Covid-19 : encore un rebond !

Publié par jfl-seronet le 04.07.2022
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ThérapeutiqueCovid-19

Ce ne sont pas encore des obligations, juste de fortes recommandations. Celle du port du masque dans les transports, par exemple, ou dans d’autres lieux clos. Il faut dire que la France assiste à une très nette hausse des contaminations. Côté justice, la France est reconnue fautive de ne pas avoir stocké assez de masques. Quant aux chercheurs-ses, ils-elles explorent encore les conséquences de la pandémie. Récemment, certains-es ont chercher à comprendre dans cette période aux fausses allures Post-Covid-19 ce qui avait pu se passer pour les assos.

Port du masque dans les transports ?

La ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon (dans l’attente de son départ avec le nouveau remaniement ministériel), a demandé (26 juin) aux Français-es de porter à nouveau un masque dans tous les endroits clos avec une forte promiscuité, notamment dans les transports, évoquant un « devoir citoyen » face à la reprise de l'épidémie de Covid-19 en raison de sous-variants d'Omicron, indique l’AFP. « Je n'irais pas jusqu'à l'obligation, mais je demande en tout cas aux Français de remettre effectivement le masque dans les transports », a indiqué Brigitte Bourguignon sur RTL, évoquant plus largement tous « les endroits clos où on est en promiscuité très directe », y compris sur son lieu de travail ou dans les commerces.  « Je ne fais pas que le recommander, je le demande », a-t-elle insisté, face à une « reprise évidente » des contaminations en France ; plusieurs dizaines de milliers de cas sont constatés chaque jour.

Élisabeth Borne lève le masque !

Après la ministre de la Santé et de la prévention, c’est au tour de la Première ministre, Élisabeth Borne, de recommander le port du masque dans les lieux clos et notamment les transports. Élisabeth Borne a demandé (29 juin) aux préfets-es et aux autorités sanitaires (ARS) d'encourager le port du masque « dans les lieux de promiscuité » et « espaces clos », en particulier « les transports en commun », face au regain de cas de Covid-19, a annoncé Matignon. Dans la soirée, Santé publique France a fait état d'un très fort rebond des nouveaux cas de contamination (voir ci-dessous). Nous en sommes aujourd’hui au stade des préconisations. Des « recommandations », sans « caractère obligatoire » (à ce stade), mais qui interviennent alors que le taux d’incidence de l'épidémie « a doublé en une semaine sur la quasi-totalité du territoire métropolitain et dans l’ensemble des classes d’âge de la population », a souligné Matignon. Élisabeth Borne a donc appelé à « amplifier les messages de prévention », avec comme consignes de « se laver fréquemment les mains », d’« aérer régulièrement les espaces clos », le port du masque dans certains lieux et de « se tester dès les premiers symptômes et s’isoler immédiatement en cas de positivité ».  La Première ministre a également demandé à ce que chacun « vérifie son schéma vaccinal », notamment les Français-es de plus de 60 ans et les plus fragiles qui « doivent bénéficier de la deuxième dose de rappel », c'est-à-dire leur quatrième injection. Parallèlement, l'exécutif travaille à un nouveau projet de loi, qui doit être présenté et examiné en juillet, visant à maintenir « un dispositif de veille et de sécurité sanitaire » jusqu'en mars 2023.

Très nette hausse des contaminations

Le nombre de nouveaux cas positifs de Covid-19 en France rapporté mardi 28 juin par les autorités sanitaires a bondi, à 147 248, soit 54 % de plus qu'il y a une semaine, sur fond de « septième vague » de l'épidémie en Europe.  Il s'agit du plus haut niveau de contamination diagnostiquée depuis la fin avril. Il y a sept jours, Santé publique France rapportait quelque 95 000 cas positifs. Et 35 000 cas quotidiens pour le mardi 31 mai, il y a un mois. Au total, 15 496 malades de la Covid étaient hospitalisés-es mardi 28 juin, contre 14 333 une semaine plus tôt. Parmi eux-elles, 898 étaient pris-es en charge dans les services de soins intensifs, contre 841, il y a une semaine. L'Europe connaît actuellement une septième vague de Covid-19, qui s'explique en grande partie par l'échappement immunitaire des nouveaux variants, c'est-à-dire une forte capacité à résister aux protections induites par la vaccination et les précédentes infections.

