2010 : plus belle la vie ?

Publié par jfl-seronet le 03.01.2012
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Comme chaque année, l’INSEE a dressé le portrait social de la France. Cela donne un ouvrage (de référence) qui permet de "mieux connaître la société française". Cette vue d'ensemble présente le bilan des évolutions économiques et sociales. Elle décrit les disparités et évolutions de salaires et de niveaux de vie et dépeint les conditions de vie. Seronet a pioché dans les sujets et les chiffres qui peuvent intéresser les Seronautes.
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Redistribution : état des lieux en 2010
On parle beaucoup de redistribution. Redistribution ? Derrière le terme, on trouve les prestations sociales. Des prestations sociales qui, avec les prélèvements, réduisent les inégalités de revenus dans la population. Selon l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) : "En 2010, les prestations sociales (prestations familiales, minima sociaux et allocations logement) contribuent pour les deux tiers à cette réduction et les prélèvements pour un tiers, imputable en très grande partie à l'impôt sur le revenu". "En vingt ans, l'impact redistributif du système socio-fiscal (…) s'est légèrement réduit, sous l'effet des différentes mesures qui ont été prises. L'impôt sur le revenu est en 2010 à la fois moins progressif et d'un montant relativement plus faible qu'en 1990 : il réduit donc moins les inégalités de revenus. De même, les prestations sociales apparaissent moins redistributives qu'elles ne l'étaient en 1990. Elles ont été le plus souvent revalorisées selon l'inflation, et ont donc évolué moins vite que les revenus moyens de la population. Cette érosion relative de leurs montants, qui affecte leur capacité à réduire les inégalités, l'a emporté sur certaines réformes ayant à l'inverse accentué leur progressivité (…). Au total, entre 1990 et 2010, le rôle du financement de la protection sociale dans la réduction des inégalités s'est accru, tandis que celui des deux canaux traditionnels de la redistribution (les prestations et l'impôt sur le revenu) s'est resserré", indiquent les experts de l’Insee. Autrement dit : les prestations sociales contribuent aujourd'hui un peu moins qu'il y a vingt ans à réduire les écarts de niveau de vie en France, même si elles restent le premier vecteur de diminution des inégalités.

Revenus : des inégalités et des corrections via la redistribution
L'Institut national de la statistique part du constat que les prestations sociales et les prélèvements réduisent les inégalités de revenus dans la population. Ainsi, "20% des Français qui ont les revenus les plus élevés avant redistribution ont un niveau de vie un peu plus de 7 fois supérieur aux 20% des ménages les plus modestes", indique Fabrice Lenglart, directeur des études sociales et démographiques : 53 600 euros par an pour les uns, contre 7 400 euros pour les autres. Les écarts sont encore plus grands si l'on considère les 10% des ménages les plus riches, qui reçoivent 69 700 euros par an, soit environ 16 fois plus que les 10% les moins riches (4 300 euros). Ça, c’est pour les inégalités. Mais une fois que l'on prend en compte "l'impact redistributif du système fiscal et social", c'est-à-dire l’impact des transferts liés aux prestations sociales (allocations familiales, logements, minima sociaux...) et aux prélèvements obligatoires (impôt sur le revenu, cotisations sociales et CSG), le rapport montre que le niveau de vie moyen des 20% les plus riches n'est plus que 3,9 fois supérieur aux 20% les moins riches. Ce sont les prestations sociales qui contribuent le plus à réduire les inégalités (pour deux tiers, contre un tiers pour les prélèvements), notamment via les prestations familiales. Depuis vingt ans, elles ont toutefois fait l'objet de modifications législatives, qui ont eu tendance à les affaiblir.

Impôts : ça baisse pour les riches
En vingt ans, l'impôt sur le revenu est devenu moins progressif, relève l'Insee : les 20% les moins riches payent moins d'impôt en 2010 qu'en 1990. Parallèlement, la création des contributions sociales (CSG et CRDS), qui ont remplacé progressivement une partie des cotisations et qui intègrent les revenus du capital et pas seulement les revenus du travail, contribuent de leur côté à réduire les inégalités. Ainsi, la hausse des cotisations et des contributions sociales entre 1990 et 2010 représente une perte de 4% du niveau de vie des 20% des plus riches, contre une perte de 1% pour les 20% les plus modestes, a calculé l'Insee.

Plus belle la vie ?
"En France, en 2010, quand on demande aux personnes d'indiquer leur niveau de satisfaction dans la vie, elles répondent en moyenne 7,3 sur une échelle de 0 à 10. La satisfaction augmente systématiquement avec le niveau de vie, mais plus il est élevé, plus le gain de satisfaction est faible, et d'autres dimensions que le revenu interviennent. Les conditions de vie matérielles sont, parmi les facteurs mesurés, celui qui joue le plus sur le bien-être ressenti. Viennent ensuite la santé, le travail et la famille", indique l’Insee.

Prestations sociales : les personnes bénéficiaires
Les personnes bénéficiaires de l’AAH sont passées de 539 000 en 1990 à 883 0000 en 2009, puis 915 000 en 2010. Les personnes bénéficiaires du RSA sont passées de 1 314 000 en 2009 à 1 374 000 en 2010 (le dispositif n’existait pas avant 2009).

Soins et biens médicaux : la consommation 2010

Les chiffres de l’Insee indiquent que nous sommes passés de 47,6 milliards d’euros à 81,2 milliards d’euros en 2010 pour les soins hospitaliers. En 2010, la consommation de soins et de biens médicaux était de 44 milliards pour les soins ambulatoires ou de ville ; 18,4 milliards pour les médecins ; 11 milliards pour les auxiliaires médicaux ; 9,9 pour les dentistes ; 4,3 pour les analyses ; 300 000 millions d’euros pour les cures thermales ; 3,8 milliards d’euros pour les transports des malades ; 34,4 milliards pour les médicaments et 11,6 milliards pour les autres biens médicaux (optique, prothèses…) Au total, le montant de la consommation de soins et de biens médicaux est passé (tout cumulé) de 98 milliards d’euros en 1995 à 175 milliards en 2010.

Santé : qui finance ?
Si on regarde comment se structure le financement de la dépense courante de soins et de biens médicaux, elle se répartit de la façon suivante en 2010 : 75,8% pour la Sécurité sociale de base, 1,2% pour l’Etat et la CMU-C de base, 13,5% pour les organismes complémentaires, 7,5% pour les mutuelles, 3,6% pour les sociétés d’assurances, 2,5% pour les instituts de prévoyance et 9,4% pour les ménages.