Sida : les tests rapides en pharmacie

Publié par Philippe Douguet et Vincent Baillat le 05.02.2014
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Toujours inaccessibles librement, les autotests pourraient contribuer efficacement à enrayer l’épidémie... Par Philippe Douguet (Président d’honneur de Réduire Les Risques à Montpellier) et Vincent Baillat (médecin au CHU de Montpellier).

Depuis la publication de l’étude américaine en janvier 2011 (HPTN 052) c’est un fait scientifiquement prouvé : une personne séropositive qui a une "charge virale" indétectable grâce au traitement antirétroviral (ARV) n’est pas contaminante sexuellement. Autrement dit, "le traitement est  aussi un outil de prévention qui nous permet d’envisager l’éradication du sida à moyen terme", comme le soulignait alors le Pr. Willy Rozenbaum, ancien président du Conseil National du Sida.

Cette étude portait sur 1 763 couples majeurs et majoritairement hétérosexuels (97 %), recrutés dans treize sites différents à travers neuf pays. Les conclusions sont spectaculaires : 96 % de réduction de risque de transmission du virus. La surprise ne tient pas tellement aux résultats eux-mêmes – assez attendus – mais au fait que l’étude, qui devait se terminer en 2015, a été stoppée quatre ans plus tôt puisque les résultats étaient déjà amplement concluants.

Saluée le 12 mai 2011 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Onusida, cette étude a été désignée par la revue américaine Science comme "la découverte fondamentale de l’année 2011".

Comment la plus grande découverte sur le sida depuis celle des trithérapies en 1995 est-elle restée aussi confidentielle et pourquoi n’est-elle pas prise en compte dans les politiques publiques de prévention ?

Pourtant, cette découverte ne date pas d’hier. En 2008, voici ce que déclarait à Seronet (site créé par l’association Aides) le Pr. Bernard Hirschel, chef de l’unité VIH-sida des hôpitaux universitaires de Genève, expert auprès de l’office fédéral suisse de santé publique "Ce sont les études réalisées en Ouganda dans les années 90 qui montrent que, si la virémie est basse, il n'y a pas de transmission. Il y a aussi un des grands succès du traitement : la baisse de la transmission de la mère à l'enfant. Si la virémie est indétectable, à la naissance la contamination est quasiment exclue".

Dans cette interview, le Pr. Hirschel s’expliquait sur les raisons qui lui avaient  fait devancer, le 1er décembre 2007, la publication de la position officielle de la Commission fédérale suisse sur le sida qui titrait : Les malades traités avec virémie indétectable ne sont pas infectieux par voie sexuelle (Hirschel précise "indétectable depuis au moins six mois et sans Infection Sexuellemnent Transmissible associée"). "A ceux qui ont eu l’impression que cette annonce était prématurée, je rappelle que ces données existent depuis environ huit ans. J’estimais que cela suffisait, que nous avions assez attendu, et que si l’on voulait en dire quelque chose, le 1er décembre était le moment idéal, quand l’attention de tout le monde est fixée sur le VIH".

En mai 2011, dans un article intitulé "Les ARV ont bien un impact significatif sur la transmission du VIH", l’association française de santé Warning propose de passer à la vitesse supérieure : "Les études menées sur l’usage du préservatif dans les couples sérodifférents hétérosexuels observent une réduction moyenne des transmissions de l’ordre de 80 %. L’étude HPTN 52 a constaté de son côté une diminution des séroconversions de 96 % quand on traitait la personne séropositive. En termes de prévention, les traitements ARV ont donc une efficacité supérieure à l’usage systématique du préservatif. Si le traitement protège le partenaire de l’infection, il convient de permettre à chaque séropositif de pouvoir en bénéficier, ce qui implique en conséquence un accès facilité au dépistage". "Les messages de prévention adressés au public, qu’ils proviennent de l’État ou des associations, doivent cesser d’être timorés et prendre en compte cette nouvelle donne – l’impact du traitement en prévention – pour le bien-être des personnes et l’efficience de la lutte contre le VIH. De même, il est essentiel de changer les mentalités à propos de la séropositivité. En effet, la sérophobie renforce la stigmatisation qui freine le recours au dépistage, l’accès aux soins et le dévoilement".