Stock de masques insuffisant

La France a commis une faute en ne veillant pas à maintenir des stocks suffisants de masques avant l’épidémie de Covid-19, a jugé mardi 28 juin la justice administrative sans toutefois rendre l’État responsable des contaminations. « L’État a commis une faute en s’abstenant de constituer un stock suffisant de masques permettant de lutter contre une pandémie liée à un agent respiratoire hautement pathogène », a soutenu le tribunal administratif de Paris dans une décision rendue le 28 juin. Le tribunal a également estimé que l’État avait commis une faute en tenant des « déclarations qui ont pu avoir notamment pour effet de dissuader la population d’avoir recours à des masques ». Dans les premiers mois de la pandémie, début 2020, le flou avait régné sur l’intérêt de porter des masques chirurgicaux pour se protéger de la Covid-19 ou éviter de la propager. Le gouvernement avait, à l’époque, privilégié l’idée de réserver les masques aux soignants-es directement exposés-es aux malades, dans un contexte de stocks insuffisants, voire de pénurie. Avec un stock d’État d’à peu près 100 millions d’unités, la France s’est, en effet, trouvée rapidement démunie, laissant parfois désemparés-es les professionnels-les de santé et d’autres métiers exposés, comme les caissiers-ères de supermarchés. Les critiques ont aussi visé la communication fluctuante du gouvernement sur le sujet. D’inutile pour le grand public, le masque est finalement devenu obligatoire dans les lieux clos en juillet 2020 et s’est généralisé partout à la fin de l’été, rappelle l’AFP. Une trentaine de plaignants-es avaient donc attaqué l’État en justice, jugeant que cette attitude avait directement contribué au fait qu’ils-elles attrapent la Covid. La justice ne leur a qu’en partie donné raison. S’il reconnaît que l’État a fauté sur sa gestion des masques, le tribunal estime qu’on ne peut pas établir un lien direct avec les contaminations des plaignants-es. La justice souligne trois points : la nature « aléatoire » de la transmission du virus, l’observation qu’un masque ne protège pas à coup sûr contre la Covid et, enfin, le fait que l’État ait pris à l’époque d’autres mesures de nature à limiter la contamination comme l’encouragement à maintenir les distances physiques. Il rejette donc les demandes d’indemnisations des plaignants-es.

Que se passe-t-il pour les assos ?

Après deux ans de crise sanitaire liée à la Covid-19, la situation reste très tendue dans les associations, notamment concernant le nombre de volontaires ou bénévoles, selon une étude publiée lundi 27 juin par le réseau d'experts-es Recherche et Solidarités (R&S), citée par l’AFP. Selon cette enquête, réalisée du 26 avril au 30 mai 2022 auprès de 2 776 responsables d'associations, la situation n'est jugée bonne que par 36 % des dirigeants-es interrogés-es. « Au regard des ressources bénévoles, la situation reste très tendue », estime R&S. Parmi les sujets d'inquiétude pour les mois qui viennent arrivent en tête « les ressources humaines bénévoles disponibles pour les activités » (63 %, +3 points par rapport à une précédente étude menée en 2019), « le renouvellement des dirigeants » (47%, quasi stable) ou encore la situation financière et la diminution du nombre d'adhérents-es (37 %, +12 points). Les attentes d'accompagnement portent pour 44 % sur une « reconnaissance du rôle citoyen et de l'utilité sociale » des associations ainsi que sur des moyens financiers, un tiers (33 %) demandant des simplifications administratives. L'enquête distingue les associations avec salariés (55 % veulent plus de moyens financiers, + 14 points) de celles sans salariés (47 % demandent une reconnaissance du rôle citoyen et de l'utilité sociale, + 6 points). L'étude met en exergue les inquiétudes des dirigeants-es des petites associations (celles dont le budget annuel est inférieur à 10 000 euros) dont la « situation générale aujourd'hui et pour demain est plus souvent jugée difficile ». Dans l'action sociale, il y a une « plus grande préoccupation concernant l'évolution des politiques publiques et les relations avec les services de l'État ». Dans la santé, la situation générale est jugée plus difficile aujourd'hui et pour les mois à venir.

États-Unis : réserve de vaccins

Précaution. Le gouvernement américain a annoncé mercredi 29 juin avoir acheté 105 millions de doses du vaccin contre la Covid-19 de Pfizer-BioNTech en prévision de l'automne aux États-Unis. Le contrat, d'un montant de 3,2 milliards de dollars, inclut les différents dosages pour les bébés, les jeunes enfants et les adolescents-es/adultes. Il pourrait également comporter des versions spécifiquement développées contre le variant Omicron, ainsi que l'a recommandé (28 juin) au gouvernement américain un panel d'experts-es. Les livraisons doivent débuter à la fin de l'été et se poursuivre durant les mois suivants, ont annoncé les entreprises pharmaceutiques. L'accord, signé avec les ministères de la Défense et de la Santé, comprend l'option d'acheter jusqu'à 300 millions de doses. « L'administration Biden-Harris est déterminée à faire tout ce que nous pouvons pour rendre les vaccins gratuits et largement accessibles aux Américains — et ceci est un pas important pour nous préparer à l'automne », a déclaré dans un communiqué le ministre de la Santé Xavier Becerra. Joe Biden a demandé au Congrès de voter un nouveau plan de financement pour lutter contre la pandémie à hauteur de 23,5 milliards de dollars. Ce texte n'a pas encore été adopté.