Existrans, 19e édition, pour protester contre le recul français

Publié par jfl-seronet le 16.10.2015
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Droit et socialexistrans 2015

La prochaine Existrans se déroule samedi 17 octobre à Paris. La manifestation partira à 14 heures de Stalingrad. Le slogan retenu est "Papiers et droits pour les trans et les intersexes : le monde avance, la France recule !" Et le Collectif de citer les exemples de pays, provinces ou villes où les droits des trans ont progressé : Argentine, Colombie, Danemark, Mexico, Irlande, Malte, Québec, etc. Alors que rien ne se passe en France. Rappel des revendications qui seront portées à cette occasion.

L’Existrans est la marche des personnes trans et intersexes et des personnes qui les soutiennent. Pourquoi après tant d’années (c’est la 19e édition), cette marche existe-t-elle encore ? "C’est parce que partout dans le monde nous observons des progrès concernant les droits des personnes trans et intersexes et qu’en France c’est la stagnation absolue, voire le recul", explique le Collectif. "Dans le monde entier des lois sont votées pour faire avancer positivement les droits humains des personnes trans et intersexes", rappelle l’Existrans. En juin 2012, l’Argentine a voté une loi permettant le changement d’état civil libre et gratuit. En, 2014, c’est le Danemark qui mettait en place une procédure déclarative pour le changement de prénom et de mention du sexe à l’état civil. Puis suivaient en 2015 l’Irlande, la Colombie, Malte, Mexico et tout récemment le Québec.

Qu’en est-il en France ? Rien ne va selon l’Existrans. Le Collectif avance que le "gouvernement recule et laisse perdurer une violence d’Etat à l’encontre des personnes trans et intersexes". Rien n’a bougé depuis l’adoption du mariage pour tous. Pire, le "gouvernement a enterré toutes ses promesses de campagne. Christiane Taubira, la garde des Sceaux, trouve même le sujet "lourd", critique le Collectif, la ministre faisant "référence au principe d’indisponibilité et à des représentations que nous avons dans la société". Ce sujet devant "être traité avec précaution", mais tellement de précaution que rien n’est fait. "Ce recul incroyable contribue au maintien voire à l’aggravation des multiples discriminations et violences que subissent les personnes trans et intersexes et à une vulnérabilité accrue au VIH, surtout pour celles qui doivent exercer le travail du sexe dans des conditions toujours plus répressives".

Plus globalement, L’Existrans dénonce les blocages administratifs, les décisions judiciaires préjudiciables aux personnes. C’est l’arbitraire et l’injustice qui guident aujourd’hui "les procédures de changement d’état-civil dans les tribunaux français". "Loin de s’améliorer, cette situation insupportable s’est aggravée ces dernières années après plusieurs arrêts de la Cour de cassation (…) qui ont rendu plus restrictives encore les conditions du changement d’état-civil", note l’Existrans. "Cette indifférence de l’Etat français ne peut (…) qu’encourager la violence des forces réactionnaires dirigée contre la diversité des réalités intersexes, contre la réalité des corps, des identités et l’existence même des personnes trans et intersexes".

"Le 17 octobre, nous marchons pour que le gouvernement français tienne enfin ses engagements et dépose sans délai un projet de loi permettant de disposer librement de son identité, sans subir de violences médicales, psychiatriques, administratives, judiciaires ou sociales (…) Nous marchons pour que la France qui s’autoproclame "le pays des droits de l’homme", applique enfin les recommandations européennes en matière de droits humains, notamment la résolution 2048 du Conseil de l’Europe s’opposant aux discriminations à l’encontre des personnes transgenres en Europe", conclut l’Existrans.