu'il n'avait pas été traité avec suffisamment de rigueur » et « met donc fermement en garde la chaîne LCI contre le renouvellement de tels faits ». Dans son communiqué, le CSA rappelle qu'« en cette période de crise sanitaire aigüe, où les interrogations, le besoin d'information et les enjeux de cohésion sociale sont plus forts que jamais, les médias portent une responsabilité éminente (…) Elle exige une vigilance de chaque instant face aux risques importants de désinformation et une rigueur particulière dans la présentation et le traitement de l'information, y compris dans les illustrations visuelles », prévient le Conseil.

 

Commentaires

Portrait de jl06

En Afrique subsaharienne, le nombre de morts du sida menace de doubler à cause du coronavirus

Une perturbation de six mois dans l’accès aux antirétroviraux pourrait entraîner plus de 500 000 morts supplémentaires dans la région sur une année, selon l’ONU.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 10h00

 

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Lors d’une campagne de sensibilisation au sida, à Abuja, au Nigeria, en décembre 2018.

 

Lors d’une campagne de sensibilisation au sida, à Abuja, au Nigeria, en décembre 2018. Afolabi Sotunde / REUTERS

Le nombre de décès causés par le VIH pourrait doubler en Afrique subsaharienne si l’accès des malades aux traitements était perturbé par la pandémie liée au coronavirus, a prévenu, lundi 11 mai, l’ONU.

Une perturbation de six mois dans l’accès aux antirétroviraux pourrait entraîner plus de 500 000 morts supplémentaires dans la région sur une année entre 2020 et 2021, s’ajoutant aux 470 000 décès recensés en 2018, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Onusida. Du jamais-vu depuis 2008, lorsque 950 000 personnes étaient mortes du sida dans la région. En 2018, année des dernières données statistiques disponibles, 25,7 millions de personnes vivaient avec le VIH en Afrique subsaharienne, dont 16,4 millions bénéficiaient d’un traitement antirétroviral.

Article réservé à nos aboUne rupture des campagnes de prévention, d’accès aux soins et aux traitements pourrait par ailleurs effacer les progrès réalisés dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, alors que le nombre d’enfants infectés a baissé de 43 % entre 2010 et 2018, passant de 250 000 à 140 000. Les infections infantiles pourraient bondir de 37 % au Mozambique, de 78 % au Malawi et au Zimbabwe et de 104 % en Ouganda.

« Un risque accru de contracter le VIH »

« Le risque existe que les victoires remportées dans la lutte contre le sida soient sacrifiées au cours de la bataille contre le Covid-19 », s’est alarmée la directrice exécutive de l’Onusida, Winnie Byanyima, citée dans le communiqué conjoint.

La semaine dernière, l’Onusida avait appelé les gouvernements à « ne pas faiblir dans leurs efforts de prévention du VIH et garantir que les populations continuent d’avoir accès aux services nécessaires pour éviter toute infection, discrimination et violence, mais aussi pour être en mesure de jouir de leur santé sexuelle et de la reproduction ainsi que des droits afférents »« La perte à grande échelle de revenus et d’emplois pourrait se traduire par une augmentation des relations sexuelles rémunérées, du commerce du sexe et de l’exploitation sexuelle. Cela exposera des personnes à un risque accru de contracter le VIH, sauf si elles disposent des moyens de se protéger », s’inquiétait l’agence.

Depuis l’apparition du virus du sida il y a plus de trente-cinq ans, 78 millions de personnes ont été infectées et 35 millions sont décédés, selon l’Onusida.

Le Monde avec AFP

Portrait de Lowie

J'avais été trés choqué par la proposition d'envisager de tester sur le continent africain un médicament contre le COVID 19. Comment d'éminents scientifiques peuvent avoir et émmetre de telles propositions indécentes en 2020.J'imagine que si le COVID était apparu il n'y aurait qu'une centaine d'années plutôt leur proposition serait devenue éffective.

Tu te poses la question de pourquoi je hais l'espèce humaine? Son manque d'humanité tout simplement et sa facilité à l'amnésie.Sur un autre blog je vous posais la question de savoir si vous sentiez l'odeur nauséabonde de notre époque actuelle que je sentais. Aprés avoir entendu différents observateurs ( politologues , sociologues , philosophes....etc. ) j'en conclue : Il est où le "Sauveur"? Crise économique, crise sanitaire , crise écologique , crises identitaires , crises sociales. J'ai déjà vu ça.Le 30/01/33 le supposé "Sauveur" de la situation se faisait élire légitimement par le peuple désemparé.Je ne suis pas amnésique mais inquiet. Va-t-on  répéter la même erreur?Faire du peuple africain les cobayes du peuple "blanc" mais quelle idée "démoniaque" en 2020.

Ils ont fait leurs excuses. Par force. Des personnes intelligentes et pleine d'humanité les y ont contraint.Sans ces "veilleurs" vigilants ce genre de propositions pourraient germer et prendre forme dans les esprits les plus faibles. 

Merci jl06 pour le rappel de la situation afriquaine quant à l'épidémie VIH-SIDA.Je la trouve alarmante.Nos progrés actuels dans cette pathologie, maîtrisée au Nord et dans le Sud laisse à désirer, pourrait être tout autre. Le Nord en a-t-il vraiment le désir?