Une étude prometteuse sur l’auto-dépistage

30 Décembre 2018
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Des chercheurs-euses montréalais ont présenté (30 novembre) des résultats prometteurs au terme d’une étude sur l’autodépistage du VIH dans les populations les plus exposées au risque. L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) et des collaborateurs de la Clinique médicale l’Actuel de Montréal ont testé une application mobile permettant aux utilisateurs de dépister le VIH, explique La Presse canadienne (30 novembre). La recherche a été effectuée entre 2016 et 2017 auprès de 451 hommes âgés de 18 à 73 ans ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes. Les participants à l’étude s’étaient présentés à la Clinique médicale l’Actuel de Montréal pour subir un test de dépistage du VIH. Les chercheurs leur avaient fourni un test salivaire, ainsi qu’une tablette avec l’application «HIVSmart!». Cette plateforme expliquait aux participants comment effectuer le test et de quelle manière stocker les données, et ils étaient rapidement mis en contact avec des professionnels-les de santé. Les auteurs-es de l’étude ont conclu que ces tests de dépistages étaient « réalisables et acceptés », en plus d’être intéressants pour les populations les plus exposées au risque, dont les HSH — on estime que 18 à 25 % de ces personnes ignorent leur statut sérologique, rappelle La Presse canadienne. Dans un communiqué, le docteur Réjean Thomas (Clinique médicale l’Actuel ) souligne que l’application pourrait être utile pour les personnes en régions, qui pourraient hésiter à effectuer le test pour des raisons de confidentialité. «C’est une stratégie qui convient aux personnes qui préfèrent se tester à leur convenance dans le confort d’un espace privé tel que leur maison, leur bureau (…). Elles ont le sentiment de prendre les choses en main », a précisé la docteure Nikita Pant Pai. Au terme de l’étude, plus de 99 % des participants ont eu un résultat négatif pour le VIH et ont été accompagnés par la suite. De plus, 0,7 % des participants qui ont obtenu un test positif ont pu consulter un médecin le même jour. Le docteur Thomas recommande « d’élargir l’accessibilité [à ces ] tests » auprès des populations les plus exposées aux risques, comme les personnes utilisatrices de drogues injectables, les populations autochtones et les immigrants-es originaires de pays où le VIH est endémique.