Médicaments : les coûts mettent en péril les systèmes de santé

Publié par jfl-seronet le 06.06.2016
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Thérapeutiqueprix du médicament

L’augmentation accélérée du prix des traitements, tout spécialement ceux dits innovants ou révolutionnaires, inquiète les Etats au Sud comme au Nord. François Hollande en avait fait un sujet lors du dernier sommet du G7 au Japon. Les organisations non gouvernementales et certains politiques somment le gouvernement français d’utiliser les outils de régulation à sa disposition.

Médecins Sans Frontières (MSF) a récemment salué l’initiative du gouvernement français, qui avait mis à l’ordre du jour du sommet du G7 au Japon les questions de l’accès aux médicaments essentiels et de la recherche et développement. L’organisation non gouvernementale a cependant noté que cette "initiative" avait rencontré la "forte opposition d’autres pays du G7, empêchant d’arriver à une déclaration et un engagement clairs du groupe en faveur de l’accès aux médicaments – en raison notamment de leur prix". Dans son communiqué, MSF "exhorte les pays du G7 à changer de position, en donnant la priorité à la discussion sur ce sujet, et en soutenant le travail du Groupe de haut niveau sur l'accès aux médicaments du secrétaire général des Nations Unies, notamment lors de l’importante réunion de septembre 2016 à New York. MSF appelle aussi les pays du G7 à ne pas céder à la pression de leurs lobbies pharmaceutiques, qui avaient demandé d’ignorer ou de réduire l’importance de ce sujet au sommet du G7 et au-delà. "Dans nos programmes, nous constatons tous les jours les conséquences du prix trop élevé des médicaments, ou du fait que certains traitements n’existent tout simplement pas, explique le docteur Greg Elder, coordinateur médical de la Campagne d’accès aux médicaments essentiels de MSF. Il s’agit d’une crise globale, et elle mérite l’attention des dirigeants des pays les plus puissants. La balle est dans le camp des Etats, qui doivent arrêter la politique de l’autruche et trouver des solutions pour que les gens aient accès aux médicaments dont ils ont besoin, et puissent vivre en bonne santé. La "couverture sanitaire universelle" va rester un rêve si le problème des prix des médicaments n’est pas résolu". Un exemple de la dérive  des prix ? "Le prix exorbitant des nouveaux traitements contre l’hépatite C, vendus à 1 000 dollars par comprimé (soit près de 100 000 dollars par traitement) aux Etats-Unis. Cela a eu pour effet d’entraîner, dans de très nombreux pays, le rationnement d’un médicament, alors que 150 millions de personnes souffrent de cette maladie, et que 700 000 personnes en meurent chaque année. Ainsi, malgré l’existence de nouveaux traitements pouvant soigner un patient en trois mois, l’hépatite C est la maladie infectieuse la plus meurtrière aux Etats-Unis". Pour MSF, cet exemple (qui est loin d’être isolé) "montre le besoin urgent de changer la façon dont les laboratoires mènent la recherche et le développement, afin qu’elle soit réorientée vers les besoins sanitaires essentiels, et qu’elle permette aux populations d’avoir accès aux médicaments à un prix abordable. Les Etats doivent arrêter de mettre le commerce avant la vie humaine", affirme Nathalie Ernoult de MSF.

"La licence obligatoire, c'est maintenant !"

La députée européenne écologiste, Michèle Rivasi, est revenue (26 mai) dans un communiqué sur ce sujet :"Lutter contre le prix prohibitif de certains médicaments : chiche, Monsieur Hollande ! Les paroles prometteuses du chef de l'État resteront des vœux pieux tant qu'elles ne s'accompagneront pas d'un plan d'action ferme et solide, pour l'instant inexistant. Il existe pourtant des outils légaux très précis pour lutter contre l'envolée des prix de certains médicaments et le Président n'y fait pas référence", a taclé la députée européenne. Michèle Rivasi rappelle notamment "ce que la France peut concrètement entreprendre pour baisser drastiquement le prix des médicaments, notamment dans le domaine de la lutte contre l'hépatite ou le cancer". Il s’agit d’utiliser la licence obligatoire. Autrement dit, la "France peut légalement autoriser des laboratoires pharmaceutiques concurrents de Gilead ou Bristol Myers Squibb [BMS] à produire des génériques de molécules comme le sofosbuvir, le ledipasvir ou le daclatasvir en leur accordant des licences".

