Téléconsultation : pour qui, comment, pourquoi ?

30 Mars 2020
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En France, les mesures qui entourent la téléconsultation ou les télésoins, leur pratique par les médecins et les infirmiers-ères ainsi que les conditions pour les patients-es et leur remboursement par la sécurité sociale viennent d’être assouplies, rappelle France Assos Santé, pour répondre avec plus d’efficacité aux besoins des personnes présentant des symptômes grippaux et mieux protéger les médecins et leur patientèle d’une éventuelle contamination. Si les symptômes (toux, fièvre, essoufflements) sont sérieux, il ne faut pas hésiter à appeler le 15. Si les symptômes ne présentent pas de caractère d’urgence, il faut dans tous les cas appeler son médecin généraliste avant de se rendre à son cabinet pour ne pas risquer de contaminer les personnes que l’on croiserait en se déplaçant, le médecin lui-même ou sa patientèle. Il existe également un test en ligne sur un site référencé par le site Ministère de la Santé, depuis le 20 mars 2020, avec un algorithme qui permet de faire le point sur ses symptômes et donne ensuite une orientation sur la marche à suivre dans chaque cas. Il est possible d’envisager une téléconsultation, c’est à dire une consultation vidéo (et sous condition par téléphone) en direct, via un ordinateur équipé d’une caméra ou grâce à un smartphone. La téléconsultation peut avoir lieu : avec un médecin que vous connaissez, s’il propose ce service ; à titre exceptionnel durant cette période de crise sanitaire, avec un médecin qu’on ne connaît pas et qu’on peut par exemple choisir sur l’un des nombreux sites internet dédiés à la téléconsultation médicale ; avec un-e infirmier-ère sur prescription d’un médecin, pour le suivi d’un patient infecté par le Covid-19. Exceptionnellement, en réponse à la pandémie de Covid-19, il est possible d’utiliser des solutions de visio-conférences non sécurisées, comme Skype, WhatsApp ou FaceTime. Par téléphone si aucune autre solution n’est possible pour les infirmiers-ères qui suivent, selon une prescription d’un médecin, les patients infectés par le Covid-19. Les médecins peuvent établir des ordonnances lors de ces téléconsultations. Elles peuvent être envoyées : directement au pharmacien choisi par le patient, via une messagerie sécurisée de santé ; déposé-e-s dans le « dossier » du patient dans le cas où le médecin et le patient utilisent une solution de téléconsultation via un site internet spécialisé ; par email classique (les données ne seront alors pas sécurisées) ; par envoi postal (avec le délai et le risque de non réception que cela suppose). Des arrêts de travail peuvent être également établis lors des téléconsultations. Pour les patients-es rattachés-es aux régimes généraux, MSA, RATP, SNCF, l’arrêt est transmis à l’Assurance maladie par le médecin qui transmet également un exemplaire employeur au patient : dans le « dossier » du patient en cas d’utilisation d’une solution de téléconsultation via un site internet spécialisée ; par email classique (non sécurisée mais en sachant qu’exemplaire employeur ne contient aucune donnée médicale) ; pour les patients-es affiliés-es aux autres régimes d’Assurance maladie, la transmission n’est pas possible. Les trois volets de l’arrêt de travail sont envoyés au patient par son médecin via courrier postal ou par email. Pour une téléconsultation de suspicion au coronavirus, que le médecin confirme ou non le diagnostic d’après les signes cliniques que vous lui décrirez, ou pour des téléconsultations de suivi de patients infectés, vous serez alors remboursé à 100 % par la sécurité sociale (au lieu de 70 % en temps normal) sur la base du tarif d’une consultation en secteur 1, c’est-à-dire une téléconsultation à 25 euros. Attention, certains médecins peuvent appliquer des dépassements d’honoraires qui ne pourront alors être pris en charge que par votre complémentaire santé selon les conditions votre contrat. Les médecins sont encouragés à pratiquer le tiers-payant, c’est-à-dire que le patient n’a pas besoin de faire l’avance des frais et que tout sera transmis et pris en charge par l’Assurance maladie. Dans les cas où le tiers-payant ne pourrait pas s’appliquer ou en cas de dépassements d’honoraires, tous les moyens de paiement sont valables : en ligne (directement intégré et sécurisé sur les sites spécialisés en téléconsultation) ; virement bancaire ; chèque.