Encore faut-il, pour être traité, savoir qu’on est infecté… !

Le bon sens serait donc de développer le dépistage afin de proposer rapidement un traitement (plus efficace au début de l’infection) aux personnes dépistées positives.

Aujourd’hui en France 30 000 personnes sont séropositives sans le savoir (Institut National de Veille Sanitaire - 2008) et peuvent donc potentiellement en contaminer d’autres.

En 2011, une campagne de dépistage a bien été menée par le ministère de la santé. Son objectif était le dépistage général de la population (les 15/60 ans). Il s’agissait d’inciter les personnes à se faire dépister, soit, en pratique, en se rendant dans un CDAG (Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit) ou bien en se faisant prescrire un test par son médecin et en le réalisant dans un laboratoire d’analyses médicales. Cela a-t-il été efficace ? Nous l’ignorons. Cette même année les tests rapides d'orientation diagnostique ont fait leur apparition en France, mais sont réservés uniquement à quelques associations, avec des conditions d’accès limitées.

Pourquoi  limiter ainsi l’accès au dépistage, alors qu’un autotest coûte beaucoup moins cher qu’un test classique, qu’il responsabilise le citoyen et représente une avancée spectaculaire dans le dépistage ?

N’est-il pas plus simple de retirer son autotest en pharmacie plutôt que suivre une procédure longue et décourageante ? Les tests de grossesse sont en vente libre, les seringues le sont également, alors quels sont les freins à la mise en vente libre de ces autotests en pharmacie ?

L’argument toujours entendu est qu’"on ne peut pas laisser une personne réaliser seule ce test". Ah, les braves gens qui prennent soin de nous ! Autant cet argument avait un sens quand le sida était associé à la mort, autant depuis 1995, avec l’avènement des trithérapies, il n’en a plus. Depuis cette date les traitements ont encore évolué et les patients vivent leur pathologie comme une maladie chronique. Comme les diabétiques, par exemple, qui nécessitent un traitement pour rester en vie, mais qui mènent une vie "normale" par ailleurs.

Voici ce qu’en dit Christine Rouzioux, virologue à l’hôpital Necker et responsable d’une équipe de recherche sur le VIH à l’université Descartes : "Un autre progrès que je trouverais intéressant serait l’accès aux tests rapides, en "home test" […]. Ça enlèverait cette mystification autour du dépistage". Car pour Christine Rouzioux, "il faut avancer, il faut faire attention aux discours qui empêchent d’avancer". En effet, "il y a pas mal de travaux en sciences sociales qui s’intéressent à ces questions" et se demandent s’il faut "des circuits systématiquement médicalisés ou pas ?" Or, "on met tout dans le même panier alors qu’il y en a qui ont besoin d’une démarche accompagnée et d’autres pas". Certes, "c’est important d’être informé, c’est important d’être soutenu, mais ça peut être dissocié". Car, "beaucoup n’attendent pas et vont acheter des tests sur internet ; ça, ça me préoccupe beaucoup plus car les tests achetés sur internet n’ont pas été validés" (in warning.info).

Alors allons-nous encore perdre du temps, comme on l’a fait avec la vente libre des seringues et avec la publicité commerciale pour les préservatifs à la télévision ? Au début de l’année 2013, après l’avis favorable du Conseil national du sida (CNS), la ministre de la santé, Marisol Touraine, s’est déclarée favorable à l’accès des tests en pharmacie.

Il est urgent que les autorités sanitaires traitent les citoyens comme des adultes, des personnes responsables qui doivent pouvoir accéder facilement à l’information et à tous les moyens de prévention. C’est-à-dire en faisant connaître les bénéfices du traitement – et donc du dépistage - et en mettant rapidement en place la vente libre des autotests en pharmacie.