"Cette décision permettrait de briser l'oligopole de Gilead et BMS sur ces médicaments contre l'hépatite C en faisant jouer la concurrence pour qu'enfin leur coût diminue drastiquement". Cette carte a été utilisée dans plusieurs pays, mais les autorités françaises s’y refusent toujours.

Médicaments : le coût met en péril les systèmes de santé

Le phénomène n’est pas nouveau, mais s’accélère : les prix des traitements innovants sont si élevés qu'ils ne peuvent être assumés par les patients et mettent en péril les systèmes de santé au Sud… comme au Nord. En Espagne, des malades de l'hépatite C ont occupé pendant trois mois en 2015 un grand hôpital de Madrid, exigeant "des traitements pour tous", et accusant l'Etat de "tuer" les patients auxquels il refusait un traitement de pointe, le Sovaldi (sofosbuvir), très efficace et très coûteux, rappelle une enquête menée par l’AFP. Le gouvernement espagnol a finalement débloqué un milliard d'euros pour la prise en charge des personnes vivant avec le VHC les plus atteintes. A la mi-mai 2016, 51 900 malades sur 472 000 personnes vivant avec le VHC avaient reçu le traitement novateur. Le ministre des Finances, Cristobal Montoro, explique que cette dépense non-budgétée a contribué au dérapage du déficit public en 2015 dans le pays. En France, c’est 1,5 milliard d'euros qui a été déboursé entre mi-2014 et juin 2015. Les caisses allemandes ont versé 1,3 milliard en 2015. Outre-Rhin, le débat a été tel que le gouvernement prépare un projet de loi pour encadrer les prix des médicaments. Avec leur prix initial de lancement, ces médicaments représentent "un choc pour les dépenses de santé de beaucoup de pays", constate Valérie Paris, spécialiste des politiques de santé à l'Organisation pour la coopération et le développement (OCDE), interrogée par l’AFP. Sont notamment dans le collimateur, une fixation des prix particulièrement opaque, une recherche maximale des profits par les laboratoires. "Les labos sont dans une logique financière (...) il faut taper du poing sur la table", répond Chloé Forette, de Médecins du Monde (MDM). MDM prône l'instauration d'une licence obligatoire, qui permettrait de copier le Sovaldi dont le coût réel, hors frais de recherche, ne dépasserait pas plus de cent euros selon elle. "Il faut changer le rapport de force avec les industriels", insiste Valérie Paris de l'OCDE. Les Etats de l'Union Européenne pourraient acheter et négocier ensemble. Et la question de la réforme des brevets est aussi posée, y compris aux Etats-Unis.

Commentaires

Portrait de jl06

Les armés nous coutes ...les sénateurs nous coutes....les députés nous coutes .... les ministres invisibles ...les déplacement en jet privés de nos politiques est leur amis ...le social non maitrisé 50/50 du budjets d,une commune ....la formation continue ,inefficace (en milliard )pour luté contre le chomùage des jeunes ...les cadeaux des labos toujours aussi nonbreux ....

.on peut encore agrandir la liste !

Portrait de fil

Les prix actuels de ces médicaments sont variables et inabordables à l'échelle mondiale. Ces prix menacent la durabilité des systèmes de santé dans de nombreux pays et empêchent la fourniture à grande échelle de traitement. Les parties prenantes devraient mettre en œuvre un cadre de tarification plus juste pour offrir des prix plus bas qui tiennent compte de l'abordabilité. Sans baisse des prix, les pays sont peu susceptibles d'être en mesure d'accroître les investissements pour réduire au minimum la charge de l'hépatite C. 

Portrait de IMIM

Mais il faut bien financer les augmentations de 102% de leurs PDG !

Et les qq 250 millions d'euros annuel distribués gracieusement à notre corps médical, toutes spécialités confondues....

http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/les-laboratoires-pharmaceutiqu...

Utiliser la licence obligatoire et rappeler à nos chers  médecins leur p...... de fonction de base ....

Pour ne citer que le k des antibiotiques Ont été prescrit, pour le bien des patients,  pour 9.7milliards de Clamoxyl et d'Augmentin

Résultat : la population y devient "résistante"......


Des médecins qui deviennent des hommes d'affaires.....

Une gauche portée au pouvoir qui nous déballe une politique de droite voir extrème !!???


Ces gens n'ont rien d' humanistes ou d'altruistes, quand les uns font du biz à outrance,  les autres protègent leur carrières


Ss se soucier aucunement de la santé publique !

