Suisse et homophobie

17 Janvier 2019
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L’Union démocratique fédérale (UDF), une formation conservatrice suisse, a décidé (12 janvier) lors de son assemblée des délégués-es de lancer le référendum contre la révision de la norme pénale antiraciste, qui interdit légalement l'homophobie, récemment adoptée par le Parlement. Ainsi en va la démocratie référendaire façon suisse. Ce parti, qui se dit le défenseur des valeurs chrétiennes, estime que la récente loi « constitue une atteinte fondamentale à la liberté d'expression » puisqu’elle sanctionne les propos homophobes, rappelle l’agence de presse suisse ATS. « Des opinions légitimes seront à l'avenir criminalisées et la nouvelle disposition entraînera une avalanche de plaintes », croit avoir le parti. Pour rappel, la « norme antiraciste, approuvée par le Parlement, sera étendue à la discrimination basée sur l'orientation sexuelle au même titre que le racisme ou l'antisémitisme ». Elle vise à protéger la communauté LGBT+ comme le souhaitait le parlementaire Mathias Reynard (PS/VS) qui en est à l’initiative. « La modification de l’article du Code pénal ne touche pas du tout la liberté d’expression. On pourra toujours avoir des opinions différentes. Mais on ne peut en aucun cas maintenir le droit d’insulter les gens en fonction de leur orientation sexuelle ou d’inciter à la haine. Ce sont des délits », a beau rappeler le député Mathias Reynard, interviewé par le média suisse Le Nouvelliste, rien n’y fait. L’UDF entend faire annuler l’entrée en vigueur de cette loi pénalisant l’homophobie.