Commentaires

Portrait de croquant

est ce gérable psychologiquement de se faire le test soit meme ?

et secondo encore un controle de plus pour ne pas coucher avec un séropo, pour chaque chose

il y a tjours eu des dérives, militaires, de controles et autres comme peut le montrer l histoire

Portrait de basique

En 2009 ayant un très sérieux doute apres un rapport non protégé quelques mois auparavant et des signes de primo 3 semaines après cette aventure, l'idée d'attendre plusieurs jours à l'époque en allant dans un centre de dépistage, et d'affronter la sentence du diagnostic, de la déclaration obligatoire, me semblait insuportable, comme un viol.... En même temps je voulais savoir... J'ai cherché et trouvé sur internet un autotest à l'époque vendu en Grande Bretagne ... 15 jours après je me suis donc découvert ma séropositivité un soir tout seul. J'ai passé ma première nuit de S+ à ressasser, passant du désespoir de ce qu'allait devenir ma vie, à l'espoir d'une erreur de lecture du test... Finalement le lendemain je suis aller consulter pour refaire le test.. Bien confirmé cette fois.. Je n'ai donc pas été surpris...

4 ans après, je suis toujours là, et je suis un séropo assez serein.. c'est donc que psychologiquement j'ai encaissé le coup.. Aurais-je mieux supporté cette annonce accompagné par un médecin.. probablement oui... ( ca dépend aussi du médecin...) mais au final... pour ma part, j'avais le sentiment qu'il valait mieux pour moi affronter seul le diagnostic.. préférant accuser seul le coup plutôt qu'en présence d'autrui.. Ces tests peuvent donc dans certains cas être utile.

Est-ce d'ailleurs a cause de cette annonce que j'ai assumée seul, que je n'éprouve pas ce besoin de partager avec d'autres (hormis  mon médecin ) mon statut de S+ ?

 

Pour autant, je ne crois pas que les autotests aideront plus a convaincre du dépistage ceux qui ne veulent pas se faire tester.

Il y en a qui se testeront d'ailleurs peut-être tous les mois comme un jeu, et d'autres jamais... Il y en a peut-être même certains pour qui cet auto-test sera une décharge d'adrénaline ..Une sorte de saut à l'élastique intérieur... 

 

J'aimerai ajouter qu'il faudra se méfier de la banalisation de ces dispositifs... afin qu'un de ces jours on ne les retrouve pas en médecine du travail comme une "proposition" en apparence aussi banale que le dépistage par bandelettes urinaires du diabète...  et je ne sais pas pourquoi mon petit doigt me dit que ca ne m'étonnerait pas qu'on entende un jour parler de telles dérives..

 

Quand la société acceptera qu'être S+ est un état de santé banal... Alors les tests de dépistage seront aussi banalisés... Mais ce n'est pas pour tout de suite à mon avis..

Portrait de icare.69

Je suis dubitatif sur le terme auto-test, comme s'il était forcément fait soi-même. Pour moi c'est plutôt  " à la maison", le terme anglais "home-test" est d'ailleurs plus juste.

 

Je partage pleinement l'avis de basique, la plupart de ceux qui souhaitent se tester le feront, auto-test ou pas. En revanche un auto-test en vente libre, ce sera, j'en suis convaincu, dans un premier temps proposé à son nouveau partenaire plutot qu'à soi-même. Ou alors fait à 2 ensemble avant de passer aux choses pas sérieuses.

A la limite pourquoi pas, dans un contexte de confiance mutuelle ça peut être sympa et enlever tout doute. Mais je suis sur que ça peut vite dériver, et la les assurances, les mutuelles, les employeurs vont vite s'y engouffrer. Déjà que je connais pas mal d'employeurs qui, sous des prétextes fallacieux, demandent la copie de l'attestation vitale.

Je soupsonne même qu'il sera assez facile de réaliser des tests à l'insu des personnes.

