Un goût de chiottes !

Publié par jfl-seronet le 31.05.2016
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Jusqu’où vont se cacher le mépris, la violence, l’esprit revanchard, la connerie ? On peut légitimement se poser la question avec la fameuse "bataille des toilettes" qui se déroule actuellement aux Etats-Unis.

Et on peut y répondre : dramatiquement loin, affreusement loin ! Pour celles et ceux qui ont raté l’affaire (elle est toujours en cours), voici de quoi il s’agit. Tout démarre lorsque la Caroline du Nord, un Etat à l’est des Etats-Unis, adopte, en mars 2016, une loi qui exige des personnes trans qu’elles utilisent dans les lieux publics les toilettes correspondant à leur sexe de naissance, et non à leur sexe actuel.

On pouvait penser que le choix de cet Etat de faire d’une discrimination doublée d’une humiliation un acte légal aurait tourné court… mais c’est mal connaître les Etats-Unis. La honteuse disposition fait école.

En avril, c’est l’Etat du Mississippi qui lui emboîte le pas ; puis dans des régions conservatrices, comme au Texas, à des échelons divers, des législations similaires sont adoptées voire sont en passe de l’être. Mais qu’est-ce qui motive l’adoption d’une telle discrimination ? C’est là qu’on voit que la connerie est sans bornes et la mauvaise foi sans limites. Ainsi, certains partisans de ces odieuses mesures avancent qu'elles seraient nécessaires pour protéger les femmes d’éventuels prédateurs sexuels… A les écouter, contraindre des femmes trans nées hommes à utiliser les toilettes publiques hommes assureraient la sécurité des femmes. On voit bien l’inanité de cette pathétique justification. Mais on trouve pire. Contexte électoral oblige, on doit cette monstrueuse connerie à un candidat ultraconservateur, le Républicain Ted Cruz. Ce dernier, alors que le débat bat son plein, croit utile de faire ce tweet : "Nous ne devrions pas permettre que des petites filles seules se retrouvent dans des toilettes avec des hommes adultes. C'est une très, très mauvaise idée". Ted Cruz a abandonné la primaire des Républicains, il ne sera donc pas candidat à la présidentielle américaine. Vu la hauteur de vue… ce n’est pas un drame. De façon assez surprenante, Donald Trump, lui aussi candidat à la primaire, se démarque. Il a pourtant multiplié des derniers mois les déclarations jugées discriminatoires contre les musulmans, les Hispaniques et les femmes, mais sur ce sujet, il s’est posé en champion de la tolérance en déclarant que les personnes trans devraient pouvoir utiliser les toilettes qu'elles veulent.

On le voit aucun argument des partisans de ces mesures ne tient la route, d’ailleurs comment le pourraient-ils ? Mais alors qu’est-ce qui explique l’adoption de telles mesures discriminatoires. Aux Etats-Unis, des groupes de protection des droits civiques affirment que ces mesures sont irrationnelles, qu’elles sont impossibles à appliquer et qu’elles mettent en danger les personnes trans. Ils proposent aussi une clef de lecture : la volonté de prendre sa revanche sur le mariage homo, défendu par la Cour suprême des Etats-Unis et qui s’impose à l’ensemble des Etats. "Je pense que les opposants au mariage gay et lesbien réalisent qu'ils ont perdu la bataille juridique et qu’ils ont réorienté leur stratégie vers les transgenres", estime ainsi Katherine Franke, directrice du Centre de la législation du genre et de la sexualité à l'université de Columbia. "Ils pensent qu'ils peuvent marquer des points avec des réglementations discriminatoires sur qui peut utiliser quelles toilettes", ajoute-t-elle, citée par l’AFP. Autrement dit, les opposants au mariage des couples de même sexe seraient des mauvais perdants et auraient décidé de changer de cible pour mener la vie dure aux personnes trans, en pensant que ces dernières se défendraient moins ou seraient moins défendues. Dans les faits, c’est un mauvais pari.

Depuis des mois, ces réglementations discriminatoires déclenchent un tonnerre de protestations et pas seulement dans les associations de défense des droits des personnes LGBTI. Des entreprises américaines et internationales ont annulé des projets avec ces Etats transphobes. La société de paiements par Internet PayPal a ainsi annulé, en avril dernier, son projet d'ouvrir un centre en Caroline du Nord qui aurait employé 400 personnes. La banque allemande Deutsche Bank a annoncé le gel des 250 postes qu'elle prévoyait de créer en Caroline du Nord. Des stars de la chanson comme Bruce Springsteen, Cindy Lauper, Bryan Adams, Ringo Starr ou le groupe Pearl Jam ont annulé des concerts dans ces mêmes Etats. D’autres initiatives ont été prises comme celle de la ville de New York qui a promulgué un décret pour assurer que l'accès aux toilettes publiques de la ville serait accessible selon l'identité de genre. La chaîne de supermarchés Target a fait de même. Ce mouvement est à la fois rassurant (c’est toujours bon de voir que des célébrités et des marques sont hostiles aux discriminations) et passionnant puisque c’est la société civile qui monte au front pour défendre les libertés et que ce combat trouve un large écho.

Restait alors le gouvernement américain… allait-il laisser faire ? Finalement, lui aussi est monté au front. Le ministère de la Justice a envoyé à Pat McCrory une lettre le prévenant qu'en vertu de cette loi, la Caroline du Nord violait désormais les lois fédérales et l'a enjoint d'y remédier au plus vite. Faute de se plier à cette injonction, l'Etat risque d'être privé d'importantes subventions fédérales — La Caroline du Nord reçoit notamment, chaque année, plusieurs milliards de dollars du ministère de l'Education.

Une telle discrimination est illégale, a bien confirmé la ministre de la Justice Loretta Lynch, annonçant que son ministère saisissait la justice fédérale. "Cette action a une portée dépassant nettement le cadre des toilettes. En jeu sont la dignité et le respect de nos concitoyens", a-t-elle affirmé. "Cette loi revient à infliger davantage d'indignité à une communauté qui a déjà souffert bien plus que son dû", a ajouté la ministre de la Justice. Le 9 mai dernier, le gouverneur de Caroline du Nord, Pat McCrory, a demandé à la justice de déterminer si sa loi discriminatoire envers les personnes transgenres violait ou non la loi fédérale. On a hâte de connaître la réponse.

Commentaires

Portrait de hellow

si on parle de trans, il s'agit bien là de personnes opérées et donc avec un état civil en accord avec leur choix de sexe

si on parle de trav, qui souvent se disent trans mais il s'agit en réalité d'hommes habillés en femme

peut-être orienter le débat vers des chiottes neutres mais au goût de chacun

c'est brun compliqué pour le genre humain !

Portrait de ORAISON

comment fait une trans qui n'a plus de zizi pour faire pipi dans les urinoirs ?? 

elle fait pipi parterre

QUE TOUS LES TRANS DE LA TERRE SE RENDENT CHEZ LA CAROLINE POUR PISSER PARTERRE

ça changera de l'odeur de merde des cowboys

Portrait de IMIM

Et que Trump se roule dedans.........!!!!!!