Portrait de jl06

4 Aout 1789 , abolitions des priviléges ....ils on oublié de publié le décret d,aplication....faut tout recommencer !!!

Portrait de fil

Le nouvel arrêté fixant les conditions de prise en charge des traitements contre l'hépatite C est paru : 


https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000032675...

Portrait de IMIM

Mais, quand nos décideurs vont-ils "voler ds les ailes" des lobbys pharmaceutiques, capables de" faire pression" sur le monde de l'affichage publicitaire !??

Et on ose nous parler des malades qui coutent chers et du trou de la sécu!?!

Ce sont les prix des labos qui sont exorbitants !

Signez la pétition à ce sujet sur ce site ou

"leprixdelaviemédecindumondeorg.fr"

Portrait de fil

Traitements de l’infection par le virus de l’hépatite C : élargissement des populations cibles 
16 juin 2016 | Communiqué de presse


 Depuis 2014, la Haute Autorité de Santé (HAS) a évalué cinq « antiviraux d’action directe » indiqués dans le traitement de l’infection chronique par le virus de l’hépatite C. Ces nouveaux médicaments ont profondément modifié la prise en charge des malades, permettant de la guérir dans la majorité des cas. Jusqu’ici, la HAS avait recommandé de traiter en premier lieu les patients au stade de fibrose hépatique F3 et F4* ainsi que les malades symptomatiques ou ayant des comorbidités. Après que ces populations ont été traitées, la HAS élargit la population cible des patients à traiter en priorité. Elle rendra en septembre un avis complémentaire sur la stratégie de traitement des patients au stade F0 ou F1 asymptomatiques 

Depuis 2014, la Commission de la transparence et la Commission d’évaluation économique et de santé publique, deux commissions de la HAS ont évalué six antiviraux d’action directe (Daclinza, Exviera, Harvoni, Olysio, Sovaldi, Viekirax) qui ont bouleversé la prise en charge de l’hépatite C. Ces médicaments, en association entre eux et/ou avec d’autres[1], permettent une guérison dans la majorité des cas. 

En 2014, la HAS préconisait de traiter en priorité les populations pour lesquelles le traitement était le plus urgent 

Face à une maladie qui évolue lentement et peut rester asymptomatique durant de nombreuses années, la HAS avait préconisé de traiter en priorité les malades au stade de fibrose hépatique F3 et F4 ainsi que les malades symptomatiques ou ayant des comorbidités. 

Concernant les malades asymptomatiques et sans complication, elle avait estimé en 2014 qu’il n’y avait pas d’intérêt individuel à instaurer immédiatement un traitement, d’autant que de nouvelles associations de traitement à prendre sur des délais courts et/ou sans ribavarine - molécule souvent mal tolérée - étaient attendues rapidement. 

De nouvelles populations à traiter aujourd’hui 

En un peu moins de deux ans, la grande majorité des malades ciblés ont pu être traités. La Commission de la transparence de la HAS élargit aujourd’hui la population cible, dans un objectif individuel de guérison, à tous les patients atteints d’une fibrose hépatique de stade F2 ainsi que ceux, indépendamment du stade de fibrose, qui sont greffés (quel que soit l’organe) ou en attente de greffe, en hémodialyse, co-infectés par le VIH, ont des manifestations extra-hépatiques du virus de l’hépatite C, une infection par le virus de l’hépatite C de génotype 3, des facteurs de risque de progression rapide du VHC . Elle préconise aussi le traitement des patients susceptibles de transmettre le virus et ce dans un objectif collectif. 

Et après ? La poursuite de la réévaluation des antiviraux d’action directe, notamment pour les patients au stade de fibrose hépatique F0-F1, et la définition d’une politique de dépistage 

La HAS poursuit ses travaux et publiera en septembre prochain des recommandations pour les patients asymptomatiques sans comorbidité dont le stade de fibrose est F0 et F1. Elle devrait également revoir son avis sur l’efficience des produits très variable d’un stade de fibrose à un autre, éléments qui sont transmis au Comité économique des produits de santé chargé de fixer le prix des médicaments. Ces recommandations tiendront compte des conclusions de l’Agence européenne du médicament (EMA) qui a annoncé en avril dernier sa volonté de réévaluer ces médicaments en raison de signaux relatifs à leur tolérance. 

Elle formulera à terme des recommandations sur la stratégie de dépistage de l’hépatite C incluant les moyens de repérer les malades qui ignorent leur statut sérologique (232 000 personnes infectées en France, dont la moitié ignorant leur statut) ainsi que les pistes pour réduire les ré-infections. 


http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2639346