PrEP : la recherche de nouveaux produits continue

Publié par jfl-seronet le 23.03.2015
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Thérapeutiquerecherche vaccinalePrEP

Des chercheurs américains ont mis au point un produit anti-VIH (à ce stade, on ne peut pas encore parler de médicament) qui, expérimenté chez l’animal, s’est avéré efficace pendant plusieurs mois. Comme toujours, les recherches expérimentales, a fortiori lorsqu’elles en sont aux phases préliminaires, sont à manier avec prudence. Reste que si cette piste se trouvait confirmée, elle pourrait, dans quelques années, déboucher sur un traitement à effet prolongé du VIH. Explications.

Interrogé par l’AFP (18 février), le professeur Michael Farzan qui a dirigé l'étude (dont les résultats ont été publiés, mi février, dans la revue scientifique "Nature") a expliqué : "Nous avons développé un inhibiteur très puissant et à large spectre" agissant sur le VIH-1, à savoir le principal type de virus du sida présent dans le monde. Cet inhibiteur est le résultat de plusieurs années de recherche, essentiellement réalisée par le Scripps Research Institute, un centre de recherche financé par l'Institut public de recherche américain sur les maladies infectieuses, le NIAID.

Ce produit est un composé (appelé eCDR-Ig) qui, chez le singe, offre une "très forte protection" contre la version du VIH du singe (SHIV). L’expérimentation conduite sur des macaques a montré que cette substance, injectée en une seule fois, était capable de protéger les singes sur une durée d'au moins huit mois. Pour assurer cet effet prolongé, le produit a été associé à un virus de type adéno-associé (AAV), inoffensif, mais capable de s'introduire dans les cellules et de leur faire fabriquer indéfiniment la protéine protectrice afin de créer un effet de longue durée. Après avoir été traité avec cette association, les macaques ont été soumis à des doses de plus en plus fortes de virus SHIV. Aucun des animaux n'a développé d'infection contrairement aux singes non traités et utilisés comme témoins. Les données publiées dans "Nature" montrent une protection efficace pendant au moins 8 mois malgré des doses de virus quatre fois supérieures à celles ayant suffi à infecter les macaques du groupe témoin (celui sans traitement).

Le produit eCD4-Ig, une sorte de protéine artificielle, agit en empêchant le virus du sida d'entrer dans les cellules du système immunitaire lymphocytes CD4 pour s'y reproduire. Il agit en neutralisant des récepteurs du VIH (dont le corécepteur CCR5) qui sont nécessaires au virus pour entrer dans les cellules. Ce mode d'action assure à ce produit une efficacité inhibitrice plus grande contre les différents types de virus du sida même ceux connus pour être "difficiles à neutraliser", avance Michael Farzan.

Interrogé par "Le Monde", le professeur Jean-Daniel Lelièvre, du Vaccine Research Institute (hôpital Henri-Mondor, Créteil) estime que ces résultats sont "intéressants" parce qu’ils constituent une "piste complémentaire à celle du vaccin". Mais le chercheur souligne aussi des limites comme le faible nombre de singes traités (quatre), le fait que l’exposition au virus se soit fait par injection et pas par les muqueuses comme c’est le plus fréquent chez l’homme. Se pose aussi la question de la transposition à l’homme. Enfin pour Jean-Daniel Lelièvre, si cette technique se révélait utilisable chez l’homme, cette approche serait "avant tout destinée à des personnes à très haut risque de contamination et non à la protection à grande échelle d’une population".

Commentaires

Portrait de IMIM

"cette approche serait "avant tout destinée à des personnes à très haut risque de contamination et non à la protection à grande échelle d’une population".


C'était à prévoir..........dsl pour ts ceux qui onrt "révé"