 

Quant au discour d'introduction de la turbulence, quand il précise que sur 1763 couple on mesure une efficacité de 96%, il ne précise pas 

- qu'il s'agit de 1763 équivalent années exposition

- que 96% des personnes utilisaient systématiquement le préservatif

 

et si on prend la question dans l'autre sens, 96% d'efficacité c'est 4% d'inefficacité, me semble-t-il. Donc excellent pour combattre l'épidémie, c'est indéniable. Moins pour se lacher à couilles rabattues. 

 

 

 

 

 

 

 

Portrait de pascalcoucou

Suite à quelques questions de certain-e-s des précisions, sur les tests dans les LM, alors pour les tests en pharmacie, comment ca va se faire ?????

1° Précision au sujet de l’interdiction de faire une TROD à un-e mineur-e sans l’autorité parentale (que la DGS a omis de nous donner, mais bon) : ceci est également valable pour les adultes sous tutelles. Ils semble que nous en rencontrions un certain nombre dans nos actions, notamment lors d’interventions dans des structures sociales. Pour faire un TROD à une personne majeure sous tutelle, si on n’est pas médical, il faut donc obtenir au préalable le consentement de son ou sa tuteur-trice (très souvent pour les personnes en hébergement collectif, c'est quelqu'un de l'établissement ou un-e professionnel-le de la tutelle qui dispose de cette autorité - voire de la tutelle pour plusieurs des hébergé-e-s).

Par ailleurs, au sujet de l’interdiction de dépister des mineur-e-s sans l’accord d’une autorité parentale, les TA dans les DFA ont commencé à répertorier le nombre de mineur-e-s qu’ils-elles refusent de dépister et orientent. Est-ce que vous faites la même chose dans vos TA ?  Constatez-vous des difficultés particulières à appliquer cette nouvelle directive et si oui avez-vous pris le temps de bien briefer toutes les personnes qui dépistent en lien avec les coordinateur-trice-s, pour ne pas se mettre hors la loi?
 juste sur ce sujet, qu'en pensez vous, la liberté de se dépister pour une partie de la population, mais pour tous hum !!!!!

                           Pascal ... .. .

Portrait de croquant

quand je vois des annonces recherche mecs clean ca serait encore un moyen de nous écarterCry

c sur ghettoîsé il y aurait moins de transmission, on serait hors circuit

Portrait de PAMELOS

Si comme le dit Marc Dixneuf directeur des programmes associatifs France Sidaction ,l'objectif est surtout d'atteindre une population à risque ,éloignée du soin et qui ne se font pas dépister  dans les centres anonymes et gratuits, tels les migrants,les SDF, les prositutées ou les usagrs de drogues ...........ben moi je dis que c'est pas gagné vu le prix pour certains se sera pas possibles ...........  mise en garde: il existent des centaines de tests en vente sur internet  il ne sont pas fiable  pour l'intant aucun d'eux n'est conforme à la réglementation .......

 extait de l'article paru dans femme actuelle N° 1540  mars/ avril 2014

 Bien à vous , et la vie continue

                                                   Pam

Portrait de PAMELOS

Je pense que se faire dépister donc connaitre son statut sérologique  devrait être pour tous  un acte citoyen dans l'intérêt général  de la santé publique.

Malgré les campagnes de prévention et d'information  les divers  outls mis en place  et ce depuis des années  nous arirvons encore à ce jour à des chiffres de contamination  tout ages confondus  qui   pour ma part me mettent  légèrement en colère et m'attriste, il serait de bon ton de rendre obligatoire le dépistage  en  instaurant une carte de dépistage ( confidentielle ) un peu  comme le  carnet de vaccination obligatoires ainsi que  la prise en charge médicale si besoin...

Partant du simple  constat  que les personnes conraminée qui l'ignorent sont et  seront  les maillons  de l'épidémie  sous  jacente et incontrlable donc dangereuse.Il y a urgence  l'incitation au dépistage ne suffit plus pour divers et multiples raisons.

