Tu vas vivre : être séropositif à 25 ans

Publié par Fred-seronet le 15.12.2020
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Olivier a 25 ans et il est séropositif depuis l’âge de 20 ans. Dans Tu vas vivre, un court métrage documentaire de 23 minutes, il nous fait entrer dans son intimité et partage un peu de son quotidien et ses états d’âme. Une œuvre touchante et pudique.

Mehdi Sahed, jeune réalisateur de 26 ans, nous explique comment est né ce projet de court-métrage documentaire : « Je suis séronégatif et quand je suis arrivé à Paris, il y a trois ans, j’étais dans une peur constante de contracter le VIH. Je pense que sans m’en rendre compte, j’étais, moi-même, sérophobe. Au fil de mes rencontres et de mes dépistages, j’ai commencé à me sensibiliser à la question. J’ai réalisé que cette peur maladive de la séropositivité était devenue quasi irrationnelle. J’avais des représentations erronées qui ne correspondaient pas à la réalité actuelle du VIH en France. J’avais associé le VIH à la mort et j’ignorais tout des traitements actuels et notamment de la notion : Indétectable = Intransmissible ».

Alors qu’il travaillait à l’écriture de son court-métrage documentaire, Mehdi, décide qu’il a envie de participer à sa manière à la lutte contre la sérophobie en montrant la réalité du VIH à travers le quotidien d’un jeune séropositif d’aujourd’hui. « J’ai rencontré Olivier un peu par hasard dans un bar, le Duplex. J’étais justement en train de me demander qui pourrait incarner la personne séropositive dans mon projet et j’avais conscience que témoigner à visage découvert restait compliqué ». Les deux jeunes hommes se voient plusieurs fois pour parler du projet et le tournage commence pendant l’hiver 2019.

Ce qui frappe dans ce documentaire c’est le nombre de gros plans, un parti pris artistique assumé par le réalisateur : « Je voulais être au plus proche d’Olivier. Je filme les visages en gros plans souvent car je trouve ça hyper sensoriel et ça permet de se rapprocher de la personne physiquement. Il y a aussi beaucoup de plans fixes d’éléments qui sont dans son appartement et qui disent des choses sur lui et son univers. Le but était de rendre Olivier le plus humain possible ».

Mission accomplie car en moins de trente minutes, on ressent une vrai proximité avec le jeune parisien. Qu’il soit en train de refaire le monde avec ses amis-es lors d’une soirée raclette, en rendez-vous médical avec son infectiologue ou en balade, Olivier est un jeune homme d’aujourd’hui, avec ses doutes, ses questionnements et une sensibilité très touchante. Il explique avec ses mots en quoi le VIH a pu compliquer sa vie et ses rencontres amoureuses. Il parle de la sérophobie qu’il subit, quand un garçon sur une appli de drague lui demande s’il est clean. Il aimerait être plus léger, plus insouciant, mais on sent une certaine mélancolie en lui.

Finalement, le VIH est un personnage secondaire dans ce film. L’infectiologue d’Olivier lui explique que son traitement est efficace, sa charge virale est indétectable et il ne peut pas transmettre le VIH. Indétectable = Intransmissible : c’est une notion que le jeune homme a bien intégré. D’ailleurs, il ne voit pas pourquoi il devrait annoncer son statut sérologique au premier venu qu’il rencontre sur une appli ou dans un bar. Il sait qu’il ne peut pas transmettre le VIH : « C’est personnel. C’est de l’ordre de la santé. On ne va pas demander à quelqu’un de diabétique d’en parler à son premier rendez-vous », explique Olivier.

« Je ai écrit ce documentaire en pensant à moi il y a trois ans », explique Mehdi Sahed, le réalisateur. « Il est destiné à ceux qui ont peur de la séropositivité et qui ont une sexualité un peu rongée par cette phobie. Je n’avais pas envie d’en faire un film institutionnel. J’avais plutôt envie de créer un récit intime dans lequel vient s’imbriquer la sensibilisation au VIH et à la sérophobie ».

Pour la séquence finale, Mehdi a demandé à Olivier d’écrire un texte fictif à une personne qui viendrait d’apprendre sa séropositivité. Avec en fond visuel des images de la marche des fiertés LGBT, on entend la voix d’Olivier qui raconte en quelques mots comment le VIH a bouleversé sa vie, mais c’est un message d’espoir et de résilience qu’il veut faire passer : « Tu vas vivre car toi aussi avec l’aide thérapeutique tu endormiras cette partie-là de toi. Je suis convaincu que tu peux toi aussi en faire ta force car tu n’es pas seul ».

Découvrez en exclusivité et pour une durée limitée le documentaire Tu vas vivre, réalisé par Mehdi Sahed.

 

Commentaires

Portrait de alex ception

  simple et reussi....... Merci 

Portrait de Butterfly

Super d'avoir eu cette occasion !

Ben prend moi dans ton film mdr moi a eu a 24 ans en 84 et tjrs en vie ! sans détailler les fatigues ou maladie oportuniste qui se greffent bref 35 ans aprés je rêve tjrs de faire du cinéma mais avait a eu d'autres chemin bah .. 

Bonne fin d'année ! 

Portrait de Butterfly

Super Reportage Bravo merci