Les associatios de lutte contre le sida ont lutter  des années  fermement contre  une telle mesure   garant  du droit de la libeté de chacun de choisir ou non de se faire dépister, mais  nous connaisson l'imprtance du dépistage pour mettre un treme à l'épidémie pourtant il est primordiale  de  ne pas négliger  le droit et la  liberté des personnes

Ces nouvelles données démontrent l’importance du dépistage et du traitement pour mettre un terme à la pandémie. Toutefois, il est primordial de ne pas négliger les droits et libertés des personnes vivant avec le VIH. La plupart de ces personnes craignent de transmettre  le VIH à un partenaire et prennent déjà tous les moyens nécessaires pour éviter la transmission. Certains pays préparent des lois pour rendre obligatoires le dépistage et le traitement des personnes diagnostiquées. Les personnes qui seront les plus touchées par ces lois sont celles qui sont souvent déjà stigmatisées : travailleurs du sexe, hommes gais et bisexuels, immigrants, toxicomanes, détenus. Forcer le dépistage pourrait provoquer de profonde fracture sociale sans apporter de bénéfices réels au niveau de la santé publique.

http://pvsq.org/2014/03/declaration-de-consensus-communautaire/

En  2014 est il prérable de donner la priorité

- à la libeté  de chacun dans son choix  au risque de lui donner la libeté et le droit de contaminer involontairement

- ou  à l'obligation de  se faire dépister selon un protocole définit et  l'informer de bénéfices réels de cet acte citoyen son intéret personnel et gérnérale

pour répondre à  Pascalcoucou pour ma part  je pense que  dans ce cas du dépistage du VIH ,VHC VHB ..... aucune exception ne devrait s'imposer ,bien évidemment  je suis pour  que les parents de mineur  ne soit pas exclu de la démarche   ,et que les personnes sous tutelle  soit accompagnées  il faut définir qui  doit être l'acompagnant ,pas le tuteur mai un acompagnant sociaux médical

Il  reste   la liberté de choisir de dire   ou pas et la liberté agir sciemment  dans le respect de l'autre et de soit .

Et la vie continue bien a vous bises

PAM

Portrait de frederic16

Une epidemie,pfffffffffffffffffffffffffffffffffff..Une epidemie controlable oui et pas besoin d autotests..

DISCRETION-RESPECT

Sa reste tout de meme tabou.Le tout est de savoir soi-meme si on est seropositif ou pas.AMITIE

Portrait de pascalcoucou

Ils font bien le test marital, pourquoi pas, avant il y avait l'armée, qui faisait une partie des découvertes, mais maintenant, pfrffff, c'est plus trop ça, un cap est passé, vers le chronique, et l'attention est retombée, pour s'occuper des autres continents, en France, avec l’évolution stagnante, le soufflé retombe.

Et comme dit Pam, dans les 2 phrases suivantes c'est très dur à gérer, entre le "il faudrait" et le droit à "la liberté des personnes".

1)  Partant du simple  constat  que les personnes contaminée qui l'ignorent sont et  seront  les maillons  de l'épidémie  sous jacente et incontrôlable donc dangereuse.Il y a urgence  l'incitation au dépistage ne suffit plus pour divers et multiples raisons.

2)   Les associations de lutte contre le sida ont lutter  des années  fermement contre  une telle mesure   garant  du droit de la liberté de chacun de choisir ou non de se faire dépister, mais  nous connaissons l'importance du dépistage pour mettre un terme à l'épidémie pourtant il est primordiale  de  ne pas négliger  le droit et la  liberté des personnes.

Pourtant la ligne de conduite associative de AIDES prédispose le TROD  en action primordiale.

Pour le moment que VIH, mais avec les tests en libre service, ça peut peu être aider mieux, (en regard de ce qui a été fait pour les tox, par exemple, échange de seringues etc ....)

Les distributeurs de présos aussi, ça à pu en aider, je pense, perso pour moi ça m'a permis de faire moins de contaminations (par seringue), sans le savoir, à l'époque, nous ne savions pas les modes de contamination comme actuellement comme pas mal d'entre nous en fait, mais c’était il y a 25 ans quand même.

 

Que nous promet l'avenir, hum, pour les générations à venir !!!!

     Pascal ... .. .

Portrait de croquant

il y aura toujours des contaminés qui s ignorent on va pas se faire le test tout les jours

rt pui a chaque relation on va nous demander de le faire

lors de voyages ausssi, dans des familles genre mon sale fils de pd  fait le test pour rentrer a la maison...

trop de dérive possibleSealed

je me répète je sais mais c est inquiétant

Portrait de bernardescudier

basique wrote:

En 2009 ayant un très sérieux doute apres un rapport non protégé quelques mois auparavant et des signes de primo 3 semaines après cette aventure, l'idée d'attendre plusieurs jours à l'époque en allant dans un centre de dépistage, et d'affronter la sentence du diagnostic, de la déclaration obligatoire, me semblait insuportable, comme un viol.... En même temps je voulais savoir... J'ai cherché et trouvé sur internet un autotest à l'époque vendu en Grande Bretagne ... 15 jours après je me suis donc découvert ma séropositivité un soir tout seul. J'ai passé ma première nuit de S+ à ressasser, passant du désespoir de ce qu'allait devenir ma vie, à l'espoir d'une erreur de lecture du test... Finalement le lendemain je suis aller consulter pour refaire le test.. Bien confirmé cette fois.. Je n'ai donc pas été surpris...

4 ans après, je suis toujours là, et je suis un séropo assez serein.. c'est donc que psychologiquement j'ai encaissé le coup.. Aurais-je mieux supporté cette annonce accompagné par un médecin.. probablement oui... ( ca dépend aussi du médecin...) mais au final... pour ma part, j'avais le sentiment qu'il valait mieux pour moi affronter seul le diagnostic.. préférant accuser seul le coup plutôt qu'en présence d'autrui.. Ces tests peuvent donc dans certains cas être utile.

Est-ce d'ailleurs a cause de cette annonce que j'ai assumée seul, que je n'éprouve pas ce besoin de partager avec d'autres (hormis  mon médecin ) mon statut de S+ ?

 

Pour autant, je ne crois pas que les autotests aideront plus a convaincre du dépistage ceux qui ne veulent pas se faire tester.

Il y en a qui se testeront d'ailleurs peut-être tous les mois comme un jeu, et d'autres jamais... Il y en a peut-être même certains pour qui cet auto-test sera une décharge d'adrénaline ..Une sorte de saut à l'élastique intérieur... 

 

J'aimerai ajouter qu'il faudra se méfier de la banalisation de ces dispositifs... afin qu'un de ces jours on ne les retrouve pas en médecine du travail comme une "proposition" en apparence aussi banale que le dépistage par bandelettes urinaires du diabète...  et je ne sais pas pourquoi mon petit doigt me dit que ca ne m'étonnerait pas qu'on entende un jour parler de telles dérives..

 

Quand la société acceptera qu'être S+ est un état de santé banal... Alors les tests de dépistage seront aussi banalisés... Mais ce n'est pas pour tout de suite à mon avis..

Etre S+ est un état de santé banal... ?

Ah ! Merci pour cet optimisme.

Portrait de frabro

Puisque ça ne concerne que peu de personnes en France par rapport aux autres pathologies graves. Ce serait banal si ça touchait des millions de personnes, comme els cancders par exemple.

Mais ça devient banal dans la mesure où les personnes atteintes vivent de mieux en mieux en mieux leur maladfie et ont une espérance de vie en bonne santé de plus en plus proche de ceux qui en sont pas atteints.

L'optimisme n'est pas exagéré, lui aussi devient banal en matière de vih dans notre pays.

Portrait de bernardescudier

Les personnes atteintes vivent de mieux en mieux  ?

Ca c est super optimiste. Merci !

Portrait de frabro

Mais des centaines de témoignages sur Seronet sur les forums et les blogs.

Je ne vois pas l'intérêt de susciter une énième polémique stérile avec des "merci pour l'info". Si tu as de vrais arguments, développe, ça intéressera surement plus les lecteurs.

Portrait de bernardescudier

Des temoignages optimistes sur les seropositifs  appeles Vih controllers super ! 

 Rejoignez pour info sur les Vih controllers le lien de seronet suivant :

http://www.seronet.info/billet_forum/codex-extremes-appel-candidatures-pour-des-recherches-sur-des-vaccins-et-des-therapies#comments

Portrait de frabro

Les auto-tests ne diront pas si la personne découverte positive sera controleur ou long time survivor.

L'intérêt est donc d'ajouter une nouvelle forme de dépistage pouvant inciter plus de personnes à se dépister et à se faire suivre correctement si elles se découvrent atteintes.

Plus les personnes contaminées seront nombreuses à controler la réplication virale, naturellement ou par les traitements, plus vite l'épidémie se réduira.

Ert c'est la seule chose qui m'intéresse.

Portrait de bernardescudier

Je n ai pas le temps d engager une polemique sur la banalite des seropositifs et des tests. D'autant plus que je suis extremement favorable aux tests en pharmacie.

Mais je ne suis pas d'accord avec la ligne de Spire  qui est le pâtron a Aides et qui dit que tout est sous contrôle.

A force de banaliser le Vih, la prevention est un echec, et les contaminations explosent !

 Ai je le droit d exposer un point de vue ?

Portrait de cyril13

...pour mener une bonne campagne d'information/prévention , sans "stigmatiser" les séropos.

En effet, il faut d'une part, faire passer le message  que vivre avec le vih c'est possible, pour soi comme pour les autres (dédiabolisation de la maladie), mais pas sans conséquence physique (du moins sur le long terme), et d'autre part, avoir un message suffisemment "alarmiste" pour éviter, au maximum, les nouvelles contaminations.

Concernant les auto-tests, ce me semble être une mesure supplémentaire qui va dans le bon sens, à condition, bien sûr, qu'ils ne soient pas utilisés pour faire une "sélection" (travail, plan cul, etc...).

Portrait de bernardescudier

Je partage ta presentation sur les nature et les limites d'une bonne campagne de prevention. Sans diaboliser le Vih et sans stigmatiser les seropos.

Portrait de volcan63

et stigmatiser les séropos cela fait 30 ans que cela dure....Il faudrait déjà dédiaboliser et déstigmatiser cette pathologie et les séropos et ensuite faire le reste...le citoyen lambda ne s'y retrouve déjà plus alors en faisant tout en même temps......Quel cafouillage en perspective....30 ans de bannissement,de préjugés,de mensonge on peut utiliser 2 ou 3 ans pour déjà se faire accepter comme des malades normaux et s'occuper du reste ensuite je pense que ce serait plus constructif plutôt que de tout faire en même temps. 

Portrait de Mumbly

peuvent être une bonne alternative pour faire reculer l'épidémie. Chacun étant libre de se tester ou pas. Si cela avait été à ma disposition, j'aurais fait le test tous les 6 mois au moins et me serait traité bien avant l'apparition de maladies opportunistes! Eh oui, les médecins n'osent toujours pas proposer le dépistage vih, même comme c'est mon cas j'ai toujours informé que j'avais une vie sexuelle trés active et dispersée. J'ai eu toute la batterie de contrôles de mst... mais pas le vih... et ça avec plusieurs médecins, et sur une période de 7 ans. Je savais que cela pouvait survenir mais je n'avais pas envie  (et pas pris le temps non plus) d'aller à l'hosto me confronter au regard d'autrui.

Si j'avais eu ce test, je l'aurais fait... j'aurais su, et après avoir digéré la nouvelle j'aurais pu me soigner en temps utile. 

Portrait de volcan63

C est vrai,ça peut aider mais il ne faut pas que son utilisation soit dévié vers un test en entreprise (publique ou privée) ou tout autre utilisation malsaine.....Ce test doit rester un test individuel et privé!

Portrait de Allegiato

Et pour d'autres qui comme lui ne veulent pas dévoiler sa condition.

Salut. Je voudrais te poser une question...

Si tu ne trouves pas agréable de partager ton statut, est-ce à cause de ton entourage (qui t'a peut-être discriminé ou fait chier) ou de ta perception de la maladie elle-même?

Ca fait un an et midi que je connais mon statut... mais moi, j'avais hésité depuis si longtemps d'aller chez un centre de dépistage et le découvrir. Auparavant, je croyais que les personnes atteintes par le VIH ne devraient pas cacher leur statut, lorsqu'il s'agissait d'une maladie qu'on peut prévenir et, de même, traitable.

Cependant, je me suis rendu compte que les gens d'aujourd'hui ne valorisent pas le courage qu'il faut pour affronter cette maladie, et ils pensent que c'est une obligation de le crier aux quatre vents. Et ca m'a fait beaucoup souffert.

J'aimerais savoir ton (votre) opinion sur ce sujet. Est-ce vraiment nécessaire dire son statut?

Portrait de basique

je ne sais pas dire pourquoi au départ je n'ai pas communiqué.. j'ai très vite eu le sentiment que ca ne m'apporterai pas forcément grand chose, que l'acceptation de ma serologie, était un parcours qui me concernait moi seul, que je voulais être libre de ne pas sentir un regard différent des autres posé sur moi. Avec le temps (depuis 2009) je n'ai pas bougé d'un iota, je gère plutôt très bien le fait de gérer celà seul, et si j'ai des questions, je les pose ici..

Un jour j'ai lu un livre ou un sage demandait a quelqu'un ce qu'il aurait aimé faire dans la vie.. le type lui dit qu'il aurait toujours rever d'être bibliothécaire, mais qu'en ayant parlé autour de lui, tout le monde lui avait déconseillé ce choix, et que finalement, il avait écouté ces avis, et était resté à travailler dans la finance.. Le sage lui a alors demandé si ceux auprès de qui il s'était renseigné connaissaient le métier de bibliothécaire ? Non répondit-il je me suis adressé à des collègues, ou à mon entourage.. Sur quoi le sage répondit que si on veut devenir bibliothécaire, le mieux est de se renseigner auprès d'un bibliothécaire.. et qu'il ne fallait pas écouter les avis de ceux qui ne savent pas, parce que ces avis là ne font pas avancer celui qui cherche sa voie..

J'ai fait de cette démarche la mienne, je ne pense pas qu'une personne même bien intentionnée qui ne connait pas ce qu'est être S+ puisse m'apporter quelque chose.. sinon au pire sa propre peur..

j'ai même poussé celà jusqu'a ne pas opter pour le 100% ce qui ne change d'ailleurs rien si ce n'est chez le généraliste une fois tous les 6 mois.

Je conçois bien sur que d'autres aient des avis différents, chacun à sa propre vision, et sa propre vie.

probablement au début, j'ai imaginé aussi qu'en quelques années un traitement définitif serait trouvé, et que ce silence serait de courte durée.. Là dessus, je me suis un peu trompé je dois dire.. :-)

 

Portrait de Kio

c'est lancé ? test en vente en pharmacie en France ?

Portrait de corentin34

Comme disait Voltaire, "en France, tout arrive. Mais ça prend du temps..." Victoire tardive, certes, mais Victoire!

Depuis hier, donc, les autotests sont en vente libre en pharmacie, au prix d'environ 25 €.

Dans un second temps, ils pourront être délivrés gratuitement par des associations. Les pharmaciens peuvent être sollicités pour réaliser le test, et donc pour lire le résultat. En tout c'est 15 mn. C'est fiable et facile d'utilisation et l'on peut choisir d'être seul ou accompagné. Elle est pas belle la vie?

Philippe Douguet